La FHP-MCO, syn­di­cat des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) de la Fédéra­tion de l’hospitalisation privée, regrette que l’Etat ne pousse pas davan­tage les hôpi­taux publics à faire cer­ti­fi­er leurs comptes, comme c’est déjà le cas pour les clin­iques et hôpi­taux privés.

« Nos étab­lisse­ments sont soumis, comme toute entre­prise, à l’obligation légale de cer­ti­fi­ca­tion des comptes par des com­mis­saires aux comptes. Tout est donc par­faite­ment trans­par­ent. En revanche, il est stupé­fi­ant de con­stater que si peu d’hôpitaux soient en mesure aujourd’hui encore de faire cer­ti­fi­er leurs comptes par la Cour des Comptes », affirme Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO, qui regroupe quelque 600 étab­lisse­ments.

La Cour des Comptes a ren­du pub­lic cette semaine un rap­port sur la qual­ité des comptes des admin­is­tra­tions publiques, notam­ment des organ­ismes dépen­dant des assur­ances sociales (Odass), com­prenant pour les hôpi­taux publics et asso­ci­at­ifs. La Cour relève que seule­ment 28% des struc­tures ont trans­mis leurs rap­ports compt­a­bles aux fins de cer­ti­fi­ca­tion.

« C’est un chiffre extrême­ment faible, alors que l’an prochain, la loi prévoit que 100% des étab­lisse­ments publics devront trans­met­tre leur rap­port compt­able à la Cour des Comptes », relève Lamine Ghar­bi.

La loi HPST (2009) prévoit l’obligation de cer­ti­fi­ca­tion pour une par­tie à par­tir des comptes de l’ex­er­ci­ce 2014, cepen­dant le décret n’est tou­jours pas paru.

La FHP-MCO exprime mal­heureuse­ment sa crainte que le gou­verne­ment institue un nou­veau report pour la cer­ti­fi­ca­tion des comptes hos­pi­tal­iers publics, comme il vient de le faire pour la fac­tura­tion indi­vidu­elle des hôpi­taux publics, dont l’obligation a été repoussée à 2018 par la min­istre de la San­té.

« On peut légitime­ment s’étonner que dans notre pays soi-dis­ant mod­erne des struc­tures publiques – et donc vivant de l’argent des con­tribuables – ne soient tou­jours pas capa­ble en 2014 de faire cer­ti­fi­er leurs comptes et d’émettre une fac­ture indi­vidu­elle par patient, deux oblig­a­tions sim­ples que nos étab­lisse­ments rem­plis­sent depuis des années », ajoute le prési­dent de la FHP-MCO.

« Est-ce par peur que les patients s’aperçoivent que les tar­ifs des clin­iques et hôpi­taux privés sont de 22% inférieurs à ceux des hôpi­taux publics pour une même presta­tion ? », s’interroge Lamine Ghar­bi.