La fin du monde serait pour demain. Mais sans doute pas “notre” monde. Car même si le PLFSS 2013 est validé, et le recours de 200 par­lemen­taires auprès du Con­seil con­sti­tu­tion­nel pour “insincérité” de la loi a été reto­qué, les experts économiques mis­ent sur la plas­tic­ité et l’ef­fi­cac­ité de notre secteur et lui prédis­ent… un avenir. Les guir­lan­des brilleront donc encore sous nos arbres de Noël ! Le vénérable mag­a­zine inter­na­tion­al “The Lancet” pub­li­ait la seule vraie bonne nou­velle de la semaine : en 40 ans, l’e­spérance de vie à la nais­sance a aug­men­té de 11,1 ans pour les hommes (67,5 ans con­tre 56,4 ans) et 12,1 ans pour les femmes (73,3 ans con­tre 61,2 ans) en moyenne. Réjouis­sons-nous et jouis­sons de ces jours qui nous sont offerts et de cha­cun comme s’il était le dernier. Toute l’équipe de la FHP-MCO se joint à moi pour vous souhaiter un très joyeux Noël et d’ex­cel­lentes fêtes.

Lamine GHARBI
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

Il était une fois … Notre sys­tème fis­cal expliqué par Chris­t­ian Guichard (groupe Médipôle Sud San­té)
Dix amis d’en­fance, s’é­tant retrou­vés, décidèrent de pren­dre l’apéri­tif ensem­ble chaque ven­dre­di dans un bar de la ville. Cer­tains étant moins rich­es que d’autres, il fut décidé de faire pay­er cha­cun, non en fonc­tion de sa part, mais en fonc­tion des impôts qu’il payait. Ain­si les qua­tre pre­miers ne payèrent rien, le cinquième paya un euro, le six­ième trois euros, le sep­tième sept euros, le huitième douze euros, le neu­vième dix-huit euros et le dix­ième cinquante-neuf euros, soit au total cent euros. La for­mule mar­cha ain­si un an. Notre cafeti­er très com­merçant leur dit un jour : “Vous êtes de très bons clients, aus­si, je vais vous faire une ris­tourne de vingt euros”. Nos dix com­pères remer­cièrent leur hôte et se ques­tion­nèrent sur la façon de répar­tir cette remise. L’un d’eux ayant un sens aigu de l’équité, sug­géra de la répar­tir, comme pour le payement, en fonc­tion des impôts payés, ce qui fut accep­té par tous. A la sor­tie du bar, cha­cun fit son compte : Les qua­tre pre­miers n’avaient bien sûr tou­jours rien payé, le cinquième avait béné­fi­cié d’une remise de un euros et n’avait donc rien payé, le six­ième avait béné­fi­cié de un euro et avait payé deux euros, le sep­tième avait béné­fi­cié de deux euros et payé cinq euros, le huitième avait béné­fi­cié de trois euros et payé neuf euros, le neu­vième avait béné­fi­cié de qua­tre euros et payé qua­torze euros et le dix­ième avait béné­fi­cié de neuf euros et payé cinquante euros. Les qua­tre pre­miers dirent : “Nous n’avons rien eu du tout. Cette mesure ne prof­ite qu’aux rich­es ! Le sys­tème exploite les pau­vres ! Le cinquième dit qu’il n’avait eu qu’un seul euro d’é­conomie et que de plus, à cause de cette mesure injuste, il avait vu sa sit­u­a­tion se détéri­or­er et fig­u­rait main­tenant par­mi les pau­vres. Le sys­tème crée des pau­vres. Le six­ième, le sep­tième, le huitième et le neu­vième s’in­surgèrent du fait que le dix­ième, le plus riche, avait béné­fi­cié de neuf euros, alors que eux, classe moyenne tou­jours pres­surée, n’avaient eu que un, deux, trois et qua­tre euros. Le sys­tème écrase la classe moyenne. Les neuf hommes cernèrent le dix­ième et l’in­sultèrent. Le ven­dre­di suiv­ant le dix­ième homme, le plus riche, ne vint pas. Il se sen­tait détesté, men­acé et alla boire dans un autre bar beau­coup plus chic où il ne paya que quinze euros (con­tre cinquante-neuf aupar­a­vant). Les neuf autres s’as­sirent et burent leur verre en fustigeant ce riche qui n’avait même pas eu le courage d’as­sumer son igno­minie. Quand vint le moment de se sépar­er et de pay­er leur note, ils décou­vrirent, avec stu­peur qu’ils n’avaient pas assez d’ar­gent pour pay­er, ne serait-ce que la moitié de l’ad­di­tion. Cela, mes chers amis, est le strict reflet de notre sys­tème fis­cal. Les gens qui payent le plus d’im­pôts tirent le plus de béné­fice d’une réduc­tion de taxe, d’un pla­fon­nement de con­tri­bu­tion… Mais tax­ez les plus forts, accusez les d’être rich­es et ils risquent de ne plus se mon­tr­er. En fait, ils pour­raient com­mencer à aller boire ailleurs, à l’é­tranger peut être… Pour ceux qui ont com­pris, aucune expli­ca­tion n’est néces­saire. Pour ceux qui n’ont pas com­pris, aucune expli­ca­tion n’est pos­si­ble.

La FHP-MCO demande au gou­verne­ment une juste val­ori­sa­tion des tar­ifs hos­pi­tal­iers en 2013
Lire le com­mu­niqué de presse envoyé aux médias ce jour. 

Marisol Touraine désta­bil­isée ?
Jean-Luc Névache, directeur de cab­i­net de Marisol Touraine serait sur le départ. SelonLa Tri­bune qui sort l’in­fo, le “dircab” serait la vic­time du “réel désamour” entre le Pre­mier min­istre et Marisol Touraine, et “servi­rait de fusible”. Alors que Marisol Touraine “aurait l’habi­tude de ne jamais référ­er pour ses dossiers à Matignon” et de négoci­er directe­ment avec l’Elysée, Matignon voudrait “resser­rer les boulons” et “essay­er de met­tre en place un tra­vail d’équipe”. Matignon lui reprocherait égale­ment de “man­quer de courage” et de “refuser cer­tains affron­te­ments”, comme en ne se ren­dant pas au con­grès de la FHP, à Lyon, le 6 décem­bre dernier !

Un patient traceur
La HAS dresse un bilan de la cer­ti­fi­ca­tion : sur 2 650 étab­lisse­ments de san­té, publics et privés, 18 % ont été cer­ti­fiés sans aucune réserve, 36 % ont obtenu la cer­ti­fi­ca­tion avec une ou plusieurs recom­man­da­tions, 36 % ont des réserves à lever pour obtenir leur cer­ti­fi­ca­tion, et 10 % ont un sur­sis à cer­ti­fi­ca­tion, une nou­velle vis­ite étant pro­gram­mée un an plus tard. La ver­sion 3 ver­ra appa­raître la notion de patient traceur déjà util­isée dans les pays anglo-sax­ons. Des experts-vis­i­teurs étudieront le par­cours de soins en suiv­ant un cer­tain nom­bre de patients (entre 10 et 50 selon la taille des étab­lisse­ments) tirés au sort dans dif­férents ser­vices. Cette nou­velle ver­sion devrait per­me­t­tre de réduire le hia­tus entre les résul­tats obtenus lors de la cer­ti­fi­ca­tion et le fonc­tion­nement réel des ser­vices sur le ter­rain.

Des iné­gal­ités sociales de san­té en France
Dans son rap­port annuel, le Haut Con­seil pour l’avenir de l’as­sur­ance mal­adie (HCAAM) indique qu’il “existe en France d’assez nettes iné­gal­ités sociales de san­té si nous nous com­parons aux autres pays européens”. Le rap­port dis­tingue les fac­teurs liés au sys­tème de soins tels que les iné­gal­ités d’ac­cès aux soins, et les fac­teurs liés au milieu ou au mode de vie mais regrette toute­fois man­quer d’indi­ca­teurs pour mesur­er pré­cisé­ment les liens de cause à effet. Les dif­férences sociales de mor­tal­ité sont impor­tantes en France en com­para­i­son des autres pays d’Eu­rope de l’Ouest. Par exem­ple, l’e­spérance de vie des cadres à 35 ans dépasse de plus de six ans l’e­spérance de vie des ouvri­ers au même âge. Le HCAAM attend de l’as­sur­ance mal­adie financeur et régu­la­teur des soins qu’elle étudie plus avant les caus­es de ces iné­gal­ités. Au terme du débat, les mem­bres de l’in­stance sont tombés d’ac­cord sur la per­ti­nence de la “médecine de par­cours” pour répon­dre déjà aux iné­gal­ités ter­ri­to­ri­ales de san­té.

Comité de réforme hos­pi­tal­ière, c’est par­ti 
La min­istre de la san­té vient d’in­staller le nou­veau comité de réforme de la tar­i­fi­ca­tion hos­pi­tal­ière où siège la FHP, la FHP-SSR et la FHP-MCO. Sa mis­sion : “réformer la tar­i­fi­ca­tion hos­pi­tal­ière dans le sens d’une amélio­ra­tion de la qual­ité des soins et de péren­ni­sa­tion [du] sys­tème de san­té”. La min­istre souhaite un mod­èle de finance­ment “plus lis­i­ble et plus sta­ble” et qui apporte un “sou­tien aux étab­lisse­ments en ter­mes d’in­vestisse­ment, de recherche et d’in­no­va­tion”. Qu’elle soit enten­due ! La cam­pagne tar­i­faire 2013 sera abor­dée nor­male­ment en jan­vi­er.

Le bilan désas­treux du DMP
Exigé par le lég­is­la­teur en 2004, le DMP n’a com­mencé son déploiement qu’en décem­bre 2010. 250 mil­lions d’euros ont été engloutis dans de pro­jet pour 250?000 dossiers créés à ce jour et le monde poli­tique réclame des comptes et une révi­sion de la gou­ver­nance. Au 2 décem­bre, 250 017 dossiers avaient été créés, con­tenant en tout près de 500?000 doc­u­ments. A y regarder de plus près, ces doc­u­ments sont iné­gale­ment répar­tis puisque seuls 110?000 dossiers médi­caux en con­ti­en­nent. Plus de la moitié des DMP sont vides. Ces DMP sont très iné­gale­ment répar­tis sur le ter­ri­toire : en Ile-de-France, où vivent près de 10 mil­lions de Français, seuls 3 320 dossiers ont été ouverts.

Une prési­dente pour le CISS
Toutes nos félic­i­ta­tions à Mme Claude Ram­baud, nou­velle­ment élue à la prési­dence du Col­lec­tif Interas­so­ci­atif Sur la San­té (CISS).

L’air intérieur est notre bien com­mun, prenons-en soin
La qual­ité de l’air intérieur est une préoc­cu­pa­tion récente, alors que nous pas­sons 80 à 90 % du temps, c’est‑à dire env­i­ron 22h sur 24 en espace clos ou semi-clos et que nous savons désor­mais que la con­cen­tra­tion de pol­lu­ants est supérieure à l’intérieur qu’à l’extérieur. La qual­ité de l’air intérieur est bien sûr liée à celle de l’air extérieur, au point qu’il existe une cor­réla­tion entre les pics de pol­lu­tion et les hos­pi­tal­i­sa­tions. La pol­lu­tion atmo­sphérique provoque 16% de nou­veaux cas de mal­adies chroniques, et exac­erbe les symp­tômes de mal­adies res­pi­ra­toires dans 16 à 29% des cas. En 2013, le C2DS lance une cam­pagne de sen­si­bil­i­sa­tion : des out­ils sont mis à dis­po­si­tion de ses adhérents et une affiche d’ores-et-déjà disponible pour tous : affiche thé­ma­tique