Après un pre­mier recours européen con­tre une aide illicite d’E­tat déposé en 2007 par les étab­lisse­ments privés alle­mands, puis un sec­ond en 2010 par la FHP-MCO, c’est une troisième ten­ta­tive belge, qui réus­sit à ouvrir une brèche. Le recours belge, tout d’abord classé sans suite puis porté devant la Cour de jus­tice de l’U­nion Européenne, devient un gros cail­lou dans la chaus­sure de nos gou­verne­ments. Même si la Cour européenne ne remet pas en cause les sub­ven­tions ver­sées aux hôpi­taux publics belges, elle enjoint la Com­mis­sion européenne de réex­am­in­er leur légal­ité. Vous ne feriez pas le même méti­er ? Alors, prou­vez-le, réclame en clair la Cour européenne. Un dif­féren­tiel de 22% entre les tar­ifs des deux secteurs hos­pi­tal­iers serait jus­ti­fié ? Expliquez-le ! Un accroisse­ment de l’ac­tiv­ité publique de 3,4% les dix pre­miers mois de 2012 alors que nous maîtri­sions la nôtre à 1,4% : jus­ti­fiez-la ! Un dif­féren­tiel de charge sociale d’en­v­i­ron 6% qui sig­ni­fie un coût de 202 euros pour une clin­ique et 190 euros pour un hôpi­tal pour 100 euros net payés. Motivez-le ! Les clin­iques ne seraient pas des entre­pris­es privées comme les autres et ne béné­ficieraient pas du dis­posi­tif CICE ? Démon­trez-le ! Notre quête de trans­parence et d’équité ne faib­li­ra pas mais redou­blera de force. 2013 sera le dis­cours de la preuve. Au nom de la FHP-MCO, je vous présente mes meilleurs voeux pour cette année 2013.

Lamine GHARBI
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

 

Sign­er, mais appli­quer…
Les trois syn­di­cats de médecins sig­nataires de l’avenant 8 déchantent. “La très grande vic­toire pour la pro­fes­sion” est dev­enue à l’heure de son appli­ca­tion une “usine à gaz incom­préhen­si­ble”, “une machine à sanc­tions” ! selon la CSMF. Un taux de dépasse­ment déroga­toire – qui n’a pas été fixé – serait appliqué dans trois départe­ments (Paris, Hauts-de-Seine et Rhône) et son adap­ta­tion à la baisse dans d’autres. “La CNAM a essayé d’interpréter le texte à sa con­ve­nance, ce qui ne cor­re­spond pas à l’avenant que nous avons signé”, s’insurge le Dr Roger Rua, prési­dent du SML. “Nous sommes déçus et nous nous sen­tons un peu trahis.” L’alerte rouge est déclenchée : “Les prati­ciens qui dépassent peu ne doivent pas se sen­tir à l’abri ; si le revenu moyen des patients et la moyenne du dépasse­ment dans un départe­ment sont retenus, cela aura pour con­séquence qu’un départe­ment où les dépasse­ments moyens seraient de 50 % pour­rait devenir éli­gi­ble à la sanc­tion” déclare le prési­dent de la FMF non sig­nataire. Suite du feuil­leton le 17 jan­vi­er, date de la prochaine Com­mis­sion Par­i­taire nationale. Selon la CNAM, quelques 5 000 médecins libéraux ont des dépasse­ments supérieurs à 100 % du tarif oppos­able et env­i­ron 1 500 prati­ciens ont des dépasse­ments qual­i­fiés d’excessifs (supérieurs à 150 %). Un chiffre qui sem­ble exagéré pour les syn­di­cats qui n’en compteraient que 400 ou 500.

Mesures pour accroitre la place des génériques
L’IGAS vient de ren­dre pub­lic son rap­port sur la poli­tique française en matière de médica­ments génériques qui démon­tre “glob­ale­ment une absence de supéri­or­ité des prin­ceps par rap­port aux génériques”. Le marché “s’essouf­fle pro­gres­sive­ment depuis 2008” car “le poids impor­tant des pri­mo pre­scrip­tions hos­pi­tal­ières, le plus sou­vent pour des médica­ments prin­ceps, récents et onéreux, influ­ence les com­porte­ments de con­som­ma­tion et de pre­scrip­tions en ville et rend plus dif­fi­cile la sub­sti­tu­tion”. Cer­tains « lead­ers d’opinion » sont pointés du doigt car ils “instal­lent durable­ment dans l’opinion un sen­ti­ment de sus­pi­cion à l’égard des génériques”. L’IGAS pré­conise la mise en place d’un sys­tème de bonus-malus pour les prati­ciens qui “ayant un faible taux de pre­scrip­tion dans le réper­toire seraient pénal­isés finan­cière­ment”. L’Agence nationale de sécu­rité du médica­ment réaf­firme par ailleurs que le générique obéit aux mêmes règles que le prin­ceps : mêmes procé­dures d’obtention de l’AMM, mêmes exi­gences per­me­t­tant la démon­stra­tion de la qual­ité et de la sta­bil­ité du pro­duit, mêmes oblig­a­tions en matière de phar­ma­covig­i­lance.Un dif­féren­tiel enten­du
Est ce que cela peut con­sol­er ? La min­istre de la San­té avait égale­ment envoyé son avatar au 37ème con­grès de la Fédéra­tion des étab­lisse­ments hos­pi­tal­iers et d’aide à la per­son­ne privés non lucrat­ifs (Fehap) notam­ment pour man­i­fester son souhait de remet­tre à plat en 2013 le sujet du dif­féren­tiel de charges sociales entre les Espic et les hôpi­taux et “clar­i­fi­er la nature et la charge des coûts sup­port­és par cha­cun des secteurs”. Elle a rap­pelé que pour com­penser ces sur­coûts, 70 mil­lions d’eu­ros avaient été alloués au secteur privé non lucratif en 2012 et 35 en 2011.

Les déchets : ça débor­de !
Entre impérat­ifs san­i­taires et envi­ron­nemen­taux d’un côté, et textes com­plex­es voire par­fois con­tra­dic­toires et con­traintes budgé­taires de l’autre, les étab­lisse­ments de soins doivent jon­gler. Une récente enquête menée par le C2DS auprès de 260 étab­lisse­ments de san­té révèle ain­si qu’en dix ans, les hôpi­taux publics et clin­iques ont con­sid­érable­ment aug­men­té le nom­bre de fil­ières de tri pour attein­dre 14 en moyenne (Obser­va­toire du DD en san­té du C2DS 2011). Leur nom­bre varie d’une struc­ture de soins à l’autre en fonc­tion de sa pro­duc­tion de déchets, mais aus­si de la disponi­bil­ité de prestataires de traite­ment sur le ter­ri­toire. « Prox­im­ité géo­graphique » et « traça­bil­ité » sont les deux critères clefs pour une fil­ière de tri durable et viable. Et vous com­bi­en de fil­ière de tri avez-vous mis en place ?