Quels sont les chiffres du don d’or­gane en France ?

En 2012, pour la pre­mière fois, le seuil des 5 000 greffes a été franchi, 5 023 greffes d’organes ont été réal­isées en France. C’est un résul­tat très encour­ageant pour les malades. Cepen­dant, de plus en plus de malades sont inscrits chaque année sur la liste nationale d’attente. En effet, le suc­cès de cette thérapeu­tique et le vieil­lisse­ment de la pop­u­la­tion entraî­nent un recours tou­jours plus fréquent à la greffe d’organes par les médecins. Ain­si, en 2012, 17 627 malades ont eu besoin d’une greffe. Plus de 88 000 patients ont été gref­fés en France depuis 1991. Plus de 50 000 per­son­nes étaient por­teuses d’un gref­fon fonc­tion­nel en 2012. Le plan greffe 2012–2016 affirme la volon­té du Gou­verne­ment, relayée par les direc­tions des ARS, que la greffe devi­enne une pri­or­ité au sein de l’hôpital. Pour cela, l’Agence de la bio­médecine est au ser­vice de tous pour faciliter la mise en œuvre de ce nou­veau plan greffe. Voici un aperçu des axes stratégiques de développe­ment de la greffe :
— Inscrire la greffe dans une fil­ière de soins.
— Dévelop­per toutes les pos­si­bil­ités de prélève­ment.
— Ren­forcer les sys­tèmes de qual­ité et de sécu­rité san­i­taire.
— Aug­menter la diver­sité géné­tique des don­neurs de cel­lules souch­es hématopoïé­tiques.

Pourquoi est-ce impor­tant de trans­met­tre sa posi­tion à ses proches ? Quand et com­ment peut-on le faire ?

En France, selon la loi, nous sommes tous con­sid­érés comme don­neurs d’organes poten­tiels, à moins d’avoir exprimé notre oppo­si­tion. C’est ce que l’on appelle le con­sen­te­ment pré­sumé. Con­for­mé­ment à la loi, quand une per­son­ne décède à l’hôpital et que le prélève­ment d’organes est pos­si­ble, l’équipe médi­cale con­sulte oblig­a­toire­ment le Reg­istre nation­al des refus tenu par l’Agence de la bio­médecine. Si le nom du défunt n’y fig­ure pas, la loi impose à l’équipe médi­cale d’interroger la famille pour véri­fi­er que leur proche n’était pas opposé au don d’organes. Les médecins ne vont jamais à l’encontre de l’expression d’une oppo­si­tion par ses proches. Ne pas com­mu­ni­quer son choix pour le don de ses organes à ses proches, c’est les expos­er au risque d’une déci­sion dif­fi­cile, dans un moment de deuil déjà très douloureux. Bien que 81 % de la pop­u­la­tion française soit favor­able aux dons d’organes, seuls 49 % trans­met­tent effec­tive­ment leur posi­tion à leurs proches (Sondage Ipsos, mars 2012).

Jusqu’à quel âge peut-on don­ner un organe ? Y a‑t-il une lim­ite d’âge ?

Tout le monde peut être amené à recevoir, un jour, une greffe d’organe. Tout le monde peut égale­ment être amené à don­ner ses organes : jeune ou âgé, con­traire­ment aux idées reçues, il n’y a pas de con­tre-indi­ca­tion au don en lien avec l’âge avancé. Le prélève­ment sur per­son­nes décédées peut être envis­agé même si celles-ci étaient sous traite­ment médi­cal ou avaient des antécé­dents médi­caux lourds. Les médecins sont seuls juges, au cas par cas, de l’opportunité du prélève­ment au moment du décès et de la qual­ité de cha­cun des organes. Aujourd’hui, le prélève­ment est pos­si­ble à tout âge. C’est à tort que les per­son­nes de plus de 60 ans pensent sou­vent être exclues du don d’organe et de la greffe du fait de leur âge. En effet, la moyenne d’âge des don­neurs prélevés est passée de 40 ans en 1999 à 54,5 ans en 2012. 32,6 % des don­neurs ont plus de 65 ans en 2012. Il est pos­si­ble de recevoir un organe jusqu’à plus de 70 ans.