La FHP-MCO, syn­di­cat des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) de la Fédéra­tion de l’hospitalisation privée, s’in­surge con­tre la con­tre-vérité énon­cée au soir du 31 décem­bre par le prési­dent de la République, François Hol­lande, en vis­ite dans un ser­vice d’ur­gences d’un hôpi­tal pub­lic, affir­mant que celui-ci ne “(fai­sait) pas le tri des patients”.

“Insin­uer qu’a con­trario de l’hôpi­tal pub­lic, les ser­vices d’ur­gences des clin­iques et hôpi­taux privés feraient le tri des patients relève d’une défor­ma­tion grave de la réal­ité. Nous ne pou­vons laiss­er dire cela. C’est tout sim­ple­ment faux et d’au­tant plus choquant qu’une telle affir­ma­tion vient du prési­dent de la République et donc de la plus haute autorité de l’E­tat”, affirme Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO, qui regroupe quelque 600 étab­lisse­ments de médecine, chirurgie et obstétrique.

Chaque année, les clin­iques et hôpi­taux privés accueil­lent dans 132 ser­vices d’ur­gences plus de 2,2 mil­lions de patients. “Que je sache, il n’y pas un comité d’ac­cueil à l’en­trée chargé de faire le tri. Une telle pra­tique est illé­gale. Cette vieille anti­enne est non seule­ment ridicule mais insul­tante même pour les pro­fes­sion­nels de san­té qui se dévouent avec effi­cac­ité et human­ité pour accueil­lir les patients”, pour­suit Lamine Ghar­bi.

“Nous invi­tons le prési­dent de la République à venir se ren­dre compte par lui-même dans l’un de nos étab­lisse­ments de la réal­ité du tra­vail effec­tué de manière remar­quable par nos équipes au ser­vice des malades. Il pour­ra se ren­dre de la diver­sité des patients que nous accueil­lons. Nos mis­sions sont les mêmes qu’à l’hôpi­tal et nous faisons le même méti­er: soign­er tous ceux qui en ont besoin”.

La FHP-MCO rap­pelle que :

  1. les clin­iques et hôpi­taux privés sont sou­vent ignorés par les SMUR/SAMU qui n’adressent que rarement les malades urgents (acci­den­tés de la route, car­di­olo­gie par exem­ple) dans les ser­vices d’urgence privés, même lorsqu’un étab­lisse­ment de san­té privé est le plus proche du lieu de l’accident et peut accueil­lir un poly­trau­ma­tisé grave.
  2. Les clin­iques sont trib­u­taires des autori­sa­tions d’activité de soins délivrées par les agences régionales de san­té (ARS). Or elles n’obtiennent pas tou­jours le droit d’ouvrir tel ou tel ser­vice (par exem­ple en car­di­olo­gie, can­cérolo­gie, grands brûlés, réan­i­ma­tion, etc.). On ne peut donc pas leur reprocher de ne pas faire des activ­ités pour lesquelles elles n’ont pas reçu d’autorisations ;
  3. De même, s’il existe 600 clin­iques et hôpi­taux privés MCO en France, il n’y a que 132 ser­vices d’ur­gences privés et 228 cen­tres de réan­i­ma­tion, de soins inten­sifs et de sur­veil­lance con­tin­ue privés, là aus­si par manque d’autorisations accordées par les ARS ;

Les clin­iques et hôpi­taux privés représen­tent 27% de l’of­fre de soins mais réalisent 54% de la chirurgie pra­tiquée chaque année en France, 52% de la chirurgie car­ci­nologique, 32% de la chimio­thérapie, presque 2 mil­lions de séances d’hé­modial­yse, et pra­tique­ment un tiers des nais­sances.