Voici le com­mu­niqué de presse envoyé ce jour aux médias :

Les clin­iques et hôpi­taux privés, seules entre­pris­es de France à ne pas béné­fici­er du CICE

La baisse des tar­ifs annon­cée pour 2014 men­ace un secteur entier d’é­touf­fe­ment économique

Les clin­iques n’ac­cueilleront plus de nou­veaux élèves sta­giaires infir­miers à par­tir du 1er mars

La FHP-MCO, syn­di­cat des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) de la Fédéra­tion de l’hospitalisation privée, dénonce avec la plus grande vigueur la pour­suite de la poli­tique hos­tile et mor­tifère du gou­verne­ment vis-à-vis du secteur hos­pi­tal­ier privé, avec une baisse annon­cée des tar­ifs hos­pi­tal­iers pour 2014 pour com­penser les avan­tages du Crédit d’Im­pôt Com­péti­tiv­ité Emploi (CICE).

« Les clin­iques et hôpi­taux privés seront les seules entre­pris­es de France à ne pas béné­fici­er du CICE puisque la min­istre de la San­té Marisol Touraine a prévu de rogn­er, année après année, les tar­ifs pour com­penser son effet. C’est en totale con­tra­dic­tion avec la poli­tique affichée par le prési­dent de la République François Hol­lande pour redonner de la com­péti­tiv­ité aux entre­pris­es et relancer la crois­sance et l’emploi. Pour le secteur hos­pi­tal­ier privé, il va donc fal­loir par­ler de pacte d’ir­re­spon­s­abil­ité », déclare Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO qui regroupe quelque 580 étab­lisse­ments.

Alors que les clin­iques sont dans une sit­u­a­tion économique dif­fi­cile avec 35% des étab­lisse­ments MCO en déficit, la min­istre de la San­té a annon­cé ce matin, dans un arrêté paru au Jour­nal Offi­ciel, que les tar­ifs rem­boursés par l’as­sur­ance mal­adie aux clin­iques spé­cial­isées en médecin, chirurgie et obstétrique (MCO) pour des presta­tions de soins bais­seraient de 0,59 % en 2014.

En neuf ans (2005–2013), ces tar­ifs n’ont aug­men­té que de 0,93% pour une infla­tion sur la même péri­ode de plus de… 12% !

La FHP-MCO récla­mait pour 2014 une hausse des tar­ifs de 2,75%, représen­tant l’équiv­a­lent de l’en­veloppe budgé­taire allouée au secteur privé MCO et qui n’avait été dépen­sée, soit 234 mil­lions d’eu­ros (137 M€ en 2013, 97 M€ 2012).

« Nous avons pris de façon respon­s­able notre part des efforts. C’est pourquoi nous sommes atter­rés que le secteur privé soit pénal­isé une nou­velle fois cette année, alors qu’il est le bon élève en matière de dépens­es d’assurance mal­adie. Pourquoi une telle réso­lu­tion dans la mise à terre d’un secteur d’ex­cel­lence qui emploie 200.000 per­son­nes ? C’est incom­préhen­si­ble, sauf à y voir des moti­va­tions poli­tiques et idéologiques », s’indigne Lamine Ghar­bi.

La FHP-MCO dénonce depuis des années l’iniq­ui­té de traite­ment entre les opéra­teurs de soins publics et privés en France. Elle a saisi la Direc­tion générale de la Con­cur­rence de la Com­mis­sion européenne d’une plainte con­tre l’E­tat français.

Les étab­lisse­ments privés MCO subis­sent une dis­crim­i­na­tion de finance­ment, puisque leurs tar­ifs sont inférieurs en moyenne de 22% à ceux des hôpi­taux publics, pour une même presta­tion de soins et qu’ils subis­sent une qua­si évic­tion de l’en­veloppe budgé­taire des­tinée à financer les mis­sions d’in­térêt général.

Ain­si, par exem­ple, et alors qu’elle est en déficit pour la 26e année con­séc­u­tive, l’assurance mal­adie con­tin­uera de rémunér­er un hôpi­tal pub­lic 6.467 euros pour une pose de pro­thèse de hanche, con­tre 5.475 euros pour une clin­ique, soit près de 1.000 euros d’écart pour la même presta­tion.

« Rien, aucune étude, ne jus­ti­fie un tel écart de tarif. L’as­sur­ance mal­adie achète la même presta­tion à deux acteurs de soins à des prix dif­férents. C’est une manière déguisée de sub­ven­tion­ner les hôpi­taux publics qui entraîne un sur­coût énorme pour la col­lec­tiv­ité et qui aboutit à une lente évic­tion du secteur privé », dénonce Lamine Ghar­bi.

Le gou­verne­ment a mis fin en mai 2012 au proces­sus de con­ver­gence tar­i­faire qui devait per­me­t­tre d’aboutir à un tarif de soins unique. Il aurait per­mis à l’as­sur­ance mal­adie d’é­conomiser 7 mil­liards d’eu­ros par an, soit l’équiv­a­lent actuel de son déficit.

« La con­ver­gence tar­i­faire a été achevée en Alle­magne en 2009 et a per­mis d’é­conomiser 11 mil­liards d’eu­ros par an à l’as­sur­ance mal­adie alle­mande, qui est aujour­d’hui large­ment excé­den­taire. Nous ne com­prenons tou­jours pas pourquoi le gou­verne­ment se prive de moyens de gag­n­er en effi­cience dans les dépens­es publiques hos­pi­tal­ières, au lieu de s’en pren­dre au secteur privé, qui lui, s’est large­ment restruc­turé depuis 20 ans », pour­suit le prési­dent de la FHP-MCO.

« Nous se serons pas la vari­able d’a­juste­ment du sys­tème de soins »assure Lamine Ghar­bi. « Nous appelons à une mobil­i­sa­tion générale de nos étab­lisse­ments. C’est pourquoi nous avons décidé de ne plus accueil­lir dès le 1er mars de nou­veaux élèves sta­giaires infir­miers dans nos étab­lisse­ments. Nous sommes au regret d’en venir à cette extrémité mais nous souhaitons mon­tr­er que les clin­iques et hôpi­taux privés sont un acteur incon­tourn­able du paysage san­i­taire français. Nous méri­tons le respect et la con­sid­éra­tion, tout autant que les 8 mil­lions de patients et plus qui nous font con­fi­ance chaque année et les 200.000 pro­fes­sion­nels qui tra­vail­lent dans nos étab­lisse­ments ».