Vous étiez l’in­vité du con­seil d’ad­min­is­tra­tion de la FHP-MCO hier mer­cre­di, quelles étaient vos impres­sions au sor­tir de ces échanges ?
C’est tou­jours enrichissant d’échanger avec des pro­fes­sion­nels qui ont véri­ta­ble­ment la pra­tique des mécan­ismes économiques. J’ai
été enchan­té par la qual­ité des échanges, l’assistance était vrai­ment affûtée sur la com­préhen­sion des mécan­ismes de régu­la­tion du finance­ment des clin­iques et des hôpi­taux. C’était un échange extrême­ment intéres­sant.

Que répon­dez-vous aux directeurs d’établissements privés qui vous font part de leurs dif­fi­cultés à équili­br­er leurs comptes ?
Nous com­prenons bien évidem­ment les dif­fi­cultés économiques des clin­iques, cepen­dant, elles se retrou­vent dans les mêmes pro­por­tions dans les autres secteurs. Entre 40 et 45% d’établissements en déficit est la norme pour les étab­lisse­ments de soins en France, il n’y a donc à ce titre pas de spé­ci­ficité du privé, ni de spé­ci­ficité dans les moyens accordés. Il ne faut pas oubli­er de met­tre en adéqua­tion les dif­fi­cultés du secteur et l’environnement macro-économique. Dans un pays où le PIB stagne depuis deux ans, accorder une crois­sance de 2,5% aux étab­lisse­ments de san­té, leur don­ner une garantie de cette crois­sance est un sig­nal extrême­ment fort du gou­verne­ment et mon­tre l’importance pri­or­i­taire qu’il accorde à la san­té dans son ensem­ble. D’autres secteurs n’ont pas les mêmes garanties. Il suf­fit de tra­vers­er les Pyrénées pour se ren­dre compte à quel point les temps sont durs. En Espagne, les bud­gets hos­pi­tal­iers ont bais­sé de 15%. L’effort d’adaptation demandé aux acteurs est indé­ni­able, les étab­lisse­ments sont soumis à des fortes ten­sions micro-économiques, mais cela reste moins impor­tant qu’ailleurs.

Quelles sont les per­spec­tives pour le secteur privé ?
Evidem­ment, nous souhaitons par­venir à met­tre en place des tar­ifs qui se rap­prochent de plus en plus des études de coûts. Il faut que les étab­lisse­ments parvi­en­nent à la neu­tral­ité finan­cière, c’est-à-dire qu’il y ait une redis­tri­b­u­tion pro­gres­sive des séjours sur-fac­turés vers les séjours sous-faturés. Pour un chef d’établissement, cela implique de réfléchir à ses activ­ités et d’embarquer les oppor­tu­nités qui vont s’ouvrir suite à la mise en place des par­cours de soins. Les par­cours de soins don­nent aux étab­lisse­ments la pos­si­bil­ité de repenser sur le long terme leur stratégie de soins. Ces nou­velles modal­ités de régu­la­tion aboutiront à une cohérence plus grande, et à une con­sol­i­da­tion économique du secteur, comme elle s’est engagée depuis plusieurs années déjà. Aujourd’hui, les étab­lisse­ments sont soit spé­cial­isés, soit poly­va­lents. Il me sem­ble que la spé­cial­i­sa­tion per­met la mise en œuvre d’unités de soins de pointe. La spé­cial­i­sa­tion ne doit cepen­dant pas être syn­onyme d’isolement, mais d’intégration dans un par­cours de san­té. Il faut amen­er les acteurs à se pos­er les bonnes ques­tions sur le reten­tisse­ment des poli­tiques macro-économiques sur le micro-économique de leurs étab­lisse­ments. Pour moi, le but de cette ren­con­tre était de don­ner aux acteurs autant de clés de com­préhen­sion que pos­si­ble, pour qu’ils puis­sent se pro­jeter au mieux dans l’avenir, dans un panora­ma san­i­taire appelé à chang­er rapi­de­ment ces prochaines années.