Par juge­ment du 20 décem­bre 2013, pub­lié le 15 jan­vi­er 2014 le Con­seil d’É­tat a pronon­cé l’annulation pour excès de pou­voir de l’arrêté du 21 févri­er 2012 du min­istre du Tra­vail, de l’Emploi et de la San­té mod­i­fi­ant la liste des spé­cial­ités phar­ma­ceu­tiques pris­es en charge en sus des presta­tions d’hospitalisation men­tion­nées
à l’article L. 162–22‑7 du code de la sécu­rité sociale, en tant qu’il radie de cette liste la spé­cial­ité Hexvix.

Quelles con­séquences sur la fac­tura­tion de cette spé­cial­ité ?

Hexvix est indiquée pour le diag­nos­tic de tumeurs de la vessie n’infiltrant pas le mus­cle, en asso­ci­a­tion avec une cyto­scopie de dépistage ; cette spé­cial­ité a été inscrite à la liste en sus en 2007, mais radiée de cette liste par l’arrêté du 21 févri­er 2012.

La société Ipsen Phar­ma a for­mé en recours auprès du Con­seil d’État deman­dant l’annulation pour excès de pou­voir de cet arrêté de radi­a­tion au motif que le tarif d’HEXVIX n’est pas pris en charge dans les GHM con­cernés par l’utilisation de cette spé­cial­ité lais­sant un dif­féren­tiel de 47 % pour les étab­lisse­ments de san­té publics et de 53 % pour les étab­lisse­ments privés.

Le Con­seil d’État fait droit à cette demande et prononce l’annulation dudit arrêté de radi­a­tion.

Les juge­ments ren­dus sur recours pour excès de pou­voir, c’est-à-dire un juge­ment annu­lant un acte, ont force d’autorité absolue de chose jugée.

Cette autorité absolue de chose jugée entraîne deux con­séquences :

  • Le juge­ment est oppos­able à tous, y com­pris les tiers.
  • Le juge­ment a un effet rétroac­t­if : c’est-à-dire que l’acte annulé n’est cen­sé n’avoir jamais existé.

Aus­si :

  • L’an­nu­la­tion par le juge de l’arrêté du 21 févri­er 2012, en tant qu’il radie de cette liste la spé­cial­ité Hexvix, le fait dis­paraître de l’or­don­nance­ment juridique : il est réputé n’être jamais inter­venu.
  • La per­son­ne publique est donc tenue de remet­tre les choses dans l’é­tat où elles seraient si la déci­sion annulée n’avait pas été prise, en prenant les dis­po­si­tions néces­saires.

En l’absence de mesures com­plé­men­taires pris­es par la DGOS, nous vous recom­man­dons d’adresser les fac­tures en sus des presta­tions sur la base du prix de la liste en sus d’HEXVIX sans dis­con­ti­nu­ité depuis 2012.

Nous vous informerons des éventuelles modal­ités pra­tiques d’application de cette déci­sion par le min­istère.

Fati­ha ATOUF (fatiha.atouf.mco@fhp.fr) est à votre dis­po­si­tion pour tout ren­seigne­ment com­plé­men­taire.

Restant à votre écoute,

Thier­ry BECHU
Délégué général du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

 
À télécharg­er :

La déci­sion du Con­seil d’É­tat