La FHP-MCO, syn­di­cat des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) de la Fédéra­tion de l’hospitalisation privée, dénonce l’adop­tion à l’Assem­blée nationale de l’ar­ti­cle 33 du Pro­jet de loi de finance­ment de la sécu­rité sociale (PLFSS 2014) présen­té par le gou­verne­ment et qui instau­re une dégres­siv­ité des tar­ifs, au-delà d’un cer­tain vol­ume d’ac­tiv­ité par étab­lisse­ment.
 
“Cet amende­ment est lib­er­ti­cide et porte atteinte à la lib­erté de nos conci­toyens de se faire soign­er. Il fait entr­er la san­té dans une logique de rationnement dan­gereuse et inac­cept­able, en décré­tant qu’au-delà d’un cer­tain nom­bre de patients, la presta­tion de soins sera payée à un tarif moin­dre par l’as­sur­ance-mal­adie”, affirme Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO.
 
“On ne con­naît même pas les critères qui vont présider à ces coupes: ils seront fixés par décret, après le vote de la loi. Pour les patients, c’est une grave entorse au principe con­sti­tu­tion­nel d’ac­cès uni­versel aux soins. Pour les pro­fes­sion­nels de san­té, cela va les démo­tiv­er de tra­vailler plus, puisque l’hôpi­tal pour­rait avoir à dire aux patients: désolé, nous avons atteint notre quo­ta pour l’an­née, allez vous faire soign­er dans un autre étab­lisse­ment. C’est une atteinte à la lib­erté de choix des patients, un non-sens économique et une entrave à la lib­erté d’en­tre­prise”, pour­suit-il.
 
La FHP-MCO dénonce avec la plus grande vigueur une telle mesure qui va intro­duire une com­plex­ité sans pareille dans la ges­tion des étab­lisse­ments et qui con­stituerait l’aboutisse­ment d’une étati­sa­tion com­plète de la san­té. Elle demande aux séna­teurs qui vont exam­in­er le texte de faire enten­dre la voix de la rai­son.
Surtout, elle met en garde con­tre les con­séquences inat­ten­dues et dra­ma­tiques d’une telle mesure, si elle était appliquée.
 
“Imag­ine-t-on des files d’at­tente devant un cen­tre de lutte con­tre le can­cer, parce que celui d’à côté, aura atteint son vol­ume d’ac­tiv­ité ? Imag­ine-t-on un chirurgien à qui l’on dirait au-delà de la 200e opéra­tion de l’é­paule, vous serez payé moins ? Imag­ine-t-on un médecin de ville à qui on dirait, au-delà de la mil­lième con­sul­ta­tion, celle-ci sera rémunérée 20 euros au lieu de 23 ? Est-ce que tous les patients ne se valent pas ? C’est absurde !”, s’in­surge Lamine Ghar­bi.