Olivi­er PAUL, délégué nation­al de la FNEHAD, Fédéra­tion nationale des étab­lisse­ments d’hospitalisation à domi­cile.

 

Quels sont les enjeux de la HAD pour 2013 ?
Les enjeux découlent de ce qui a été annon­cé à notre journée nationale du 6 décem­bre dernier, soit un dou­ble­ment de l’activité de HAD à l’horizon 2018. Si l’on souhaite y par­venir, il va fal­loir se met­tre dès aujourd’hui en sit­u­a­tion d’absorber cette aug­men­ta­tion, en tra­vail­lant avec les directeurs d’établissements con­ven­tion­nels MCO. Nous avons tout intérêt à met­tre en place des parte­nar­i­ats gag­nants-gag­nants. Dans le domaine de l’hospitalisation à domi­cile, 2012 a été la pre­mière année où nous avons ressen­ti un cer­tain essouf­fle­ment. Il était temps d’avoir des objec­tifs con­crets et ambitieux à attein­dre. Nous espérons que 2013 sera l’année du renou­velle­ment. C’est en tout cas l’an­née où débuteront les travaux con­crets avec le min­istère de la San­té, une fois l’am­bi­tion annon­cée. L’hospitalisation à domi­cile va être amenée à pren­dre une place prépondérante, avec des étab­lisse­ments hos­pi­tal­iers plus cen­trés sur leurs plateaux tech­niques. Nous pou­vons accom­pa­g­n­er cette évo­lu­tion et l’hôpital dans ce recen­trage. Un véri­ta­ble tra­vail doit être accom­pli pour clar­i­fi­er les oblig­a­tions des étab­lisse­ments et définir la place de la HAD dans l’offre de soins.

Quelle est la place du secteur privé dans l’activité d’hospitalisation à domi­cile en France ?
En matière de HAD, le secteur privé com­mer­cial est plus jeune que le secteur asso­ci­atif ou le secteur pub­lic, où les pre­mières expéri­men­ta­tions ont débuté il y a déjà 50 ans, à l’initiative d’un étab­lisse­ment pub­lic. Mais le secteur privé a fait preuve d’un dynamisme impor­tant ces 5 dernières années. En 2007, 10 % des étab­lisse­ments étaient des étab­lisse­ments privés com­mer­ci­aux, ils représen­tent désor­mais 16%, soit une aug­men­ta­tion de près de 60%. C’est sig­ni­fi­catif, surtout lorsque l’on sait que le nom­bre d’établissements d’HAD a dou­blé lors de ces années clés. Aujourd’hui, le secteur privé est donc le plus dynamique. Cela étant, en HAD, il n’y a pas fon­da­men­tale­ment de dif­férence entre étab­lisse­ments publics, privés asso­ci­at­ifs ou com­mer­ci­aux. A la FNEHAD, la pluri­con­fes­sion­nal­ité est dans nos gènes. Nous ne faisons pas de dif­férence entre les secteurs.

Quels mes­sages souhai­teriez-vous faire pass­er aux directeurs d’établissements MCO en 2013 ?
Je voudrais juste rap­pel­er que l’hospitalisation à domi­cile, c’est un vrai méti­er. Aujourd’hui, par­ler de par­cours de soins, de coor­di­na­tion des soins est à la mode ; le domi­cile en regard de cela est ter­ri­ble­ment con­cret. Autant que pos­si­ble, je vous souhaite de tra­vailler avec les HAD, car les ser­vices ren­dus peu­vent être impor­tants. Si vous voulez vous lancer, sachez que le domi­cile n’accepte pas la demi-mesure. L’ac­tiv­ité d’HAD est jeune, elle peine sou­vent à se faire com­pren­dre, c’est pourquoi il est essen­tiel d’être extrême­ment pro­fes­sion­nel, de coor­don­ner les médecins trai­tants, les aides-soignants, les infir­miers libéraux. L’hospitalisation à domi­cile n’est pas un petit ser­vice d’appoint à adjoin­dre à un plateau tech­nique. C’est un vrai savoir-faire, une vraie offre de soins à part entière.