Chris­t­ian SEUX, Prési­dent du Syn­di­cat nation­al de l’in­dus­trie des tech­nolo­gies médi­cales (SNITEM)
 

Com­ment l’industrie et les étab­lisse­ments peu­vent-ils tra­vailler plus har­monieuse­ment ?
Je pense qu’ils tra­vail­lent déjà ensem­ble. Nous parvien­dri­ons à plus d’harmonie, si l’on réfléchis­sait en fonc­tion des besoins des étab­lisse­ments : besoins en matière de san­té, besoins en matière de tar­ifs, besoins en ter­mes de savoir-faire. Il faut que nous par­ve­nions à men­er ensem­ble une vraie réflex­ion stratégique : cer­taines inno­va­tions peu­vent réelle­ment amélior­er l’organisation des soins, je pense par exem­ple à des appareils pour détecter les ger­mes résis­tants à l’entrée des étab­lisse­ments, pour réduire les infec­tions noso­co­mi­ales, à des amé­nage­ments des lab­o­ra­toires d’analyses pour plus d’efficience… Aujourd’hui, l’environnement de la san­té évolue extrême­ment vite. Les organ­ismes qui n’évoluent pas au même tem­po sont appelés à dis­paraître, donc nous avons tout intérêt à nous asseoir autour d’une table, et à réfléchir ensem­ble.

Le privé, juste­ment, est une force de réac­tiv­ité. Com­ment mieux coor­don­ner la Recherche et développe­ment entre le SNITEM et les étab­lisse­ments privés?
L’innovation pour les tech­nolo­gies médi­cales est très sou­vent issue des idées des util­isa­teurs. On ne marcherait que sur une jambe si l’on écoutait que le pub­lic. Il faut imag­in­er une col­lab­o­ra­tion qui intè­gre tous les acteurs : le privé, les indus­triels, la recherche académique, le min­istère de la San­té, le min­istère de la Recherche. On a aujourd’hui con­stru­it des fil­ières stratégiques dans le but de dévelop­per plus effi­cace­ment l’industrie et la san­té. Sans le privé, on se priverait d’une source impor­tante pour dévelop­per des pro­duits per­for­mants. C’est la valeur du ‘et’, la con­jonc­tion qui relie le pub­lic, le privé, et toutes les par­ties prenantes de la san­té.

La cam­pagne tar­i­faire prévoit une baisse des tar­ifs des actes de l’or­dre de 0,57%, alors même que l’inflation n’est pas prise en compte depuis 3 ans déjà. Com­ment voyez vous l’avenir ? 
Ce con­texte dif­fi­cile n’impacte pas seule­ment les clin­iques, mais aus­si le secteur pub­lic et bien évidem­ment l’industrie. A par­tir de là, soit on est dans le déni, soit une prise de con­science entraîne la prise en compte de solu­tions. La pre­mière exi­gence est bien sûr de préserv­er la qual­ité de soin pour les patients, et pour ce faire, il faut voir com­ment nous, indus­triels, pou­vons vous aider avec des apports struc­turants, inno­vants, et effi­cients, pour tra­vers­er cette péri­ode, qui mal­heureuse­ment, risque de dur­er. Les ressources ne vont pas aug­menter, con­traire­ment aux besoins en san­té. Au delà de la mécanique économique, qui con­siste à regrouper les achats, une vraie réflex­ion stratégique doit être engagée ensem­ble.