Les chiffres pub­liés cette semaine sont irré­sistibles. Alors que le LFSS 2012 fix­ait un vol­ume prévi­sion­nel d’ac­tiv­ité hos­pi­tal­ière de 2,4%, l’ac­tiv­ité réal­isée au cours des onze pre­miers mois de l’an­née aug­men­tait de 3,7% pour l’hôpi­tal, qui affiche ain­si une surexé­cu­tion inquié­tante de son enveloppe, et de 1,2% pour notre secteur. Preuve à l’ap­pui, nous sommes les excel­lents élèves qu’ap­pelle de leurs voeux le gou­verne­ment. Les félic­i­ta­tions aux uns se fer­ont atten­dre comme les puni­tions aux autres. Sans oubli­er que le 1,3 point de dépasse­ment de l’hôpi­tal (dif­féren­tiel entre le prévi­sion­nel de 2,4 et le réal­isé de 3,7) coûte cher, au moins 22% de plus que si l’ac­tiv­ité avait été assurée par nos soins. Et si l’hôpi­tal nous avait volé notre point ? Un point en vol­ume en gag­nant des parts de marché mais égale­ment un point en tar­ifs mécanique­ment obérés pour com­penser une forte activ­ité. Alors récla­m­ons en “valeur tar­ifs”, notre 1,2 point d’ ”économie vol­ume” (dif­féren­tiel entre le prévi­sion­nel de 2,4 et le réal­isé de 1,2) ! Avec un résul­tat net moyen de 0,3%, une mis­ère même à côté du Livret A de 2,25% nets d’impôts, notre secteur ne peut enten­dre qu’une hausse de tarif pour 2013. Ce point, nous le méri­tons et aujour­d’hui nous le récla­m­ons !

Lamine GHARBI
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

 

C’est l’hiv­er, pas de dégel !
C’est une pre­mière ! Le min­istère de la San­té n’a procédé à aucun dégel des crédits mis en réserve au début de la cam­pagne tar­i­faire 2012 en rai­son d’une prob­a­ble surexé­cu­tion du bud­get hos­pi­tal­ier prévu par le LFSS. Les crédits mis en réserve à hau­teur de 415 mil­lions d’eu­ros, aux­quels s’a­joutent 22 mil­lions d’eu­ros issus de la déchéance du FMESPP, “s’avèrent entière­ment néces­saires pour cou­vrir le risque de surexé­cu­tion de l’On­dam hos­pi­tal­ier” déclare le min­istère. “Pour cette rai­son, il n’a pas été pos­si­ble de procéder à un dégel, même par­tiel, en fin de cam­pagne budgé­taire”, indique-t-il. Rap­pelons que l’hos­pi­tal­i­sa­tion privée a con­nu une aug­men­ta­tion d’ac­tiv­ité de 1,2% sur les 11 pre­miers mois de l’an­née et le secteur pub­lic, 3,7%. Michel Chas­sang, prési­dent du CSMF a fustigé le déra­page de l’ac­tiv­ité hos­pi­tal­ière alors que la médecine de ville respecte égale­ment les objec­tifs fixés. “Les crédits mis en réserve ne suf­firont pas à financer la total­ité de ce déra­page, si bien qu’il sera en par­tie sup­porté par les soins de ville” a‑t-il déploré. “Les médecins libéraux sont excédés d’être con­sid­érés comme une vari­able d’a­juste­ment des déficits de l’hôpi­tal”.

Den­sité médi­cale et développe­ment de l’am­bu­la­toire sem­ble cor­réler
Comme chaque année, l’ATIH réalise une analyse de l’ac­tiv­ité hos­pi­tal­ière des étab­lisse­ments de san­té. L’a­gence démon­tre que “la den­sité de médecins général­istes et spé­cial­istes libéraux présente une cor­réla­tion pos­i­tive avec la part de séjours rel­e­vant de la chirurgie ambu­la­toire et des tech­niques peu inva­sives”. Ain­si, plus la den­sité médi­cale aug­mente, plus les activ­ités de chirurgie ambu­la­toire sont dévelop­pées, pré­cise-elle. À titre d’ex­em­ple, les régions Langue­doc-Rous­sil­lon et Provence-Alpes-Côte d’Azur où la den­sité médi­cale est “max­i­male” sont aus­si les régions où “la pro­por­tion des activ­ités de chirurgie ambu­la­toire et des tech­niques inva­sives est la plus forte”. Cette analyse, explique l’ATIH “ren­force l’idée qu’il existe un lien entre la struc­ture démo­graphique et la struc­ture de la patien­tèle”, même si ce lien reste “déli­cat à iden­ti­fi­er claire­ment”, notam­ment au regard de tous les paramètres à pren­dre en compte.

Pacte de con­fi­ance pour l’hôpi­tal : bien­tôt un rap­port
Edouard Couty, chef de la mis­sion sur le pacte de con­fi­ance pour l’hôpi­tal, prévoit de remet­tre son rap­port de syn­thèse à la fin jan­vi­er, à par­tir des rap­ports des trois groupes de tra­vail. Sans en dévoil­er le résul­tat, il observe que les par­tic­i­pants aux groupes ont mon­tré “un énorme besoin de se par­ler”, mal­gré les désac­cords qui pou­vaient exis­ter. Edouard Couty pré­cise que son con­stat ne sig­ni­fie pas de con­duire de très grands change­ments. Marisol Touraine avait indiqué qu’elle défini­rait des “ori­en­ta­tions” sur la base de ce rap­port et qu’elle ouvri­rait éventuelle­ment des négo­ci­a­tions avant de pren­dre des dis­po­si­tions.

Coup de frein pour les dépens­es de ville
Sur les onze pre­miers mois de 2012, les rem­bourse­ments de soins dis­pen­sés en ville ont pro­gressé au rythme par­ti­c­ulière­ment faible de 0,5 %. Deux gros postes de dépens­es sont en net recul : les médica­ments délivrés en phar­ma­cie qui régressent de 1,5 % avec un vif rebond des génériques, ven­dus 60 % moins cher, et les indem­nités jour­nal­ières ver­sées aux salariés en arrêt de tra­vail en recul de 1,6 %, du jamais-vu depuis 2006. Les hon­o­raires des médecins et des den­tistes sont aus­si à l’ar­rêt. Le nom­bre de con­sul­ta­tions étant à peu près sta­ble d’une année à l’autre. D’autres dépens­es sont en nette hausse : les trans­ports de patients, la kinésithérapie et surtout les soins prodigués par les infir­miers libéraux, qui ont bon­di de plus de 7 %. Il s’a­gi­rait de la troisième année d’af­filée de sous-con­som­ma­tion des dépens­es de ville et ce, mal­gré des objec­tifs fixés déjà très bas.

Qui sera le nou­veau prési­dent de la FHF ?
Le 16 jan­vi­er, les adhérents de la FHF choisiront leur nou­veau prési­dent par­mi les 2 can­di­da­tures de Frédéric Val­letoux (actuel prési­dent et maire UMP) et Jean-Louis Touraine (député PS). Leurs deux déc­la­ra­tions de foi sem­blent con­verg­er sur 4 pri­or­ités : ren­forcer le poids des fédéra­tions régionales au sein de la FHF, accroître la place des médecins, des usagers, associ­er davan­tage le secteur médi­co-social. Toute­fois, des adhérents auraient déploré le manque de sévérité de Frédéric Val­letoux à l’é­gard de l’hos­pi­tal­i­sa­tion privée et plébiscit­eraient à l’in­verse la vir­u­lence annon­cée de Jean-Louis Touraine.

Les infir­mières ne sont pas pigeons
Après l’initiative des médecins pigeons, c’est au tour du per­son­nel paramédi­cal d’investir les réseaux soci­aux pour clamer publique­ment sa colère. Objet du cour­roux : les con­di­tions de tra­vail et le niveau de rémunéra­tion. Une page face­book lancée en octo­bre regroupe plus de 28 000 pro­fes­sion­nels de san­té, prin­ci­pale­ment des infir­miers et des aides-soignants, tous secteurs d’exercice con­fon­dus. Le col­lec­tif né sur Inter­net a lancé une péti­tion (env­i­ron 5 000 sig­na­tures à ce jour) pour dénon­cer un sys­tème “qui sac­ri­fie la qual­ité à la rentabil­ité”.

Ali­men­ta­tion de la femme enceinte et allai­tante
Le groupe de tra­vail Nutri­tion du C2DS a mis au point un fas­ci­cule qui s’adresse aux pro­fes­sion­nels de san­té au con­tact de la femme enceinte et allai­tante. Ce fas­ci­cule vous pro­pose un tour d’horizon des con­nais­sances essen­tielles pour une grossesse et un allaite­ment réus­sis, tant d’un point de vue de la nutri­tion que des fac­teurs envi­ron­nemen­taux. Ce livret com­plète, par son approche san­té-envi­ron­nement, celui des­tiné aux pro­fes­sion­nels de san­té pub­lié dans le cadre du PNNS.