Marisol Touraine nous a hon­orés de sa présence hier au con­grès annuel de la FHP qui se tenait à Mar­seille. Le ren­dez-vous raté de Lyon en décem­bre dernier, Paris en mai, et la page dans le jour­nal Le Monde titrée “l’hos­pi­tal­i­sa­tion privée, privée de min­istre” en juin, ont lais­sé des traces de part et d’autre et ont sans doute con­tribué à créer les con­di­tions de ce ren­dez-vous tant atten­du. Bril­lante ora­trice, experte en rhé­torique, c’est un dis­cours habile de 20 min que la min­istre a délivré à la pro­fes­sion. “Il ne peut y avoir de poli­tique de san­té qui ne recon­naît la place à part entière de l’hos­pi­tal­i­sa­tion privée dans notre pays” ou encore “les Français sont attachés à leur médecin de prox­im­ité et à leur clin­ique. On ne peut pas ne pas pren­dre en con­sid­éra­tion une telle réal­ité”. Nous sommes donc dans le radar de notre min­istre et comp­tons bien y rester. Marisol Touraine avait la volon­té de ras­sur­er nos troupes, et les pro­pos tenus con­tribuent à repos­er les bases d’échanges respectueux et ceux d’une rela­tion de con­fi­ance. Toute­fois, à ces phras­es com­plex­es et peu­plées de dou­bles néga­tions pour témoign­er de notre place, nous auri­ons préféré une recon­nais­sance franche à l’aide d’une phrase claire­ment affir­ma­tive. Elle nous aime…pas encore. Pour ce qui con­cerne le MCO, nous avons renou­velé notre ambi­tion d’une année 2014 promet­teuse en hausse tar­i­faire, au juste motif d’une non exé­cu­tion de notre Ondam MCO, un aban­don du mécan­isme de dégres­siv­ité tar­i­faire et un arrêt de la com­pen­sa­tion tar­i­faire visant à annuler les effets posi­tifs du CICE. Mais nous avons surtout posé un principe fon­da­men­tal : nous refu­sons de servir de vari­able d’a­juste­ment de l’hôpi­tal pub­lic via la main armée des ARS dans un sys­tème de san­té déprimé. Une rela­tion de con­fi­ance ne se décrète pas mais elle se con­stru­it pro­gres­sive­ment. Nous en avons la volon­té com­mune. Pour notre part, nos gages sont nom­breux, ce sont ceux four­nis par la qual­ité de notre tra­vail, par l’ex­cel­lence de notre con­tri­bu­tion à l’of­fre de soins, par notre présence dans les ter­ri­toires au cœur de la France. “(…) Nous ne sommes pas d’ac­cord sur tout” a‑t-elle déclaré, soit ! Nous pou­vons nous enten­dre, souhaite-t-on ajouter ici. Et déjà sur un pre­mier socle présen­té par notre min­istre, celui des valeurs qui con­stru­isent notre sys­tème de san­té depuis 70 ans, celles de la sol­i­dar­ité, de l’ex­cel­lence sociale, médi­cale et de la recherche, mais aus­si celle de la prox­im­ité. Oui, nous par­lons le même lan­gage en affir­mant de con­cert que non, la san­té n’est pas un pro­duit de con­som­ma­tion comme les autres. Les applaud­isse­ments de l’au­di­toire ont remer­cié la min­istre de la République pour sa présence mais réson­naient aus­si de l’in­quié­tude de la pro­fes­sion. En effet, qui ne dit mot (et applaudit)…ne con­sent pas. Cet accueil répub­li­cain ne vaut pas val­i­da­tion de la pro­fes­sion en pre­mier lieu du dis­posi­tif de dégres­siv­ité des tar­ifs que la min­istre a con­fir­mé. Chaus­sons notre gant de velours et agis­sons.