Cather­ine Gre­nier, adjointe à la Direc­tion de l’amélioration de la qual­ité et de la sécu­rité des soins (DAQSS) et chef du ser­vice Indi­ca­teurs pour l’amélioration de la qual­ité et de la sécu­rité des soins (IPAQSS) à la HAS.

Quelles évo­lu­tions des attentes de la HAS vis-à-vis des étab­lisse­ments de san­té ?
Mer­ci tout d’abord à la FHP-MCO de favoris­er cette infor­ma­tion entre la HAS et les étab­lisse­ments. D’i­ci la fin de l’an­née, sera déployée la V2014, nou­velle ver­sion de la cer­ti­fi­ca­tion. Rap­pelons que le manuel reste inchangé pour assur­er une con­ti­nu­ité atten­due par les par­ties prenantes et per­me­t­tre aux équipes de ne pas avoir à inve­stir un nou­veau con­tenu. Le principe est de réin­ter­roger les mêmes critères avec de nou­veaux out­ils et méth­odes (une analyse thé­ma­tique au sein d’un compte qual­ité, une analyse de proces­sus au cours de la vis­ite et une éval­u­a­tion par des patients traceurs). Notre volon­té est, par ailleurs, de ren­forcer le lien entre la démarche de cer­ti­fi­ca­tion et le dis­posi­tif des indi­ca­teurs de qual­ité et de sécu­rité des soins afin de mobilis­er au mieux les mesures stan­dard­is­ées exis­tantes. Le dis­posi­tif des indi­ca­teurs de qual­ité et sécu­rité des soins existe depuis 2008 ; la nou­veauté de l’an­née 2013, c’est la pub­li­ca­tion de nou­veaux indi­ca­teurs de pra­tiques clin­iques, dits de spé­cial­ités con­cer­nant, out­re l’in­farc­tus du myocarde pour lequel les indi­ca­teurs ont déjà fait l’ob­jet d’une pub­li­ca­tion, l’ac­ci­dent vas­cu­laire cérébral et les hémor­ra­gies du post-par­tum. La pub­li­ca­tion se fait depuis novem­bre 2013 sur le site Scope San­té, et par­al­lèle­ment, les étab­lisse­ments ont l’oblig­a­tion de les affich­er. Con­cer­nant les indi­ca­teurs relat­ifs à la dial­yse, la dif­fu­sion publique ne s’im­pose pas car il s’ag­it pour 2013 de la pre­mière cam­pagne. C’est donc une oppor­tu­nité par­ti­c­ulière pour les étab­lisse­ments d’analyser leurs résul­tats et de définir des plans d’ac­tion visant à ce que des pro­grès soient étab­lis avant la prochaine mesure (réal­isée en 2015 sur des dossiers 2014) qui sera dif­fusée. Glob­ale­ment, avec ce dis­posi­tif, la HAS table sur le fait que la mesure de ces indi­ca­teurs induise l’amélio­ra­tion par l’analyse des pra­tiques, détail­lée et partagée col­lec­tive­ment par les équipes, qu’ils per­me­t­tent. Sur ces indi­ca­teurs nous trou­vons régulière­ment, d’une part, des marges d’amélio­ra­tion impor­tantes et, d’autre part, une vari­abil­ité inter-étab­lisse­ment qui signe l’in­térêt du bench­mark­ing inter-étab­lisse­ment, per­me­t­tant à la fois une saine ému­la­tion et des retours d’ex­péri­ence for­ma­teurs.

Con­sid­érant le car­ac­tère peu exigeant des indi­ca­teurs que vous portez, la marge d’amélio­ra­tion est-elle si impor­tante ?
Oui, absol­u­ment. Il faut bien dif­férenci­er le ressen­ti des pro­fes­sion­nels, le sen­ti­ment de bien faire son tra­vail et les résul­tats objec­tifs. Ces indi­ca­teurs sont comme vous le dites des indi­ca­teurs « basiques », ou encore d’un niveau planch­er en matière de qual­ité et il est effec­tive­ment raisonnable d’at­ten­dre que l’ob­jec­tif de per­for­mance soit atteint par tous les étab­lisse­ments. Cepen­dant, la réal­ité n’est pas exacte­ment celle-ci. Par exem­ple, un indi­ca­teur mesure le délai d’en­voi du cour­ri­er de sor­tie d’hos­pi­tal­i­sa­tion. Nous savons que le taux de cour­ri­ers con­formes adressés dans les huit jours est de 48 %. Ain­si, moins de 30 % des étab­lisse­ments de san­té atteignent l’ob­jec­tif de per­for­mance de 80 % de séjours pour lesquels le cour­ri­er est adressé dans les huit jours. Mal­gré toutes les lim­ites méthodologiques de cet indi­ca­teur, il est indis­cutable que des pro­grès sont à réalis­er et l’en­jeu de l’in­for­ma­ti­sa­tion du sys­tème d’in­for­ma­tion clin­ique est clef. Dans l’op­tique de faciliter la démarche qual­ité des étab­lisse­ments, nous allons pro­duire prochaine­ment des out­ils pour aider la dif­fu­sion de ces don­nées et leur util­i­sa­tion et per­me­t­tre aux  pro­fes­sion­nels sur le ter­rain de déploy­er un plan d’ac­tions en interne. Cela est en cohérence avec le choix d’une mesure en alter­nance une année sur deux des indi­ca­teurs de qual­ité et de sécu­rité des soins, qui doit per­me­t­tre le temps de l’ap­pro­pri­a­tion et de l’ac­tion.

Com­ment inté­gr­er les prati­ciens libéraux dans cette démarche d’amélio­ra­tion ?
À la HAS, nous avons bien iden­ti­fié la prob­lé­ma­tique spé­ci­fique de vos étab­lisse­ments et des rela­tions non hiérar­chiques que vous vivez avec votre corps médi­cal libéral. Il est évidem­ment dif­fi­cile pour un étab­lisse­ment de répon­dre sur des indi­ca­teurs qui reposent sur des pra­tiques rel­e­vant prin­ci­pale­ment des prati­ciens. Nous met­tons en œuvre des pro­grammes d’amélio­ra­tion qui visent à faire le lien au sein des étab­lisse­ments et des équipes (par exem­ple l’ex­péri­men­ta­tion PACTE) et nous tra­vail­lons aus­si les indi­ca­teurs de spé­cial­ités avec les con­seils nationaux pro­fes­sion­nels de manière à assur­er leur per­ti­nence pro­fes­sion­nelle et l’in­térêt des pro­fes­sion­nels pour la démarche. Nous avons cer­tains retours d’ex­péri­ence qui sont très promet­teurs, notam­ment en anesthésie ou en car­di­olo­gie.