Aujour­d’hui se déroule à l’Assem­blée nationale, le dernier round du vote de la loi Le Roux rel­a­tive aux réseaux de soins. Un jeu­di noir pour la lib­erté de choix du patient, celle de l’ex­er­ci­ce du médecin et de l’étab­lisse­ment. Se trame en coulisse et en silence, à l’in­su des Français, une pro­fonde muta­tion de notre envi­ron­nement sol­idaire vers un sys­tème de san­té demain struc­turé par les organ­ismes com­plé­men­taires. Un nou­veau virage que nos gou­verne­ments suc­ces­sifs n’ont pas su négoci­er par manque de vision et de volon­té poli­tiques. Sans réforme en pro­fondeur de notre sys­tème, l’as­sur­ance mal­adie, en déficit chronique, se désen­gage et cède ain­si une part de sa gou­ver­nance à des organ­ismes qui par ailleurs ont négo­cié le report de la trans­parence de leurs comptes. La FHP-MCO a fait savoir son oppo­si­tion farouche et a apporté son sou­tien à tous ceux, qui comme elle, dénonçaient ce dan­ger. Le bon­net rouge du Père Noël sera plus de sai­son durant les fêtes que celui des Bre­tons… Don­nons-nous le temps de cette trêve famil­iale pour élire la couleur de notre bon­net que nous arborerons en 2014. Avec nos médecins libéraux, nos usagers engagés à nos côtés, il nous fau­dra trou­ver le chemin d’une coali­tion et bâtir pro­gres­sive­ment un socle partagé en vue d’organiser des actions com­munes.

Pour l’in­stant présent, je vous souhaite, très chaleureuse­ment, d’ex­cel­lentes fêtes !

Lamine GHARBI
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO 

Des rem­place­ments pour un demi-mil­liard d’eu­ros
Tout le monde était au courant, du directeur d’hôpi­tal au directeur d’ARS mais la min­istre de la San­té le décou­vrait dans le rap­port du député Olivi­er Véran. Elle s’est dite « choquée » face à la sit­u­a­tion des médecins rem­plaçants à l’hôpi­tal, qui coû­tent très cher à la col­lec­tiv­ité : quelque 6 000 médecins tra­vail­lent en intérim à l’hôpi­tal, ce qui représente un sur­coût de 500 mil­lions d’eu­ros par an. Le rap­port par­lemen­taire détaille 14 propo­si­tions pour lim­iter cette dérive. «Je ne par­le pas des 4 000 à 5 000 postes vacants dans les hôpi­taux publics, mais juste des rem­place­ments en urgence pour quelques jours ou semaines, souligne Olivi­er Véran. Il y a des hôpi­taux dont près de la moitié des effec­tifs, ne sont que… des rem­plaçants ». Trois dis­ci­plines sont par­ti­c­ulière­ment touchées : les urgences, l’anesthésie-réan­i­ma­tion et la radi­olo­gie.

Tout savoir de la Stratégie nationale de san­té
Le min­istère de la San­té fait œuvre péd­a­gogique et ouvre un site Inter­net dédié à la Stratégie nationale de san­té pour « partager, tant avec les acteurs du monde de la san­té qu’avec les citoyens, les ques­tions et débats que sus­cite notre sys­tème de san­té », déclare le min­istère. « Il sera enrichi au fil des mois par des témoignages, reportages, inter­views et enquêtes en ligne sur les ques­tions qui touchent tous les Français ». Espace Inter­net sur la Stratégie nationale de san­té

Vlan !
En grève depuis le 16 octo­bre, les sages-femmes qui man­i­fes­taient lun­di à Paris ont choisi de cla­quer la porte des négo­ci­a­tions, s’es­ti­mant « flouées ». Elles esti­ment ne pas avoir été enten­dues sur la ques­tion de la reval­ori­sa­tion de leur statut au vu du choix pro­posé par le min­istère : rester dans la fonc­tion hos­pi­tal­ière, ou créer un nou­veau statut, celui de prati­cien en maïeu­tique, qui per­me­t­trait davan­tage de flex­i­bil­ité, mais oblig­erait l’ensem­ble des sages-femmes à sor­tir de la fonc­tion publique.

Des emprunts… très tox­iques
La FHF appelle les hôpi­taux qui ont con­trac­té des emprunts tox­iques, à engager avant la fin de l’an­née des recours en jus­tice con­tre leurs ban­ques. Les hôpi­taux veu­lent se pré­mu­nir con­tre une dis­po­si­tion du pro­jet de loi de finances pour 2014 qui valide de façon rétroac­tive des con­trats de prêt qui peu­vent être con­sid­érés comme litigieux pour des raisons de forme, parce qu’ils ne men­tion­nent pas le taux effec­tif glob­al de l’emprunt. Les hôpi­taux n’avaient pas réus­si à infléchir Bercy pour qu’ils puis­sent béné­fici­er du fonds de com­pen­sa­tion mis en place pour les col­lec­tiv­ités locales, en con­trepar­tie de leur renon­ce­ment aux recours con­tentieux con­tre les ban­ques. La FHF éval­ue entre 1,5 et 1,7 mil­liard d’eu­ros l’en­cours de prêts tox­iques con­trac­tés par les hôpi­taux, un mon­tant qui gon­flerait à 2,5 mil­liards s’ils étaient requal­i­fiés par la jus­tice.

Des indus­triels en colère
Les indus­triels du matériel médi­cal français se plaig­nent de la lour­deur des procé­dures de prise en charge par l’as­sur­ance mal­adie et com­mer­cialisent leurs pro­duits à l’é­tranger avant de servir le marché nation­al. Créé en 2009, le for­fait inno­va­tion, qui per­me­t­tait de pren­dre en charge de façon pré­coce une tech­nique jugée par­ti­c­ulière­ment inno­vante, était en principe applic­a­ble en mars 2010, mais il a fal­lu atten­dre décem­bre 2011 pour que le min­istre de la San­té annonce que seules trois tech­nolo­gies étaient sélec­tion­nées pour en béné­fici­er. Depuis, les indus­triels négo­cient avec la HAS, le min­istère et l’as­sur­ance mal­adie dont les rôles de cha­cun n’ont pas été claire­ment pré­cisés. En sub­stance une sit­u­a­tion très pénal­isante pour les patients… et les indus­triels, dénonce le SNITEM, la fédéra­tion des indus­triels.

L’in­for­ma­ti­sa­tion : un vœu pieux ?
La société EMC vient de pub­li­er la 1ère édi­tion de son Baromètre san­té pour mesur­er le niveau de matu­rité infor­ma­tique des étab­lisse­ments de san­té en France. Réal­isée auprès de 174 étab­lisse­ments (CHU, clin­iques, Espic…), l’é­tude indique que seuls 28,6% des étab­lisse­ments ont déclaré maîtris­er les normes de sécu­rité et de con­fi­den­tial­ité. 48,1% d’en­tre eux pla­cent en 2ème pri­or­ité en 2014 la dématéri­al­i­sa­tion des don­nées patients et 50% prévoient d’aug­menter leur bud­get infor­ma­tique.

La télémédecine néces­site de solides réseaux Télé­com
Depuis la LFSS 2014, l’ex­péri­men­ta­tion de la télémédecine est ouverte aux étab­lisse­ments de san­té et non plus seule­ment aux étab­lisse­ments médi­co-soci­aux et cab­i­nets de ville. Pour autant, faire de la télémédecine au quo­ti­di­en sup­pose de dis­pos­er de réseaux d’ac­cès Télé­com à débit élevé et à disponi­bil­ité effec­tive haute. Les besoins sont de 100 Mbps pour les étab­lisse­ments experts ou pour les sites hébergeant des plate­formes mutu­al­isées de ser­vice, et jusqu’à 1 Giga bps pour les grands cen­tres. Pour la délé­ga­tion inter­min­istérielle dédiée au sujet, les ARS ont un « rôle impor­tant à jouer en veil­lant à la cohérence des choix Télé­com » et il con­viendrait qu’elles promeu­vent « le principe de pri­or­ité aux étab­lisse­ments de san­té ». La délé­ga­tion recom­mande aus­si que les objec­tifs fixés sur la qual­ité et la PDS sur le ter­ri­toire soient « mis en regard des per­for­mances Télé­com ». Pour cela, la DATAR pub­lie un guide méthodologique pour accom­pa­g­n­er l’ex­pres­sion des besoins en infra­struc­ture à haut et très haut débit.

Les indus­tries de san­té versent 5,9 mil­lions d’eu­ros aux asso­ci­a­tions de patients en 2012
Ces verse­ments sont sta­bles selon la HAS (5,8 mil­lions en 2011). Le secteur du médica­ment dis­tribue 94,2 % du total, suiv­ent les indus­triels du DM et du DM de diag­nos­tic in vit­ro (5,25 % en 2012), ain­si que les ali­ments diété­tiques des­tinés à des fins médi­cales spé­ciales et objets con­cer­nant les nour­ris­sons et les enfants (0,14 %). De nou­velles asso­ci­a­tions entrent et dis­parais­sent de la liste des béné­fi­ci­aires et de nou­veaux con­tribu­teurs se déclar­ent. Les aides sans con­trepar­tie économique (sub­ven­tions) représen­tent 97,4 % du mon­tant total ver­sé et par­mi elles, les aides moné­taires directes cor­re­spon­dent à 94,4% des aides, soit 5,58 mil­lions d’eu­ros. « On ne peut déduire de ce seul dis­posi­tif de trans­parence une vision exhaus­tive de l’in­ten­sité des liens économiques entre indus­tries de san­té et asso­ci­a­tions », tem­père la HAS, car « les échanges économiques par con­trats com­mer­ci­aux en sont exclus ». Le top 3 des groupes ver­sant le plus : Novar­tis (529 884 €), puis Gilead Sci­ences (523 800 €) et ViroPhar­ma (427 036 €). Les fédéra­tions d’as­so­ci­a­tions ayant le plus reçu : Fédéra­tion française des dia­bé­tiques (388 344 €), puis SOS Hépatites (363 460 €) et Fédéra­tion asthme et aller­gies (242 000 €).

« Ne vous mélangez pas les pipettes »
Près de 30 % des erreurs d’ad­min­is­tra­tion de médica­ments en solu­tion buvable sont liées au dis­posi­tif médi­cal et la majorité est due à des erreurs humaines (70 %), selon une étude réal­isée par l’A­gence nationale de sécu­rité du médica­ment et des pro­duits de san­té (ANSM). Une analyse rétro­spec­tive des erreurs médica­menteuses noti­fiées depuis 2005, mon­tre que sur 109 rap­ports d’er­reurs avérées et 26 rap­ports de risque d’er­reurs médica­menteuses, les médica­ments con­cernés étaient majori­taire­ment pédi­a­triques (94%). Dans 25 % des cas, on note une absence de con­cor­dance entre la pre­scrip­tion médi­cale et les unités du dis­posi­tif médi­cal et dans 16 % des erreurs liées aux dis­posi­tifs eux-mêmes (défaut de lis­i­bil­ité ou de mani­a­bil­ité). L’ANSM pub­lie 17 recom­man­da­tions aux tit­u­laires des AMM. L’ANSM rap­porte que, dans près de trois quarts des cas, ce n’est pas le bon dis­posi­tif qui est employé et lance une cam­pagne grand pub­lic « Ne vous mélangez pas les pipettes ». Elle rap­pelle égale­ment aux pro­fes­sion­nels de san­té qu’ils doivent « s’as­sur­er de la bonne com­préhen­sion de la posolo­gie et du mode d’ad­min­is­tra­tion des médica­ments par le patient ou ses proches ».

Fêtes de fin d’an­née : atten­tion au gaspillage ali­men­taire !
Selon le rap­port Pertes et gaspillages ali­men­taires du min­istère de l’A­gri­cul­ture, « de tous les métiers de la restau­ra­tion col­lec­tive, la restau­ra­tion col­lec­tive en étab­lisse­ments de san­té et médi­co-soci­aux enreg­istre le plus gros vol­ume de pertes et gaspillages ». À l’approche des fêtes de fin d’année, les étab­lisse­ments de san­té se doivent d’être par­ti­c­ulière­ment vig­i­lants. Lim­iter le gaspillage ali­men­taire, passe d’abord par la con­nais­sance de ses pro­pres com­porte­ments. Selon l’observatoire du développe­ment durable du C2DS, par exem­ple, 74% des étab­lisse­ments n’analy­sent pas les quan­tités jetées sur les retours plateaux. Les mesures con­tre le gaspillage ali­men­taire sont sim­ples à met­tre en place et très rapi­de­ment effi­caces. Faisons en sorte que la dinde ne finisse pas à la poubelle !