La HAS pub­lie de nou­velles recom­man­da­tions rel­a­tives aux con­di­tions et à l’organisation du retour à domi­cile des mères et de leurs nou­veau-nés pour mieux garan­tir la sécu­rité de la mère et de l’enfant. Elle définit les con­di­tions à rem­plir par la mère et l’enfant qui per­me­t­tent de prévoir en toute sécu­rité une sor­tie pré­coce, une sor­tie après une durée d’hospitalisation stan­dard ou une sor­tie plus tar­dive. Elle détaille les modal­ités de leur suivi une fois de retour à la mai­son.
La HAS insiste sur la néces­sité d’anticiper l’organisation de la sor­tie de mater­nité pour une meilleure con­ti­nu­ité des soins.
 
Si les dif­férentes études mon­trent que les femmes sont glob­ale­ment sat­is­faites de la prise en charge de leur grossesse et de l’accouchement, elles mon­trent en revanche des réserves sur la ges­tion de la sor­tie de la mater­nité et l’accompagnement du retour à domi­cile. Dans ce con­texte, et parce que les 800 000 nais­sances annuelles ont lieu dans des mater­nités moins nom­breuses qu’il y a 15 ans depuis le ren­force­ment de la poli­tique de sécu­rité péri­na­tale, la HAS a actu­al­isé ses travaux sur la sor­tie de mater­nité. Elle a égale­ment élaboré un doc­u­ment d’information pra­tique des­tiné aux mères et aux cou­ples, Sor­tie de mater­nité / pré­parez votre retour à la mai­son.

Anticiper le retour à domi­cile en choi­sis­sant tôt un pro­fes­sion­nel référent pour les jours qui suiv­ent le retour à domi­cile
Afin d’améliorer le retour à domi­cile, la HAS estime qu’il est essen­tiel d’anticiper et de pré­par­er la sor­tie de mater­nité. Elle met à la dis­po­si­tion des pro­fes­sion­nels de san­té et des femmes des doc­u­ments qui repren­nent l’ensemble des points à voir, base d’échange pour choisir les meilleures modal­ités de sor­tie de mater­nité. Elle recom­mande égale­ment de choisir un pro­fes­sion­nel référent qui effectuera ce suivi du retour à domi­cile, à con­tac­ter avant la nais­sance.
Ce rôle peut être rem­pli par une sage-femme (libérale ou appar­tenant à un cen­tre de Pro­tec­tion Mater­nelle et Infan­tile, un médecin général­iste ou un médecin spé­cial­iste, choisi par la femme ou le cou­ple. Il est en charge du repérage des sit­u­a­tions à risque et de l’orientation de la femme vers d’autres pro­fes­sion­nels en cas de com­pli­ca­tions. Il con­seille égale­ment la femme et le cou­ple sur la plan­i­fi­ca­tion des soins futurs (sur le pre­mier mois) pour la mère et l’enfant.

Des con­di­tions de sor­tie de la mère et de l’enfant bien définies
En préal­able de ses recom­man­da­tions, la HAS définit deux notions clé : celle de sor­tie stan­dard, entre 72 et 96 heures après un accouche­ment par voie basse et entre 96 et 120 heures après un accouche­ment par césari­enne pour la nais­sance d’un nou­veau-né unique sans com­pli­ca­tions. Et celle de sor­tie pré­coce, au cours des 72 pre­mières heures après un accouche­ment par voie basse[1]  ou au cours des 96 pre­mières heures après un accouche­ment par césari­enne. Dans cette sit­u­a­tion, l’accord de la mère et ou du cou­ple est un préal­able.
La sor­tie de mater­nité se fait après la véri­fi­ca­tion d’un cer­tain nom­bre de critères par l’équipe médi­cale. Con­cer­nant la mère, il s’agit par exem­ple de s’assurer qu’il n’y a pas d’hémorragie ni d’infection, qu’elle n’est pas frag­ile psy­chologique­ment ou sociale­ment, qu’il n’y a pas de com­pli­ca­tions non traitées ou de patholo­gies non équili­brées. Chez le nou­veau-né, l’équipe véri­fie notam­ment que l’examen clin­ique ini­tial est nor­mal, que les fonc­tions liées à l’alimentation, les sell­es, les mic­tions et les tran­sits sont établies. Le nou­veau-né ne doit pas avoir de tem­péra­ture, de perte de poids ni d’ictère néces­si­tant une pho­tothérapie.

Un suivi de la mère et de l’enfant après la sor­tie de la mater­nité pré­cisé
La HAS pré­cise le suivi après le retour à domi­cile. Celui-ci passe par deux vis­ites en cas de sor­tie stan­dard : une dans les 48 heures qui suiv­ent la sor­tie de mater­nité (24 heures dans le cas d’une sor­tie pré­coce), la sec­onde plan­i­fiée selon l’appréciation du pro­fes­sion­nel de san­té en charge du suivi. Dans le cas d’une sor­tie pré­coce, cette sec­onde vis­ite est sys­té­ma­tique et une troisième vis­ite est recom­mandée.
Pour l’enfant, la HAS recom­mande un exa­m­en par un pédi­a­tre ou un médecin général­iste entre le 6e et le 10ejour de vie. Au cours de cette deux­ième semaine de vie, l’examen du nou­veau-né peut être com­plété par la vis­ite du pro­fes­sion­nel référent de suivi.

Restant à votre écoute
Thier­ry BECHU
Délégué général du syn­di­cat nation­al FHP-MCO