Dr Michel Cymes, présen­ta­teur du Mag­a­zine de la san­té au quo­ti­di­en sur France 5, nous livre son espoir de voir la médecine préven­tive se dévelop­per.


Vous faites un tra­vail d’in­for­ma­tion publique depuis plusieurs années, ne pensez-vous pas que les étab­lisse­ments de san­té pour­raient eux aus­si devenir des lieux d’é­d­u­ca­tion et de con­seil ? Per­son­ne n’a et ne devrait avoir le mono­pole de l’information en matière de san­té, de l’éducation du patient. J’ai la chance d’avoir un « cab­i­net » d’un mil­lion de patients, et bien sûr, notre voix porte beau­coup. Mais la prox­im­ité, elle doit se trou­ver au sein des cab­i­nets, des étab­lisse­ments de san­té, privés ou publics. C’est là aus­si que cette infor­ma­tion doit cir­culer et ce quelle que soit la forme prise par le média. Fich­es, dépli­ants, affich­es… c’est en répé­tant les mes­sages qu’ils finis­sent pas être enten­dus.

Quels seraient selon vous les impacts d’une médecine plus préven­tive que cura­tive ? La médecine sera préven­tive. Il sem­ble que nos respon­s­ables de la San­té en France com­men­cent à com­pren­dre l’importance de l’enjeu. Marisol Touraine veut d’ailleurs la met­tre en avant. Le développe­ment extra­or­di­naire des objets con­nec­tés est le sym­bole de ce que sera la médecine de demain. Prévenir pour ne pas avoir à guérir… Et con­naître son corps, le maîtris­er, le choy­er, être à son écoute, mais sans tomber dans l’excès hypocon­dri­aque… C’est surtout la Sécu­rité sociale et les com­plé­men­taires san­té qui vont appréci­er !

Qu’est-ce que le méti­er de médecin aurait à y gag­n­er ? Le médecin passerait du statut de « trai­tant » à celui de « prévenant »… plus qu’aujourd’hui. A con­di­tion que les médecins don­nent des con­seils aux patients pour lut­ter con­tre cer­tains fac­teurs de risques, mais ils ont telle­ment de tra­vail pour la prise en charge des patholo­gies que la préven­tion n’est pas leur pri­or­ité, et on le com­prend. Pour­tant ils ont plus d’influence que n’importe qui auprès de patients qui leur font con­fi­ance. Là aus­si, nous devons essay­er, à notre niveau, de faire pass­er des mes­sages de préven­tion et c’est au médecin de con­cré­tis­er notre dis­cours.