L’an­nonce de l’en­trée en résis­tance des clin­iques a un pre­mier effet posi­tif : la presse s’est faite très large­ment l’é­cho des moti­va­tions de notre pro­fes­sion à réa­gir. Déficit, inéquité, mar­gin­al­i­sa­tion… Les enjeux qui nous préoc­cu­pent sont portés à la con­nais­sance de l’opin­ion publique. Nous ne sommes pas descen­dus dans la rue mais pour­tant le mes­sage de colère et de déter­mi­na­tion — « les hôpi­taux privés tirent la son­nette d’alarme, tapent du poing sur la table, les clin­iques ripos­tent » — est bien passé. Il faut désor­mais trans­former l’es­sai ! Il est ain­si pri­mor­dial de nous fax­er au plus vite l’en­gage­ment de votre étab­lisse­ment à se mobilis­er. Nous vous deman­dons de sus­pendre à par­tir du 1er mars prochain la sig­na­ture de tout nou­veau con­trat de for­ma­tion d’in­fir­mière et ce pour une durée indéter­minée. De notre mobil­i­sa­tion mas­sive et très rapi­de dépend le rap­port de force que nous voulons impos­er au min­istère de la San­té afin de faire infléchir les arbi­trages en cours pour la cam­pagne tar­i­faire 2014. Pour sa part, Bercy a‑t-il déjà com­pris le dan­ger à court terme d’une éro­sion de nos parts de marché qui viendraient grossir celles coû­teuses de l’hôpi­tal ? Un mécan­isme pour sûr qui rendrait inat­teignables les économies prévues quand on sait que chaque point de marché sup­plé­men­taire coûte 21 % de dépens­es en plus. Dans tous les cas, nous sommes con­damnés à réa­gir forte­ment pour faire pren­dre con­science à nos inter­locu­teurs des atouts que notre secteur apporte au sys­tème de san­té. La con­clu­sion est du ressort des pou­voirs publics qui devront choisir entre des impérat­ifs poli­tiques et une urgence économique. Au vue de celle-ci, nous nous réserverons la lib­erté d’écrire un épi­logue et de con­tin­uer la résis­tance…

Lamine GHARBI
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO 

À télécharg­er : la fiche d’en­gage­ment

L’or­dre des infir­mières sou­tient mais…
L’or­dre nation­al des infir­miers (ONI) a réa­gi à l’en­trée en résis­tance des clin­iques con­cer­nant la sup­pres­sion des stages au 1er mars : « les clin­iques et étab­lisse­ments privés assurent d’indis­pens­ables mis­sions de ser­vice pub­lic de for­ma­tion des infir­miers ». « Ces mis­sions doivent être pleine­ment recon­nues par les pou­voirs publics, tant la diver­sité des ter­rains de stage est pré­cieuse ». Il indique par ailleurs regret­ter « les dif­fi­cultés par­fois ren­con­trées par cer­tains acteurs de la san­té dans leur dia­logue avec la min­istre (…) d’au­tant, que les ser­vices ren­dus au pub­lic par ces insti­tu­tions sont essen­tiels au sys­tème de soins ». Toute­fois, l’or­dre juge « préju­di­cia­ble » cette action pour les jeunes pro­fes­sion­nels en for­ma­tion.

Un 3ème plan can­cer
Présen­té par François Hol­lande mar­di, ce nou­veau plan can­cer 2014–2019 com­prend 17 objec­tifs déclinés en plus de 200 mesures. La FHP-MCO avec l’UNH­PC revien­dra vers vous en détail sur ces 146 pages car quelques points sont par­ti­c­ulière­ment inquié­tants. Voici déjà le som­maire des 17 objec­tifs :

  1. Favoris­er des diag­nos­tics plus pré­co­ces.
  2. Garan­tir la qual­ité et la sécu­rité des soins.
  3. Accom­pa­g­n­er les évo­lu­tions tech­nologiques et thérapeu­tiques.
  4. Faire évoluer les for­ma­tions et les métiers de la can­cérolo­gie.
  5. Accélér­er l’émer­gence de l’in­no­va­tion au béné­fice des patients.
  6. Con­forter l’a­vance de la France dans la médecine per­son­nal­isée.
  7. Assur­er des pris­es en charge glob­ales et per­son­nal­isées.
  8. Réduire les risques de séquelles et de sec­ond can­cer.
  9. Dimin­uer l’im­pact du can­cer sur la vie per­son­nelle.
  10. Lancer le Pro­gramme nation­al de réduc­tion du tabag­isme.
  11. Don­ner à cha­cun les moyens de réduire son risque de can­cer.
  12. Prévenir les can­cers liés au tra­vail ou à l’en­vi­ron­nement.
  13. Se don­ner les moyens d’une recherche inno­vante.
  14. Faire vivre la démoc­ra­tie san­i­taire.
  15. Appuy­er les poli­tiques publiques sur des don­nées robustes et partagées.
  16. Opti­miser les organ­i­sa­tions pour une plus grande effi­cience.
  17. Adapter les modes de finance­ment aux défis de la can­cérolo­gie.

Être soigné 24h / 24 coûte 1,3 mil­liard
La per­ma­nence des soins représente un coût d’1,3 mil­liard d’eu­ros par an, a indiqué Frédéric Van Roekeghem. Un « coût impor­tant pour la col­lec­tiv­ité à met­tre en regard avec les inter­ven­tions vrai­ment réal­isées », a‑t-il estimé. 396 mil­lions d’eu­ros ont été con­sacrés à la per­ma­nence des soins ambu­la­toires (hors hôpi­tal) en 2011, et de façon iden­tique en 2012 ; 679 mil­lions d’eu­ros en 2012, soit 632 mil­lions pour les hôpi­taux publics et près de 47 mil­lions pour les clin­iques ; les gardes des ambu­lances et des phar­ma­cies ont coûté respec­tive­ment 188 et 57 mil­lions d’eu­ros.  « La ques­tion qui se pose, c’est de met­tre en regard le coût impor­tant pour la col­lec­tiv­ité – qui cor­re­spond au blocage du temps des soignants – et les inter­ven­tions vrai­ment réal­isées (…) Quand on fait ces cal­culs, on arrive à des sommes impor­tantes par inter­ven­tion. Mais le principe même de la PDS, c’est de faire face à des sit­u­a­tions qui n’ont pas été anticipées et qui (…) sont rel­a­tive­ment coû­teuses ».

Des régions arrê­tent les PDS
L’en­quête annuelle du CNOM mon­tre l’ar­rêt de PDS en nuit pro­fonde, 22 départe­ments début 2014 con­tre 19 début 2013. Le CNOM a recen­sé 1 764 ter­ri­toires de PDS au 1er jan­vi­er (pour la plage horaire allant de 20h00 à minu­it), con­tre 1 910 en 2013 (-7,6 %), 2 331 secteurs de garde libérale en 2012 et 3 770 début 2003. Depuis 2003, le nom­bre de secteurs s’est réduit de 55 %. La PDSA s’ar­rête à minu­it dans 61 % des ter­ri­toires, con­tre 55 % l’an­née précé­dente. L’en­quête mon­tre une hausse con­tin­ue de la par­tic­i­pa­tion des médecins libéraux à la régu­la­tion libérale, avec 2 760 prati­ciens (+4 %), con­tre 2 652 en 2012, 2 537 en 2011. Cette par­tic­i­pa­tion est effec­tive dans 97 départe­ments, comme fin 2012. Le CNOM recom­mande des « bud­gets adap­tés aux objec­tifs affichés et arrêtés, et non basés sur une logique compt­able ».

S’en­gager dans la lutte con­tre le tabag­isme

La lutte con­tre le tabag­isme est un axe pri­or­i­taire du 3ème plan can­cer présen­té mar­di par François Hol­lande. Le C2DS pro­pose de déploy­er une cam­pagne anti-tabac dans les étab­lisse­ments de san­té compte tenu que l’é­d­u­ca­tion en san­té des patients et des salariés est un point majeur d’une démarche de développe­ment durable. Ce rôle édu­ca­tion­nel de l’hôpi­tal est peu val­orisé, et surtout non financé. Pour­tant, un séjour hos­pi­tal­ier ou le pro­jet d’une hos­pi­tal­i­sa­tion est le lieu et le moment justes pour arrêter de fumer. Un dis­posi­tif en 12 points est disponible. Con­tact : christine.belhomme@c2ds.eu — 06 98 53 24 12