3 ques­tions à Gabriel Bossy, prési­dent de la FHP-SSR.

Le Con­grès de votre spé­cial­ité s’est ter­miné hier. Qu’est-ce qui en ressort aujour­d’hui?
La ques­tion du par­cours de soin était bien évidem­ment au cœur de nos préoc­cu­pa­tions. Cette ques­tion est pour nous d‘une brûlante actu­al­ité, car les SSR y ont un rôle essen­tiel de piv­ot à jouer. C‘est nous qui assurons la flu­id­ité de ce par­cours, au sor­tir du court séjour. On le sent, les SSR devi­en­nent lente­ment incon­tourn­ables. Les SSR con­cer­nent bien sûr les suites de patholo­gies aiguës, mais de plus en plus les per­son­nes âgées et leurs besoins spé­ci­fiques de san­té et l’ensemble des mal­adies chroniques. La prise en charge des mal­adies chroniques néces­site un suivi à long terme, loin de l’hospitalisation ini­tiale. C’est en cela que les SSR pren­nent une dimen­sion nou­velle. Dans le cas d’un infarc­tus du myocarde par exem­ple, le risque de récidive aug­mente rad­i­cale­ment quand la per­son­ne est livrée à elle-même et retrou­ve son ancien mode de vie. C’est à ce niveau que les SSR jouent un rôle de préven­tion et de diminu­tion des récidives par la mise en place d’un suivi à dis­tance de l’hospitalisation ini­tiale grâce à l´hospitalisation de jour ou des con­sul­ta­tions externes. De même, l’éducation thérapeu­tique, mis­sion impor­tante des SSR, a un rôle déter­mi­nant dans ce domaine de préven­tion des récidives.

Les SSR tra­versent aujourd’hui une pro­fonde phase de muta­tion. Com­ment expli­quer ce change­ment ?
Aujourd’hui les mal­adies chroniques explosent. Depuis des années, nous attirons l‘attention des par­lemen­taires à ce sujet, et aujourd‘hui, elles sont enfin arrivées au cœur du débat. C’est une évo­lu­tion que nous avons portée. Nos plateaux tech­niques sont appelés à devenir de plus en plus com­plex­es et poin­tus. Pour des raisons de sim­ple mécanique démo­graphique, la prise en charge des per­son­nes âgées est égale­ment appelée à boomer. Les SSR seront au ren­dez-vous pour garan­tir ces évo­lu­tions et assur­er ain­si la flu­id­ité de la prise en charge dans tous ces domaines.

Cette réor­gan­i­sa­tion cen­trée sur le par­cours de soin oblige les SSR et la MCO à miser sur la com­plé­men­tar­ité. Qu‘en pensez-vous ?
Nos approches sont dif­férentes. Mais les SSR et la MCO ne peu­vent pas se pass­er l’un de l’autre. Grâce à nos plateaux tech­niques améliorés, nous sommes main­tenant à même de pren­dre des patients de plus en plus tôt et de plus en plus lourds au sor­tir du MCO. Nous sommes donc extrême­ment com­plé­men­taires et plus que jamais parte­naires. La Fédéra­tion de l’hospitalisation privée, de par la diver­sité et l’excellence de ses struc­tures et spé­cial­ités (MCO, SSR, psy­chi­a­trie, HAD, USLD, EHPAD) doit répon­dre à l’in­té­gral­ité du par­cours de soin. Elle en a les com­pé­tences, les hommes et les struc­tures.