Dr Jacques FRIBOURG, Médecin fon­da­teur de l’équipe d’urgentistes de l’Hôpital Privé Ouest parisien à Trappes, Secré­taire général du SNUHP, le Syn­di­cat nation­al des urgen­tistes de l’hospitalisation privée
Les fêtes de fin d’année sont-elles un temps par­ti­c­uli­er pour un ser­vice d’urgence ?
Selon l’emplacement du ser­vice d’urgence, les fêtes impactent plus ou moins l’activité. Dans une ville touris­tique par exem­ple, la pop­u­la­tion va chang­er… Le plus cri­tique, c’est le départ légitime des général­istes en vacances. Et quand il se com­bine avec le fait que cer­taines pop­u­la­tions, dans des zones plutôt défa­vorisées comme Trappes, Sar­celles ou Ril­lieux-la-Pape par exem­ple, ne par­tent pas en vacances, on a une aug­men­ta­tion de l’activité. C’est très vari­able selon le ter­rain d’exercice de l’activité. A Trappes, nous accueil­lons tout le monde. Les pop­u­la­tions plus défa­vorisées vien­nent sou­vent aux urgences la nuit : d’abord, c’est là où il y a de la lumière, et c’est aus­si là que l’on a la pos­si­bil­ité de pra­ti­quer le tiers-payant. Cette année, la hausse d’activité a été com­pa­ra­ble à celle des autres années.Com­ment fonc­tionne le ser­vice des urgences ?
En ce moment les ser­vices d’urgence de la région sont en alerte max­i­male : nous sommes plus vul­nérables aux épidémies, comme la grippe à laque­lle nous devons faire face actuelle­ment, qu’aux cir­con­stances extérieures comme les fêtes. L’INVS nous donne des indi­ca­tions assez pré­cis­es : les ser­vices d’urgence de la région sont dans le rouge ou dans le vert, ce qui per­met de mieux ori­en­ter les patients. « Cyberur­gence » regroupe les don­nées en ligne des ser­vices d’urgence de la région toutes les 15 min­utes. Cepen­dant, un coup de gel, et avec les chutes, tous les ser­vices sont dans le rouge en même temps !

Com­ment réagis­sez-vous quand on laisse enten­dre que le secteur privé hos­pi­tal­ier trie ses patients ? 
Les urgences sont une activ­ité régle­men­tée, mais à par­tir du moment où l’on choisit de l’exercer, on s’engage à accueil­lir tous les patients. Nous n’avons jamais fer­mé la porte à un patient. Le prob­lème vient sou­vent du fait que l’on con­fond tri et ori­en­ta­tion des patients. Les médecins et le cen­tre 15 con­nais­sent bien les infra­struc­tures médi­cales de la région et ce sont eux qui effectuent le pre­mier tri. Dans les ser­vices d’urgence privés, une règle est appliquée partout : l’absence de dépasse­ments d’honoraires et dans le par­cours de soin, la pre­mière con­sul­ta­tion a égale­ment lieu sans dépasse­ments d’honoraires. S’il y a un tri des patients, il s’effectue selon des con­sid­éra­tions médi­cales, non économiques. Par exem­ple dans ma région, nous avons un rap­port de un à dix sur le nom­bre de lits de médecine à dis­po­si­tion des patients, par rap­port à l’Hôpital pub­lic. Il est évi­dent qu’il ne sert à rien de nous envoy­er des patients quand nos capac­ités sont sat­urées. Cepen­dant, nous n’aurions pas pu nous installer durable­ment sur un ter­ri­toire tel que celui de Trappes en refu­sant des patients. Un ser­vice d’urgence, c’est un parte­nar­i­at.