Les représen­tants des usagers sont présents dans le périmètre san­i­taire français depuis 1996. Au début sim­ples con­cil­i­a­teurs, leur rôle a bien évolué depuis. Mais les per­spec­tives d’amélioration et de recon­nais­sance sont encore nom­breuses.

« Le Représen­tant des Usagers n’est pas l’avocat du malade, il est là entre autres pour  veiller au respect de ses droits »

Les représen­tants des usagers ont pour mis­sion prin­ci­pale d’informer et con­seiller les usagers.

Ils représen­tent tous les usagers, indépen­dam­ment de l’association à laque­lle ils appar­ti­en­nent.
Dans les étab­lisse­ments de san­té, ils siè­gent au sein de la Com­mis­sion des rela­tions des usagers et de la qual­ité de prise en charge (CRUQPC).

Ils sont à l’écoute des patients et de leur entourage mais tra­vail­lent égale­ment avec les pro­fes­sion­nels pour amélior­er l’efficience de la qual­ité de la prise en charge.

Que ce soit pour des prob­lèmes de nui­sances (bruits, vols, etc…), de qual­ité de la restau­ra­tion ou des évène­ments médi­caux plus graves, suite à des dys­fonc­tion­nements avérés ou sup­posés. Les représen­tants des usagers reçoivent de nom­breuses remon­tées de la part des patients.
« Le représen­tant des Usagers doit alors être capa­ble de pren­dre du recul, pour analyser ces récla­ma­tions et faire ensuite le lien avec la Direc­tion et/ou les équipes médi­cales » explique Jean-Luc Plavis, Chargé de Mis­sion du Col­lec­tif Inter asso­ci­atif Sur la San­té d’Ile-de-France (CISS IDF).

« Les usagers atten­dent d’être écoutés et enten­dus. Ce qui n’est pas tou­jours le cas de la part des pro­fes­sion­nels de san­té, compte tenu entre autres de leur charge de tra­vail ».

De leur côté, les pro­fes­sion­nels de san­té et en par­ti­c­uli­er les médi­a­teurs-médecins, font de plus en plus appel aux représen­tants des usagers face à des sit­u­a­tions médi­cales graves. « Les représen­tants des usagers devraient être plus impliqués dans le proces­sus de médi­a­tion».

« Au sein des clin­iques privées, les rap­ports avec les médecins libéraux y exerçants sont plus com­pliqués. En effet venant de la médecine de ville, leur impli­ca­tion dans la vie de l’établissement est par­fois moin­dre, et les moments d’échanges avec les Représen­tants des Usagers moins fréquents ». Pour Jean-Luc Plavis « les représen­tants des usagers ne doivent plus être can­ton­nés au san­i­taire. Il faut inve­stir la médecine de ville, en par­al­lèle pour éviter la rup­ture du soin, dans un par­cours de san­té mal coor­don­né».

Mécon­nus du grand pub­lic

Leur rôle pour­tant cru­cial dans la rela­tion usagers/établissements est sou­vent mécon­nu du grand pub­lic. Même si chaque étab­lisse­ment a l’obligation d’afficher la liste des mem­bres de la CRUQPC, dont les représen­tants des usagers. Le con­tact réel avec les usagers dépend forte­ment de l’implication de l’équipe dirigeante.

« Il manque aus­si un véri­ta­ble coup de pouce de la part des pou­voirs publics pour faire con­naître et recon­naître le  Représen­tant des Usagers» déplore Jean-Luc Plavis.

Il regrette égale­ment le manque de moyens mis à la dis­po­si­tion des bénév­oles : «si on veut assur­er sa mis­sion cor­recte­ment, il faut être disponible et bien for­mé ». Ain­si beau­coup de  représen­tants sont des retraités bien impliqués. Pour les salariés, il existe des con­gés pour représen­ta­tion (9 jours par an). « Mais ce n’est pas suff­isant » selon lui.

Pour ne rien faciliter, il existe une con­fu­sion pour les usagers avec les «Chargé(e)s des rela­tions avec les usagers » qui sont eux salariés de l’établissement. « Ils ont donc for­cé­ment un point de vue insti­tu­tion­nel, alors que les représen­tants des usagers qui sont bénév­oles, vien­nent d’associations agréées et donc plus libres vis-à-vis des Pro­fes­sion­nels de l’établissement».

« On avance, notre volon­té est vivace ».

Mais le sujet évolue et de bonnes ini­tia­tives nais­sent : maisons des usagers, cam­pagne d’information com­mune, de plus en plus de per­ma­nences au sein des étab­lisse­ments, mais égale­ment des pro­jets labélisés « droits des patients » portés par des pro­fes­sion­nels et des Représen­tants des Usagers, comme par exem­ple les for­ma­tions de la FHP en Ile-de-France en parte­nar­i­at avec le CISS IDF.

« Pour faire avancer les droits des usagers, il faut davan­tage de trans­parence et de volon­té. A tous les niveaux (…) Il faut insuf­fler un esprit de con­fi­ance et de respon­s­abil­ité partagée entre les pro­fes­sion­nels de san­té, la Direc­tion et les Représen­tants des Usagers » con­clut Jean-Luc Plavis.