La loi hos­pi­tal­ière du 31 juil­let 1991 déclarait tous les hôpi­taux, mais surtout aus­si les clin­iques, des étab­lisse­ments de san­té. Les bases étaient posées et les struc­tures hos­pi­tal­ières, nonob­stant leur statut juridique, dis­po­saient des mêmes droits et devoirs en étant tous des étab­lisse­ments de san­té. “Devic­tor” nous propulse 23 ans en arrière. Ce rap­port Devic­tor, élé­ment majeur de la future loi sur le ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier et de ter­ri­toire, et tel que rédigé, con­fie le ser­vice pub­lic à tous, quel que soit leur statut — hôpi­tal pub­lic, ESPIC, cen­tre de lutte con­tre le can­cer, sauf à nous ! Hormis toute­fois aux clin­iques dont la demande devrait être validée… Le statut juridique rede­viendrait un critère exclu­ant. Une telle mesure démon­tre que notre secteur est la vari­able d’ajustement des autres secteurs hos­pi­tal­iers. En quoi cet ostracisme qui ne dit pas son nom serait source d’é­conomie ? Bien au con­traire, il sera source de déficit. D’au­cuns ont déjà souligné que, con­traire­ment à ce que le gou­verne­ment avait annon­cé à plusieurs repris­es, l’ap­port de la stratégie nationale de san­té sur le plan des économies est plutôt faible. En revanche, l’an­nonce d’un dur­cisse­ment de l’ON­DAM (aug­men­ta­tion de 2,1% l’an­née prochaine, puis 2% puis 1,9% en 2017), affiche claire­ment et dure­ment le choix de l’austérité du min­istère des Affaires sociales et de la San­té. La bataille
s’an­nonce donc sur les deux fronts de l’ac­tiv­ité et des tar­ifs. La FHP-MCO a fait part de sa posi­tion auprès de la tutelle. Si le dia­logue ne suff­i­sait pas, nous serons prêts à déploy­er l’arse­nal juridique néces­saire. Y aurait-il dans la poli­tique actuelle plus d’idéolo­gie que d’é­conomie ?

Lamine GHARBI
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO
 

Retour sur le plan d’é­conomies de 10 mil­liards d’eu­ros dans le secteur de la san­té
Dès 2015, la pro­gres­sion des dépens­es sera lim­itée à 2,1 %, puis passera ensuite à 2 % en 2016 puis à 1,9 % en 2017. Le plan d’é­conomies sur trois ans se déclin­era en qua­tre grands axes.
Axe 1 : l’ac­cent sera mis sur les soins de prox­im­ité, en favorisant la coopéra­tion entre la médecine de ville, l’hôpi­tal et les maisons de retraite. Le rythme de crois­sance de la chirurgie ambu­la­toire sera dou­blé. “Dès 2016, une opéra­tion sur deux pour­ra être réal­isée en ambu­la­toire !” déclare Marisol Touraine. 1,5 mil­liard en est atten­du dont 1 mil­liard pour la chirurgie ambu­la­toire.
Axe 2 : la per­ti­nence des actes et une con­som­ma­tion de médica­ments adap­tée. Objec­tif : 2,5 mil­liards d’eu­ros d’é­conomies d’i­ci à 2017.
Axe 3 : baisse de prix pour les pro­duits de mar­que comme pour les génériques. 3,5 mil­liards d’eu­ros d’é­conomies sont atten­dus en trois ans.
Axe 4 : 2 mil­liards d’é­conomies en gérant et mutu­al­isant les achats des hôpi­taux.

Des réac­tions. La CSMF a dénon­cé un plan “inac­cept­able”, déplo­rant que la médecine de ville sup­porte 2,5 mil­liards d’eu­ros d’é­conomies con­tre 2 mil­liards d’eu­ros pour l’hôpi­tal pub­lic et con­sid­ère que la con­tri­bu­tion sup­plé­men­taire demandée à la médecine de ville, supérieure à celle de l’hôpi­tal, est injus­ti­fiée et “totale­ment inique”. Con­cer­nant la chirurgie ambu­la­toire, la CSMF “cherche où sont les moyens don­nés à la médecine libérale pour assumer ce trans­fert d’ac­tiv­ité des hôpi­taux”. Le SML recon­naît l’op­ti­mi­sa­tion des dépens­es, mais “ce plan ne change rien, il fait encore porter le cha­peau aux médecins libéraux alors qu’il faudrait inve­stir mas­sive­ment sur eux si on veut dévelop­per l’am­bu­la­toire (…) et pren­dre des mesures courageuses sur l’hôpi­tal”, déclare son prési­dent. Le Leem (Les entre­pris­es du médica­ment) dénonce “un plan de facil­ité, pro­fondé­ment inadap­té aux enjeux, qui fait encore une fois porter tout l’ef­fort sur le médica­ment”. Le Leem souligne que le médica­ment, qui con­cen­tre 35% des 10 mil­liards d’eu­ros d’é­conomies, est la “cible qua­si exclu­sive des mesures de rigueur”, ce qui représente un effort “totale­ment dis­pro­por­tion­né” au regard de la part de la phar­ma­cie dans les dépens­es d’as­sur­ance mal­adie, éval­uée à env­i­ron 15%.

L’opac­ité des mutuelles
Selon l’en­quête du Monde, basée sur 42 mutuelles, les écarts de frais de ges­tion s’élèvent de 6,7 % à 41 %. Pour mémoire, ceux de la sécu s’élèvent à 4%. Alors que les com­plé­men­taires pren­nent une place prépondérante, cor­rélée au désen­gage­ment de la sécu, elles ne sont pas en règle avec la loi qui, depuis le 1er jan­vi­er 2014, impose une trans­parence sur leurs frais de ges­tion. “Il est qua­si­ment impos­si­ble pour les assurés, mal­gré l’oblig­a­tion de trans­parence, de savoir si la part de leur coti­sa­tion util­isée pour cou­vrir les frais de ges­tion (per­son­nels, admin­is­tra­tion, etc.) et d’ac­qui­si­tion (frais engagés pour con­quérir de nou­veaux clients) est impor­tante ou mod­érée” écrit le Monde. Présen­ta­tion délibéré­ment floue, absence de com­para­tif avec la con­cur­rence, élé­ments présen­tés en petits car­ac­tères sur des doc­u­ments annex­es, frais vari­ables selon les con­trats : les com­plé­men­taires jouent avec les espaces de lib­erté de la loi pour con­tourn­er la trans­parence.


 Des députés ont com­mandé un rap­port, tou­jours pas remis, tant la com­para­i­son est com­plexe.

Moins de médecins intéri­maires dans les hôpi­taux
Marisol Touraine a annon­cé l’in­stau­ra­tion d’un pla­fon­nement pour les rémunéra­tions des médecins employés à titre tem­po­raire par les hôpi­taux. Le but est de lim­iter le coût “exces­sif” de ces pra­tiques. Selon la min­istre, le recours à des “intéri­maires qui se com­por­tent par­fois comme de véri­ta­bles mer­ce­naires” représente un sur­coût de 500 mil­lions d’eu­ros chaque année et con­cerne env­i­ron 6 000 médecins sur­payés.

Label 2014 “droits des usagers de la san­té”
Le min­istère des Affaires sociales et de la San­té détaille dans une instruc­tion les con­di­tions d’at­tri­bu­tion du label 2014 “droits des usagers de la san­té” par les ARS ain­si que les con­di­tions de par­tic­i­pa­tion à la qua­trième édi­tion de ce con­cours. Ce label a été ini­tié dans le cadre du dis­posi­tif “2011 année des patients et de leurs droits” afin de “val­oris­er les expéri­ences exem­plaires et les pro­jets inno­vants menés en région, en matière de pro­mo­tion des droits des patients”.

L’Indi­ca­teur Développe­ment Durable San­té (IDD) pour les données 2013 du C2DS est en ligne !
L’IDD est un out­il d’autodiagnostic en développe­ment durable spé­ci­fique aux étab­lisse­ments de san­té élaboré et mis en ligne gra­tu­ite­ment par le C2DS, réal­isé par des pro­fes­sion­nels de san­té à l’attention de leurs pairs. L’IDD a une ver­tu éduca­tive en amenant les étab­lisse­ments à s’interroger sur leurs pra­tiques, puis une ver­tu man­agéri­ale en per­me­t­tant de définir ensuite un plan d’ac­tions. Il est la pre­mière étape indis­pens­able avant d’autres engage­ments comme l’ISO 14001, l’ISO 26000, EMAS, l’Agenda 21… La ver­sion 2014 pour les don­nées de 2013 est désor­mais en ligne, nous invi­tons donc les étab­lisse­ments à répon­dre aux 238 ques­tions regroupées autour de 8 items. C’est une ver­sion retra­vail­lée, revue et aug­men­tée grâce aux com­men­taires reçus depuis deux ans, et en fonc­tion des nou­velles lég­is­la­tions. Les étab­lisse­ments adhérents pour­ront béné­fici­er d’une aide en ligne inté­grée et des infor­ma­tions per­ti­nentes. Enfin, les résul­tats anonymisés vien­dront enrichir un Obser­va­toire qui per­me­t­tra aux étab­lisse­ments de se bench­mark­er. Ces don­nées ne seront pas exploitées de manière indi­vidu­elle et nom­i­na­tive mais analysées de façon sta­tis­tique et glob­ale (Lien IDD).