Elis­a­beth TOMÉ-GERTHEINRICHS, Déléguée générale de la Fédéra­tion de l’hospitalisation privée.

 


Vous avez une belle car­rière der­rière vous : respon­s­able du pôle budgé­taire du cab­i­net de Philippe Douste-Blazy, direc­trice-adjointe de celui de Valérie Létard, vous étiez, en 2009, chef du ser­vice des droits des femmes et de l’égalité entre les hommes et les femmes, et en 2011, direc­trice-adjointe du cab­i­net de Rose­lyne Bach­e­lot et direc­trice de cab­i­net de Claude Greff, secré­taire d’Etat chargée de la Famille.
Qu’est-ce qui vous a motivé pour pren­dre le poste de Déléguée générale à la FHP ? 

Pour moi, cette Fédéra­tion est poten­tielle­ment une grande Fédéra­tion. La FHP est un acteur impor­tant du sys­tème hos­pi­tal­ier et du paysage san­i­taire. Je suis née à la vie pro­fes­sion­nelle dans le secteur san­i­taire, j’ai tra­vail­lé en tant que direc­trice d’un hôpi­tal pub­lic, et j’ai tou­jours pro­fondé­ment aimé l’hôpital dans sa dimen­sion de soin. Puis j’ai délais­sé le curatif pour la préven­tion san­i­taire, la san­té publique et les poli­tiques sociales : j’ai entamé un grand voy­age à l’intérieur de l’Etat. Je reviens avec beau­coup de bon­heur aux ques­tions san­i­taires hos­pi­tal­ières. Par­ler à la fois la langue de l’E­tat et celle du secteur san­i­taire est une poly­glot­tie qui peut être utile à la FHP, comme le fait que je porte en moi le GPS de la planète Etat !

Au cours de votre man­dat, quelles sont les grandes ori­en­ta­tions que vous souhaitez défendre ? 
Je me fai­sais et me fais du privé cette idée : un secteur mobile, réac­t­if, et inno­vant, qui pos­sède de nom­breux atouts que n’a pas le secteur pub­lic. Un de mes objec­tifs sera de faire que la FHP soit plus effi­cace, plus forte, et plus offen­sive sur le ter­rain san­i­taire. Elle doit s’imposer comme un inter­locu­teur incon­tourn­able sur tous les débats de fond. Il faut que nous ayons tou­jours un train d’avance sur le plan des idées, nous avons suff­isam­ment de ressources de matière grise pour que cela soit pos­si­ble. Il faut que la FHP soit vis­i­ble, con­struc­tive, et incon­tourn­able. Pour y par­venir, elle doit être une et indi­vis­i­ble. J’ai pro­posé un nou­v­el organ­i­gramme, qui doit met­tre en avant une nou­velle façon de tra­vailler ensem­ble, dans la con­fi­ance et avec une logique d’équipe. Il faut tir­er par­ti de tous les poten­tiels : dans un con­texte où les décideurs publics ne sont pas spon­tané­ment nos alliés, il faut que les syn­di­cats de spé­cial­ité sachent par­ler d’une seule voix. La Fédéra­tion doit aus­si être plus utile aux adhérents. La branche nationale doit se rap­procher des régions, et j’entends m’appuyer beau­coup sur les prési­dents et les délégués de région. En clair, j’entends effectuer un tra­vail sur la crédi­bil­ité de la Fédéra­tion, pra­ti­quer l’entrisme, et une fois instal­lé dans le paysage san­i­taire, met­tre en place une stratégie offen­sive.

Quelles sont à votre avis les per­spec­tives de développe­ment du secteur privé dans le sys­tème de san­té en France ?
Ce qui est dif­fi­cile dans le secteur de la san­té, c’est de faire émerg­er des idées nou­velles. Dans l’administration à la française, c’est par­ti­c­ulière­ment com­plexe ! J’ai beau­coup souf­fert de la lour­deur admin­is­tra­tive des hôpi­taux publics. Aujourd’hui, si une idée neuve appa­raît, la FHP aura tou­jours un temps d’avance par rap­port aux autres acteurs du paysage san­i­taire. C’est une immense force.