La FHP-MCO, syn­di­cat des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) de la Fédéra­tion de l’hospitalisation privée, dénonce la baisse con­tre-pro­duc­tive et inique annon­cée par le gou­verne­ment des tar­ifs hos­pi­tal­iers pour 2013, une déci­sion qui men­ace l’emploi, les investisse­ments et la survie de nom­breux étab­lisse­ments privés.

« La baisse des tar­ifs annon­cés par le gou­verne­ment en 2013 est mar­quée au sceau de l’iniquité entre secteur pub­lic et secteur privé, sachant que plus d’un tiers de nos étab­lisse­ments sont déjà dans le rouge », a affir­mé Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO, qui regroupe 600 clin­iques et hôpi­taux privés.

Près de 35% des clin­iques, qui font tra­vailler 200.000 salariés et médecins libéraux, sont en déficit. La plu­part des étab­lisse­ments ont freiné leurs investisse­ments et les salaires des per­son­nels con­ven­tion­nels sont pra­tique­ment gelés depuis qua­tre ans.

La FHP-MCO rap­pelle que le secteur a réal­isé des efforts de pro­duc­tiv­ité sans précé­dent — 12% sur les trois dernières années — pour par­venir à sur­vivre, alors que leurs charges aug­men­taient.

« Nos tar­ifs n’ont pas aug­men­té depuis trois ans, alors que nos charges n’arrêtent pas de croître. Nous subis­sons la hausse de l’inflation. Ces nou­velles mesures vont impacter défa­vor­able­ment l’investissement et l’emploi, ce qui est totale­ment impro­duc­tif par rap­port aux vœux du prési­dent de la République en faveur de la lutte con­tre le chô­mage », souligne Lamine Ghar­bi.

La FHP-MCO fustige égale­ment la préférence don­née une nou­velle fois au secteur pub­lic sans ambiguïté.

  • Le secteur privé pénal­isé : alors qu’il a con­nu une sous-exé­cu­tion de son enveloppe en 2012, cor­re­spon­dant à 1,3% d’augmentation tar­i­faire, il est mal­gré tout pénal­isé par une baisse de 0,21%. en 2013. Et ce alors que les tar­ifs des clin­iques et hôpi­taux privés sont déjà de 22% inférieurs à ceux de l’hôpital pub­lic. Quelle est la logique et l’explication de cette poli­tique, sinon pure­ment idéologique ?
  • Des prévi­sions irréal­istes : en 2012 avait été fixé un vol­ume prévi­sion­nel 2012 à 2,4%. Avec un vol­ume réal­isé en 2012 à 3,5% pour les étab­lisse­ments de san­té publics et asso­ci­at­ifs (ESPIC) et à 2% pour les étab­lisse­ments de san­té privés, les deux secteurs ne sont pas traités de manière équitable pour les prévi­sions 2013, à savoir 2% pour le privé et 2,8% pour le pub­lic. Dans un cas,  une hypothèse est con­forme au réal­isé 2012 et l’autre fait preuve d’un opti­misme débor­dant. Il sera dif­fi­cile de tenir les équili­bres sans avoir à gér­er des procé­dures d’alerte de l’évolution des dépens­es hos­pi­tal­ières.
  • Des MIGAC tou­jours plus élevées : le finance­ment des mis­sions d’intérêt général pour­suit une aug­men­ta­tion en 2013 de 2,31%, soit 191 mil­lions d’euros sup­plé­men­taires. Les clin­iques con­tin­u­ent de ne percevoir qu’environ 1% de cette enveloppe de 8,5 mil­liards  d’euros qui représente 20% du finance­ment des hôpi­taux, et dont les critères d’allocation restent à par­faire sur le principe de la jus­ti­fi­ca­tion au pre­mier euro exigée par la Com­mis­sion européenne. La FHP-MCO s’interroge tou­jours par exem­ple sur l’efficience de chaque euro dépen­sé, quand on sait que pour la MIG Pré­car­ité, le finance­ment est de 31 euros dans le secteur pub­lic et de 11 € seule­ment dans le secteur par patient dit « pré­caire ». Est-ce être respon­s­able de la dépense publique que de laiss­er per­dur­er de tels écarts inex­pliqués ?
  • Un coef­fi­cient pru­den­tiel inique : la FHP-MCO dénonce ce dis­posi­tif qui vient obér­er des ressources dont les étab­lisse­ments de san­té ont besoin pour assur­er la prise en charge des patients. La poli­tique du gel des Aides à la con­trac­tu­al­i­sa­tion (AC) des années précé­dentes était plus sen­sée. En effet, les AC sont là pour financer des actions ponctuelles : on a l’argent, on assure cette action ; on n’a pas l’argent, on reporte cette action, mais cela ne vient pas obér­er les ressources pour pren­dre en charge les soins des patients !!! Qui plus est, cette allo­ca­tion de ressource ne respecte pas l’esprit du texte. ce taux arrêté à 0,35% ne cor­re­spond pas, selon la FHP-MCO, à l’esprit du décret  (« La valeur de ce coef­fi­cient, qui peut être dif­féren­ciée par caté­gorie d’établissements, est fixée en ten­ant compte de l’écart entre l’évolution con­statée de l’activité des étab­lisse­ments »). Aucune dif­féren­ci­a­tion par caté­gorie d’établissements n’est retenue, ce qui ne cor­re­spond pas à la réal­ité des effets vol­umes con­statés depuis plusieurs années. En ne prenant pas en compte l’évolution con­statée de l’activité des étab­lisse­ments, il y a là une source d’iniquité de traite­ment, en dépit de la volon­té affichée par le gou­verne­ment.

« Mal­heureuse­ment, en choi­sis­sant de pénalis­er le secteur privé, pour­tant le bon élève de la classe, le gou­verne­ment ne prend tou­jours pas la mesure de l’effort d’efficience à con­duire dans le secteur de la san­té mais préfère jouer de vieux réflex­es clien­télistes. A l’heure où les finances publiques sont exsangues et alors que le bud­get de l’assurance mal­adie sera encore lour­de­ment en déficit, et ce pour la 25e année con­séc­u­tive, c’est un choix à courte vue », a con­clu Lamine Ghar­bi.