Voici le com­mu­niqué de presse envoyé hier aux médias :

La FHP-MCO estime que le mon­tant des économies (280 mil­lions d’euros par an) annon­cées par l’assurance mal­adie et qui pour­raient être réal­isées en faisant sor­tir les mamans au bout de trois jours des mater­nités, au lieu de qua­tre aujourd’hui, est forte­ment improb­a­ble. Il ne cor­re­spond en rien à la baisse réelle de coûts que cela engen­dr­erait pour les étab­lisse­ments, compte tenu notam­ment de charges plus impor­tantes en début de séjour (bloc, accouche­ment, etc.). De plus, une réduc­tion de la durée de séjour ne se décrète pas en rai­son des oblig­a­tions de sécu­rité et d’accompagnement du retour à domi­cile.

« Il s’agit là d’un effet d’annonce de la part de la CNAMTS, sans fonde­ments économiques pré­cis et sans lien avec la réal­ité de la prise en charge quo­ti­di­enne et des moyens mobil­isés au cours d’un séjour obstétri­cal. Si elle était réper­cutée telle quelle sur les étab­lisse­ments, cette mesure d’économie con­duirait à désta­bilis­er com­plète­ment des mater­nités déjà bien frag­iles », déclare Ségolène Ben­hamou, vice-prési­dente du syn­di­cat des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) de la Fédéra­tion de l’hospitalisation privée.

La réduc­tion des durées de séjour n’entraînera pas automa­tique­ment ni pro­por­tion­nelle­ment des réduc­tions de coût, estime la FHP-MCO, et ce pour deux raisons :

- la struc­ture des coûts de pris­es en charge n’est pas linéaire mais dégres­sive. Les moyens mobil­isés sont plus impor­tants le pre­mier jour avec le recours au bloc obstétri­cal ou bien encore le besoin de recours aux pro­fes­sion­nels médi­caux et paramédi­caux. Le coût de la dernière journée est le plus faible.

- la baisse de la durée de séjour ne remet pas en cause les charges de l’établissement en place. Par exem­ple, la struc­ture immo­bil­ière demeure avec le coût cor­re­spon­dant (loy­ers, amor­tisse­ment, matériels médi­caux, per­son­nels, etc.). La charge en soins est plus faible le dernier jour et ne dégagerait que peu de temps, excep­tion faite du temps con­sacré à la vis­ite quo­ti­di­enne.

« Si la durée de séjour dimin­ue, ce n’est pas pour autant que la sécu­rité min­i­male per­me­t­tra de réduire les effec­tifs dans les ser­vices d’héberge­ment et encore moins dans les blocs obstétri­caux. Les accouche­ments ne sont que très par­tielle­ment pro­gram­més. Les équipes doivent tou­jours être disponibles et réa­gir régulière­ment en extrême urgence pour assur­er la sécu­rité : une hémor­ragie de la délivrance, une réan­i­ma­tion bébé et autres urgences vitales doivent être assurées pour la sécu­rité de la pop­u­la­tion française », rap­pelle Ségolène Ben­hamou.

De plus, toute baisse de la durée moyenne de séjour ne peut s’effectuer sans s’interroger sur les moyens à met­tre en œuvre — et leurs coûts — pour assur­er la con­ti­nu­ité des soins et leur sécu­rité et qual­ité à domi­cile. Elle ne peut se décréter et doit faire l’objet d’un accom­pa­g­ne­ment.

« En obstétrique, plus encore que dans d’autres spé­cial­ités, un volet « édu­ca­tion » à la prise en charge du nou­veau-né est essen­tiel (notam­ment pour les femmes prim­i­pares) si on ne veut pas observ­er une crois­sance des inci­dents, des recours aux ser­vices d’urgences et in fine des dépens­es de ville pour les nour­ris­sons », souligne la vice-prési­dente de la FHP-MCO.

Enfin, et con­traire­ment à ce que dit la CNAMTS, la baisse de la durée moyenne de séjour n’est pas sig­ni­fica­tive pour les femmes qui ont adhéré au pro­jet PRADO (Pro­gramme de retour et d’accompagnement à domi­cile) et il n’y a pas eu d’é­val­u­a­tion pluri­an­nuelle du coût de ce pro­gramme. « La durée moyenne de séjour en mater­nité a déjà bien dimin­ué depuis plusieurs années, ce qui rend l’utilité du pro­gramme PRADO dis­cutable », relève Ségolène Ben­hamou.

La FHP-MCO demande offi­cielle­ment la com­mu­ni­ca­tion de la méthodolo­gie de la val­ori­sa­tion de ces soi-dis­ant économies.

« De même que pour la chirurgie ambu­la­toire, ce n’est pas l’absence d’hospitalisation qui va per­me­t­tre de réduire les coûts mais bien la réor­gan­i­sa­tion des struc­tures hos­pi­tal­ières », con­clut la vice-prési­dente de la FHP-MCO.