La FHP-MCO, syn­di­cat des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) de la Fédéra­tion de l’hospitalisation privée, dénonce l’adoption à l’Assemblée nationale de l’article 33 du pro­jet de loi de finance­ment de la Sécu­rité sociale (PLFSS 2014) présen­té par le gou­verne­ment et qui instau­re une dégres­siv­ité des tar­ifs, au-delà d’un cer­tain vol­ume d’activité par étab­lisse­ment.

Cepen­dant, les débats par­lemen­taires vont se pour­suiv­re au Sénat. Il nous faut per­sévér­er dans nos actions en touchant les séna­teurs et en organ­isant la sai­sine du Con­seil con­sti­tu­tion­nel.

Depuis le début, nous soulignons avec force et fer­meté notre oppo­si­tion à un dis­posi­tif qui n’a pas de sens pour trois raisons majeures :

  • Tout d’abord, con­cer­nant la dégres­siv­ité des tar­ifs, elle n’a de sens médi­co-économique que dans l’hypothèse d’activités avec des coûts fix­es élevés qui, dès lors qu’ils sont amor­tis, peu­vent con­duire à une dégres­siv­ité tar­i­faire cohérente. Or, les études réal­isées par la DGOS (Direc­tion générale de l’offre de soins) sur les effets de taille et/ou de gamme n’ont jamais pu démon­tr­er l’existence d’économies d’échelles en lien avec les vol­umes réal­isés des étab­lisse­ments de san­té. En effet, notre secteur est avant tout un secteur de ser­vice dont le pre­mier poste de charge est à plus de 50% les rémunéra­tions et charges y afférentes (et même 70% dans les étab­lisse­ments de san­té publics et ESPIC).
  • Ensuite, l’ON­DAM (Objec­tif nation­al des dépens­es de l’assurance mal­adie) voté est bien respec­té depuis trois ans, voire même sous-exé­cuté pour notre secteur. De plus, la mise en œuvre du coef­fi­cient pru­den­tiel dans la LFSS 2013 vient déjà apporter une dou­ble garantie sur le respect des objec­tifs de dépens­es. La jus­ti­fi­ca­tion des grands équili­bres macro-économiques ne tient donc pas et nous ne com­prenons pas l’ob­jec­tif poli­tique.
  • Enfin, il n’est pas pos­si­ble de pénalis­er un étab­lisse­ment indis­pens­able dans un ter­ri­toire, et dynamique parce que seul à réalis­er telle ou telle activ­ité de soins, ou cer­tains étab­lisse­ments spé­cial­isés sur des domaines ou la demande de soins est en forte pro­gres­sion, de manière objec­tive (can­cérolo­gie, insuff­i­sance rénale). Le rap­port charges et pro­duits pour 2014 de la CNAMTS mon­tre que cer­taines mal­adies chroniques pro­gressent jusqu’à 7 % par an, sans que la per­ti­nence des soins ne soit con­testable.

Par ailleurs, le coût, la com­plex­ité et les dif­fi­cultés d’application de la mesure envis­agée, étab­lisse­ment par étab­lisse­ment, ne sont pas éval­ués et sont en réal­ité dis­pro­por­tion­nés au regard de l’enjeu.

Cette démarche de demande de sup­pres­sion est effec­tuée avec le sou­tien d’autres fédéra­tions hos­pi­tal­ières, la FEHAP et UNICANCER.

Vous trou­verez ci-joint la let­tre adressée aux séna­teurs ain­si que, ci-dessous, un fly­er dénonçant cette mesure inique.

Cor­diale­ment à vous,

Lamine GHARBI

Prési­dent FHP-MCO

 

À télécharg­er : la let­tre envoyée aux séna­teurs + le fly­er.