Aujourd’hui, c’est la journée mon­di­ale de la bio­di­ver­sité. L’occasion de nous pos­er la ques­tion : sommes-nous — étab­lisse­ments de san­té privés MCO — une espèce en voie de dis­pari­tion ? Cer­tains s’é­taient prêtés au jeu du por­trait chi­nois et à la ques­tion « et si l’hospitalisation privée était un ani­mal, quel serait-il ? », j’ai trou­vé beau­coup de lions, de léopards, quelques renards, des chevaux (de course) et un chat. Quel est le développe­ment durable que nous autorise l’état de droit où notre statut privé nous priverait du droit d’ex­is­ter ? Dans le pro­jet de la Stratégie nationale de san­té, les hôpi­taux, les ESPIC et les cen­tres de lutte con­tre le can­cer auront, par principe, l’autorisation d’exercer des mis­sions de ser­vice pub­lic. Tiers état, nous con­tenterons-nous du fait du prince pour obtenir notre droit à soign­er ? Si ce principe peut paraître clair appliqué aux étab­lisse­ments publics, de quelle logique relève-t-il en ce qui con­cerne les ESPIC ? C’est pas la fête de la bio­di­ver­sité ! Voici un étrange sys­tème qui s’in­ter­dit de favoris­er les espèces com­pé­tentes qui le com­posent, de béné­fici­er de la qual­ité de leurs pro­duc­tions, con­traint le choix de ses usagers, et fait fi d’une ges­tion respon­s­able de ses ressources. Nos étab­lisse­ments sont pré­cisé­ment ces espèces essen­tielles pour l’équili­bre de leur envi­ron­nement et, de sur­croît, douées d’une grande fac­ulté d’adap­ta­tion. En relisant vos répons­es au por­trait chi­nois, c’est sûr, je n’ai trou­vé aucun ornitho­rynque !

Lamine GHARBI
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

Bra­vo !
La remise des Trophées de la pro­fes­sion est une des preuves de la vital­ité, le dynamisme et l’in­ven­tiv­ité des étab­lisse­ments de san­té privés. Un spé­cial bra­vo aux 4 étab­lisse­ments MCO récom­pen­sés par un trophée : l’Hôpital privé des Peu­pli­ers (75) pour son ini­tia­tive Créa­tion du poste de coor­di­na­trice du par­cours de soins ; la Clin­ique Saint Victor/Centre Jean-Bernard (72)  pour son ini­tia­tive Détec­tion des récidives du can­cer bronchique par auto-sur­veil­lance des symp­tômes via web-appli­ca­tion : étude pilote du suivi SENTINEL ; l’Hôpital privé d’Antony (92) pour son ini­tia­tive Cen­tre d’IRM à délais de ren­dez-vous courts et acces­si­bles le week-end ; le Cen­tre Médi­co-Chirur­gi­cal de Tron­quières (15) pour son ini­tia­tive Par­cours d’in­té­gra­tion, de for­ma­tion et d’adap­ta­tion au poste pour un nou­v­el arrivant infir­mi­er au sein d’un ser­vice de réan­i­ma­tion. Bra­vo aux qua­tre étab­lisse­ments MCO qui ont fait l’ob­jet d’un coup de cœur : la Clin­ique Saint Roch (59) pour son ini­tia­tive dans le domaine archi­tec­tur­al avec un pro­gramme com­plet de con­struc­tion écologique ; le Pôle San­té République (63) pour son ini­tia­tive L’usager, pro-acteur de sa prise en charge ; la Poly­clin­ique Bor­deaux Rive Droite (33) pour son ini­tia­tive Adopte2poules.com, sen­si­bil­i­sa­tion des salariés à la réduc­tion des déchets ali­men­taires ; la Poly­clin­ique Saint Côme (60) pour son ini­tia­tive Groupe de réflex­ion sur les valeurs éthiques de l’entreprise.

Agen­da de la future loi de san­té
D’i­ci un mois, Marisol Touraine présen­tera le con­tenu plus en détail de la future loi de san­té pour la présen­ter ensuite au gou­verne­ment au courant de l’été. «Je vous la présen­terai en détail après avoir pour­suivi les échanges et avant d’en­gager la con­cer­ta­tion lég­isla­tive », a‑t-elle pré­cisé. Le pro­jet ne serait ensuite dis­cuté au Par­lement que début 2015…

Marisol reste sur sa ligne
Dans son dis­cours de mar­di au Salon Autonomie, la min­istre déclare s’in­scrire en rup­ture avec la loi HPST et souhaite replac­er l’hôpi­tal « comme un tout », «un bloc ». « L’hôpi­tal est le seul obsta­cle à une médecine à deux vitesses. Il est la réponse à cette promesse répub­li­caine d’é­gal­ité de tous face aux soins (…) Ceux qui pensent faire des économies en remet­tant en cause l’hôpi­tal sont des théoriciens du déclin. Pour moi, l’hôpi­tal est sym­bole d’avenir (…) Je veux inve­stir dans l’avenir ». Les 14 mis­sions de ser­vice pub­lic inscrites dans la loi HPST dis­paraîtront car l’hôpi­tal pub­lic prend en charge « par nature » les mis­sions de ser­vice pub­lic. Marisol Touraine a pré­cisé que les étab­lisse­ments privés pour­ront « évidem­ment y par­ticiper, dès lors qu’ils respecteront les oblig­a­tions que nous fixe­rons dans la loi de san­té ». « Il ne s’ag­it pas d’op­pos­er le privé au pub­lic, mais sim­ple­ment d’af­firmer la force du ser­vice pub­lic de san­té », a‑t-elle souligné. « La future loi ne résumera pas ce qu’il faut faire », expli­quait-elle. Et de con­clure « nous avons besoin de mar­quer une ligne, celle qui s’est instal­lée, inscrite depuis main­tenant deux ans, qui tourne autour de l’é­gal­ité d’ac­cès aux soins, de la qual­ité des soins prodigués dans notre pays et de la val­ori­sa­tion de la place unique que con­stitue et représente l’hôpi­tal pub­lic en France ».

Une cam­pagne qui fait un tabac !
Lancée il y a quelques jours, la cam­pagne non-fumeur séduit. L’objectif est clair : soutenir les patients, le per­son­nel mais aus­si les médecins qui souhait­ent arrêter de fumer en cohérence avec la mis­sion de soin des étab­lisse­ments. Pour cela, il est indis­pens­able de fédér­er tous les acteurs du monde hos­pi­tal­ier, à not­er que les indus­triels et prestataires des étab­lisse­ments déjà engagés ont répon­du présent. Le dia­logue et la com­mu­ni­ca­tion jouent ici un rôle essen­tiel et cette cam­pagne se veut le moteur de la lutte anti-tabac dans le milieu hos­pi­tal­ier.