La FHP-MCO, syn­di­cat des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) de la Fédéra­tion de l’hospitalisation privée, dénonce l’ab­sence d’une poli­tique con­certée au plan région­al pour la prise en charge des urgences, alors que de nom­breux hôpi­taux publics sont sat­urés.
Trois grands principes d’efficience doivent guider une réforme du sys­tème actuel qui ne fonc­tionne pas, comme nos conci­toyens s’en ren­dent compte chaque jour.

1. L’efficience passe néces­saire­ment par la recon­nais­sance et le respect des pro­fes­sion­nels

« Le sys­tème actuel est inef­fi­cace d’une part en rai­son d’un manque de struc­tures d’ac­cueil et du retard pris dans le déploiement de véri­ta­bles réseaux d’ur­gences. Pour met­tre fin aux dis­par­ités de prise en charge sur le ter­ri­toire, il serait urgent de met­tre en place des réseaux d’ur­gences coor­don­nés au plan région­al », affirme Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO, qui regroupe quelque 600 étab­lisse­ments, dont 132 ser­vices d’ur­gence.
Une cen­taine de demande d’autorisation d’activité pour ouvrir des ser­vices d’urgences sup­plé­men­taires dans les étab­lisse­ments sont depuis des années en souf­france.
« Lorsqu’on con­state 8 à 12 heures d’at­tente dans cer­tains ser­vices d’ur­gences parisiens ou en province, alors que l’on refuse à nos étab­lisse­ments l’ouverture  de ser­vices d’ur­gences, on se dit qu’on marche sur la tête. Le prési­dent de la République avait promis que chaque Français serait à moins de trente min­utes d’un ser­vice d’ur­gence mais à quoi cela sert-il si on doit y patien­ter de nom­breuses heures avant d’être pris en charge? », pour­suit-il.

2. L’efficience passe par le néces­saire décloi­son­nement des acteurs              

Force est de recon­naître que la dual­ité des struc­tures public/privé con­duit à des effets per­vers et des com­porte­ments dys­fonc­tion­nels.
« Les ser­vices de régu­la­tion des urgences, hébergés dans les locaux des hôpi­taux publics, ont tout intérêt à deman­der aux ser­vices mobiles (SMUR), aux ser­vices d’aide médi­cale d’ur­gences (SAMU) et aux pom­piers d’emmener les patients vers les hôpi­taux publics. C’est par­fois totale­ment absurde alors que, par­fois, il y a une clin­ique pas loin dotée d’un ser­vice d’ur­gences et qui pour­raient très bien gér­er ces malades », pour­suit Lamine Ghar­bi.
« Ce ‘détourne­ment de patient’ – qui ne dit pas son nom – au prof­it du secteur pub­lic se fait dans un but bien pré­cis : engranger de l’ac­tiv­ité et donc des recettes. Il serait plus effi­cace de met­tre en place pour le ser­vice pub­lic des urgences des logiques de coor­di­na­tion à l’échelle des ter­ri­toires ».
La FHP-MCO demande donc la mise en œuvre de logiques de ter­ri­toires pour le ser­vice pub­lic des urgences afin de met­tre un terme à ces cloi­son­nements qui pénalisent la pop­u­la­tion.
A ce titre, une dou­ble régu­la­tion est néces­saire: tout d’abord, struc­turelle, afin de déter­min­er le nom­bre d’opéra­teurs de san­té présents sur un ter­ri­toire don­né et leurs capac­ités à accueil­lir des patients en urgence; et ensuite, une régu­la­tion en temps réel, pour veiller à affecter les patients là où ils pour­ront être pris en charge le plus rapi­de­ment.

3. L’efficience passe par la néces­saire mise en œuvre des textes

Plusieurs textes, dont un décret de 2006, prévoient déjà que dans chaque région, des réseaux d’ur­gences soient créés afin d’or­gan­is­er la prise en charge des urgences, mais leur appli­ca­tion tarde tou­jours à venir.
« Nous deman­dons à ce que les ARS, en con­cer­ta­tion avec les opéra­teurs hos­pi­tal­iers publics et privés, s’emparent enfin de cette ques­tion, plutôt que de remet­tre en cause les finance­ments spé­ci­fiques des ser­vices spé­cial­isés du type SOS Mains ou SOS Cœur, comme on peut le voir dans cer­taines régions, au nom de pré­ten­dues économies à faire et qui, au final, pénalisent les patients », con­clut le prési­dent de la FHP-MCO.