L’an­née 2012 se ter­mine sur un leurre : 35% d’en­tre nous sont défici­taires en 2011, 8 points de moins que l’an­née précé­dente. Ce résul­tat cache un net ralen­tisse­ment de la crois­sance des investisse­ments (jusqu’alors entre 8 et 10% par an au cours des cinq dernières années con­tre moins de 1% entre 2011 et 2010 ), seule issue pour ne pas con­train­dre la masse salar­i­ale et main­tenir la tête hors de l’eau. Nos étab­lisse­ments mar­quent-ils ain­si une pause for­cée ? Oui ! mais espérons cette pause courte par néces­sité pour main­tenir la péren­nité de la struc­ture et con­tin­uer de pari­er sur l’avenir. Autrement dit, 72% d’en­tre nous ne peu­vent plus inve­stir, étouf­fés par la dis­crim­i­na­tion tar­i­faire organ­isée par l’E­tat. A mille lieux de l’e­sprit du pacte de com­péti­tiv­ité ! Alors que l’as­sur­ance mal­adie ne cou­vre nos charges qu’à hau­teur de 88,6%, nous sommes con­traints de compter sur le développe­ment de ser­vices annex­es (11,4% de nos recettes). Un comble, comme si nos médecins libéraux étaient con­traints de ven­dre des mag­a­zines dans leurs salles d’at­tente pour équili­br­er eux aus­si leurs comptes. Notre sys­tème perd le nord. Alors mis­ons à l’avenir sur un paiement à la per­for­mance des meilleurs élèves que nous sommes, plutôt qu’à la médi­ocrité, sur la plas­tic­ité et l’ef­fi­cac­ité de notre secteur et mis­ons enfin d’emblée sur la Fête des lumières de la ville de Lyon, où se déroule notre con­grès, car pour nous éclair­er, de lueur de la min­istre ce soir, nous n’au­rons pas.

Lamine GHARBI
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

Demain, 2ème Con­grès de la FHP-MCO
Un “13h” excep­tion­nelle­ment tôt aujour­d’hui dans vos boites e‑mail car toute l’équipe FHP-MCO est mobil­isée à Lyon pour le Con­grès de la FHP aujour­d’hui et pour vous accueil­lir demain. Il est encore temps de vous inscrire, sinon venez à l’im­pro­viste !

Faites du bruit !
La FHP-MCO défi­lait aux côtés des médecins à Paris, dimanche 2 décem­bre. Ni pigeons, ni mou­tons, les étab­lisse­ments privés MCO étaient représen­tés pour défendre la médecine libérale. “Sans médecine libérale, il n’y a plus de clin­iques privées” déclarait Lamine Ghar­bi.

Le PLFSS 2013 est adop­té
D’un mon­tant large­ment supérieur à celui de l’E­tat (470 mil­liards d’eu­ros con­tre 370 mil­liards), ce bud­get prévoit quelque cinq mil­liards d’eu­ros de recettes nou­velles pour ramen­er le déficit de l’as­sur­ance mal­adie à 11,4 mil­liards et assur­er une pro­gres­sion de l’On­dam de 2,7% l’an prochain. Des hypothès­es macro-économiques erronées ? Alors que le gou­verne­ment prévoit une aug­men­ta­tion de 2,8% du PIB et de 2,5% de la masse salar­i­ale, les écon­o­mistes prédis­ent une crois­sance à 2% sinon à 0% et un chô­mage crois­sant. N’ou­blions pas non plus la fin de la con­ver­gence, la maîtrise de l’ONDAM par des tar­ifs flot­tants ou pru­den­tiels… A suiv­re, dans l’application.

Nou­velle nation­al­i­sa­tion ram­pante
La FHP-MCO con­damne avec la plus vive fer­meté la volon­té d’éviction de l’offre de soins privée en France, à la suite du retrait d’une autori­sa­tion d’activité aux clin­iques de Limo­ges, dans des con­di­tions indignes d’un Etat de droit. Après la Clin­ique de Paray-le-Moni­al qui laisse 80 per­son­nes sans emploi suit le retrait de l’autorisation d’activité en ryth­molo­gie inter­ven­tion­nelle à la Clin­ique du Colom­bie (groupe Védi­ci). La clin­ique a jusqu’au 17 décem­bre pour s’exécuter et cess­er son activ­ité dans ce domaine.

Acci­dents médi­caux
Près d’un chirurgien libéral sur deux a été mis en cause au moins une fois en 2011 selon le panora­ma de la MACSF-Sou médi­cal. La chirurgie reste la spé­cial­ité la plus exposée, mais les sin­istres très lourds font fig­ure d’exception. Ain­si le Sou a‑t-il indem­nisé un seul et unique dossier de plus de 2 mil­lions d’euros en chirurgie ain­si qu’un autre, en ORL. Pour l’année 2013, les primes d’assurance seront glob­ale­ment sta­bles mais des aug­men­ta­tions sont pro­gram­mées dans cer­taines dis­ci­plines (urgences, radi­olo­gie, pédi­a­trie, ORL…), tan­dis que les échographistes fœtaux et les anesthé­sistes béné­ficieront d’une baisse de tarif.

Au moins 200 médecins mis en cause
Cer­tains médecins qui ont pre­scrit du Medi­a­tor se voient aujourd’hui som­més de ren­dre des comptes. Le col­lège d’experts, dont les avis com­men­cent à tomber, a jugé l’un d’entre eux respon­s­able au même titre que Servi­er. Aux médecins de prou­ver qu’ils igno­raient tout de la dan­gerosité du ben­flu­o­rex lorsqu’ils l’ont pre­scrit. En cas de hors AMM, la défense s’annonce plus déli­cate.

Un syn­di­cat “pour” et une base “con­tre”
79,27 % des adhérents de la Fédéra­tion des Médecins de France (FMF), une des trois organ­i­sa­tions sig­nataires de l’avenant 8, ont rejeté cet accord lors de leur dernière AG sans pour autant que ce vote ne puisse remet­tre en cause l’en­gage­ment de leur syn­di­cat. Le Dr Roger Rua, élu nou­veau prési­dent à la suite du Dr Jeam­brun s’oppose par ailleurs à « la dérive du sys­tème d’assurance mal­adie vers la mise en place de réseaux mutu­al­istes qui met­tront fin au libre choix des Français pour leur prati­cien ».

Des spé­ci­ficités français­es
La part des dépens­es prise en charge par l’assurance-maladie oblig­a­toire s’élève à 77 % en France con­tre 73 % ailleurs en Europe (+ 13,7% cou­verts par les assur­ances com­plé­men­taires con­tre 3,7 % en moyenne en Europe). En Suède, la part des dépens­es de san­té dans le PIB a chuté à 6 % suite à une pri­vati­sa­tion des soins depuis 2006. Le sys­tème alle­mand dégage 9,4 mil­liards d’euros d’excédant. Au-delà des coti­sa­tions patronales et salar­i­ales déjà très élevées (comme en France), de nou­velles marges ont été créées grâce à l’augmentation des recettes fis­cales issues des tax­es sur le tabac, la nutri­tion, ou l’environnement. Enfin, une maîtrise des dépens­es est égale­ment menée avec un pla­fon­nement strict du reste à charge, la régu­la­tion de la demande de soins ain­si que des pre­scrip­tions via des vol­umes cibles et des malus, la réduc­tion du champ des cou­ver­tures com­plé­men­taires, et le refus de rem­bours­er les inno­va­tions médica­menteuses mineures.

Créa­tion d’un espace de réflex­ion éthique en Midi-Pyrénées
Un espace piloté par des représen­tants du CHU de Toulouse, des fédéra­tions d’étab­lisse­ments publics et privés, des uni­ver­sités et fac­ultés toulou­saines, des URPS, médecins et infir­miers, des for­ma­tions ordi­nales régionales et du CISS. Cet espace de réflex­ion veut “sus­citer et coor­don­ner les ini­tia­tives” en matière d’éthique. Il s’a­gi­ra notam­ment de réfléchir sur les rela­tions entre pro­fes­sion­nels de san­té et l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique, la for­ma­tion des pro­fes­sion­nels de san­té à l’éthique, la struc­tura­tion d’une recherche autour de l’éthique, et l’éthique et la laïc­ité, la mise à dis­po­si­tion de ressources doc­u­men­taires, la val­ori­sa­tion sci­en­tifique de travaux.

Code de déon­tolo­gie
Une dizaine de directeurs d’étab­lisse­ments hos­pi­tal­iers adhérents du C2DS créaient en 2011 le pre­mier code de déon­tolo­gie du man­ag­er en san­té. En effet, le directeur n’est soumis à aucun code de déon­tolo­gie alors qu’il pilote des équipes médi­cales soumis­es aux leurs. De nom­breux man­agers ont signé cet engage­ment dans une démarche éthique au regard de leurs respon­s­abil­ités envers les patients, les salariés et la société. 
En savoir plus, sur la page du C2DS.