Les admin­is­tra­teurs tra­vail­lent. Les réu­nions du con­seil d’ad­min­is­tra­tion affichent un taux de par­tic­i­pa­tion de près de 80%. Aujour­d’hui, ils sont plus de 40 pour ce deux­ième jour du con­seil d’ad­min­is­tra­tion stratégique annuel. Au menu beau­coup de tech­nique juridique, économique pour faire néces­saire­ment le point mais surtout décider ensem­ble des posi­tions que le syn­di­cat défendra aux nom­breuses réu­nions du min­istère. C’est à l’aune du principe fon­da­men­tal d’é­gal­ité de droits et devoirs entre les secteurs hos­pi­tal­iers que nous analysons les évo­lu­tions règle­men­taires, économiques, organ­i­sa­tion­nelles, san­i­taires. Défendre mais aus­si pro­pos­er. Même si le principe de la T2A n’est pas remis en cause par ce nou­veau gou­verne­ment, une réforme de cette réforme est en route. Don­ner des gages à l’hôpi­tal, ne pas s’al­ién­er le secteur privé, la marge est étroite. Nous suiv­ons pas à pas ce work in progress. Le finance­ment demain pren­dra en compte les fil­ières de soin et la qual­ité ; nous avons des cartes à jouer. Défendre, pro­pos­er, éla­bor­er une stratégie. Les lignes rouges, qui franchies par nos tutelles motiveront une stratégie forte de riposte, seront appré­ciées au fil des sit­u­a­tions. Une grad­u­a­tion sera élaborée selon que ce ou ces principes étab­lis seront respéc­tés, men­acés ou encore bafoués. A la vision macro s’a­joutera la vision micro, con­fir­mant ain­si la défense de l’e­spèce et celle de l’in­di­vidu.

Lamine GHARBI
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

 Espic : une sit­u­a­tion finan­cière dégradée
La sit­u­a­tion budgé­taire des ESPIC s’est glob­ale­ment dégradée de 2009 à 2011 déclare la FEHAP. Dans l’ensem­ble, l’é­tude qui porte sur 403 étab­lisse­ments (= 81%) con­state “une sit­u­a­tion budgé­taire qui se détéri­ore”, une sit­u­a­tion des bilans compt­a­bles “équili­brée mais au prix d’un investisse­ment inférieur aux besoins de renou­velle­ment des étab­lisse­ments”. Leurs taux de déficit ont aug­men­té de 2010 à 2011, sauf pour les “petits” étab­lisse­ments (moins de 30 mil­lions d’eu­ros de bud­get) situés hors T2A. Dans le même temps, le nom­bre d’étab­lisse­ments défici­taires a bais­sé, de 138 en 2009 à 128 en 2011 (32% de l’échan­til­lon), essen­tielle­ment par­mi ceux hors T2A. “De manière générale”, les “gros” étab­lisse­ments “affichent des per­for­mances budgé­taires plus faibles que les autres”, selon l’é­tude. Le niveau de capac­ité d’aut­o­fi­nance­ment (CAF) “sem­ble sat­is­faisant” mais la tré­sorerie se réduit partout, sauf chez les “gros hors T2A”.

 

 Can­cer : les patients plébisci­tent l’hos­pi­tal­i­sa­tion de jour
Près de 8 per­son­nes sur 10 (79%) jugent préférable l’hos­pi­tal­i­sa­tion de jour dans la prise en charge du can­cer, (ver­sus 16% pour une hos­pi­tal­i­sa­tion clas­sique), selon les résul­tats d’un baromètre can­cer réal­isé par Viavoice pour l’In­sti­tut Curie. Ce sont surtout les femmes (85%) et les plus de 35 ans qui préfèrent l’hos­pi­tal­i­sa­tion de jour. Elle per­met de ne pas être exclu de la vie sociale, de rester auprès des siens. Elle évite au patient d’être seul (pour 53%). La préser­va­tion du moral et de l’équili­bre psy­chologique sont évo­qués (31%) et le fait de garder un mode de vie nor­mal ou son envi­ron­nement habituel (27%). Ce baromètre mon­tre aus­si l’e­spoir des Français dans le pro­grès puisque 65% des per­son­nes inter­rogées esti­ment que le can­cer est une mal­adie que l’on guérit de mieux en mieux, et 72% à penser que l’on peut retrou­ver la même vie après un can­cer (en hausse de 6% par rap­port à 2011). Par­mi les élé­ments amélio­rant la qual­ité de vie des patients, 70% des per­son­nes inter­rogées citent le fait d’être bien infor­mé sur sa mal­adie et pour 68% d’en­tre eux, la pos­si­bil­ité d’échang­er avec des pro­fes­sion­nels de san­té.

 

Vio­lence hos­pi­tal­ière : pour une meilleure for­ma­tion des soignants
L’Or­dre nation­al des infir­miers (ONI) s’est dit favor­able à ce que ces pro­fes­sion­nels béné­fi­cient de davan­tage de for­ma­tion à la ges­tion de l’a­gres­siv­ité des patients présen­tant les résul­tats d’un sondage auprès de 978 infir­miers (salariés et libéraux à parts égales) : 38% se dis­ent fréquem­ment ou quo­ti­di­en­nement vic­times de vio­lences ver­bales, 20% affir­ment être régulière­ment con­fron­tés à des men­aces ou intim­i­da­tions et 8% à des vio­lences physiques. 15% dis­ent être quo­ti­di­en­nement ou fréquem­ment vic­times de har­cèle­ment moral. 81% se déclar­ent préoc­cupés par la vio­lence poten­tielle sur leurs lieux de tra­vail. Pour y remédi­er, 85% se mon­trent favor­ables à une meilleure for­ma­tion à la ges­tion de l’a­gres­siv­ité, 82% à une aug­men­ta­tion des effec­tifs de soignants et 80% à une meilleure adap­ta­tion des lieux de tra­vail. 79% approu­vent une présence accrue d’a­gents de sécu­rité dans les hôpi­taux, mais seuls 36% voient dans la présence de policiers une réponse adap­tée. L’Or­dre estime que ces résul­tats traduisent une “forte inquié­tude des infir­miers, libéraux comme salariés du pub­lic et du privé”.

Pour rap­pel, Marisol Touraine et Manuel Valls ont déclaré que la lutte con­tre les vio­lences dans les étab­lisse­ments de san­té pas­sait par une actu­al­i­sa­tion des con­ven­tions qu’ils ont signées avec les ser­vices des forces de sécu­rité de l’E­tat. La min­istre a toute­fois rap­pelé que “l’hôpi­tal ce n’est pas un quarti­er de sécu­rité” et “qu’il fal­lait rester raisonnable et respon­s­able”. Plusieurs organ­i­sa­tions pro­fes­sion­nelles avaient inter­pel­lé le min­istère : présence ren­for­cée des forces de l’or­dre demandé par la FHF, créa­tion d’un nou­veau méti­er de pro­fes­sion­nel de l’ac­cueil hos­pi­tal­ier par le Samu-urgence de France. L’AP-HM présen­tait cette semaine un plan de 30 mesures jugées pri­or­i­taires pour lut­ter con­tre la vio­lence à l’hôpi­tal.

CICE : nou­v­el épisode le 19 sep­tem­bre
Les qua­tre députés chargés de la mis­sion sur les dif­féren­tiels de charges entre secteurs (un dis­posi­tif adop­té dans le cadre de la loi de finances rec­ti­fica­tive pour 2012), por­tant notam­ment sur l’im­pact du CICE dans le secteur san­i­taire et médi­co-social, devraient remet­tre leur rap­port le 19 sep­tem­bre à Matignon.

Des nouvelles…de vous
La clin­ique du Bon Sec­ours à Chartres du groupe Clin­ique Développe­ment vient de faire l’ac­qui­si­tion d’un robot Da Vin­ci. Cela porte le parc de robots dans le secteur privé à presque une trentaine.

Les hôpi­taux locaux devi­en­nent des cen­tres hos­pi­tal­iers locaux
L’As­so­ci­a­tion nationale des hôpi­taux locaux (ANHL) a voté le change­ment d’ap­pel­la­tion des ex-hôpi­taux locaux qui devi­en­nent des “cen­tres hos­pi­tal­iers locaux”. Cette nou­velle désig­na­tion fait suite à la loi HPST qui avait fait per­dre aux hôpi­taux locaux leur dénom­i­na­tion juridique. Il était alors devenu dif­fi­cile de les iden­ti­fi­er et de les réper­to­ri­er, déclare l’as­so­ci­a­tion.

Semaine de la mobil­ité : vous bougez com­ment ?
Lun­di prochain, le 16 sep­tem­bre, mar­que le début de la semaine européenne de la mobil­ité. Cette 12e édi­tion est axée au niveau nation­al sur le thème des déplace­ments domi­cile tra­vail. Cette semaine est l’occasion de met­tre en avant les ini­tia­tives des acteurs publiques et privés pour faire face aux prob­lèmes de trans­ports et leurs impacts sur la san­té des citoyens. Si les étab­lisse­ments de san­té privés mon­trent encore et tou­jours la voie dans l’innovation en san­té et la prise en charge des patients, ils sont aus­si de plus en plus con­scients que soign­er c’est « d’abord ne pas nuire ». Aus­si, ils se doivent d’être exem­plaire et force de propo­si­tion sur des thèmes cen­traux du bien-être col­lec­tif à l’instar de la mobil­ité et des trans­ports. Pour ne citer qu’un exem­ple, l’année dernière, les clin­iques Sar­rus Tein­turi­ers et Saint-Nico­las à Toulouse ont établi une con­ven­tion avec le ser­vice cov­oiturage du réseau de trans­port en com­mun de l’agglomération toulou­saine TISSEO. Cette semaine est l’occasion de met­tre en avant vos ini­tia­tives pour pro­mou­voir la mobil­ité au sein de votre étab­lisse­ment, que ce soit auprès du per­son­nel ou des patients. N’hésitez pas à les faire remon­ter au C2DS, tou­jours prêt à met­tre en avant les bonnes pra­tiques des étab­lisse­ments et à essaimer les bonnes idées. Vous pou­vez égale­ment vous informer et par­ticiper aux appels à pro­jets des parte­naires du min­istère de l’écologie pour cette semaine : Ademe, GIE Trans­portFUBAF3VClub des villes et ter­ri­toires cyclables. Et si on bougeait autrement ?