Jérôme MARTY, prési­dent de l’UFML – Union française pour une médecine libre
Qui vous soign­era demain ?

Qu’est ce que l’UFML ?

L’Union française des médecins libéraux est la coali­tion issue du mou­ve­ment des « Médecins ne sont pas des pigeons ». Le mou­ve­ment a trou­vé spon­tané­ment un écho con­sid­érable dans la com­mu­nauté médi­cale et bien au-delà, recen­sant en quelques jours plus de 38 000 mem­bres sur son compte face­book et 2 800 vis­ites par jour. Les réseaux soci­aux jouent à plein et offrent des espaces d’ex­pres­sion nou­veaux. Il faut savoir que ce mou­ve­ment est trans-généra­tionnel et trans-sec­to­riel. Il réu­nit les internes, médecins général­istes, spé­cial­istes, de secteur 1 ou de secteur 2, libéraux ou hos­pi­tal­iers. Il exprime notre fatigue, notre colère de voir le sys­tème de soins se dégrad­er comme en témoignent la fer­me­ture de ser­vices hos­pi­tal­iers ou le non rem­place­ment des médecins libéraux. Rap­pelons que la moyenne d’âge des chirurgiens et médecins général­istes est de 55 ans, seuls 8% des jeunes médecins s’in­stal­lent en moyenne aujour­d’hui en libéral (75% en 1980). Mais au-delà d’un com­bat cor­po­ratiste, nous sommes entrés dans une dynamique sociale : la défense de notre sys­tème de san­té sol­idaire.
Quels sont les enjeux ?
Notre sys­tème san­i­taire fonc­tionne sur deux jambes, l’hôpital pub­lic et le secteur privé, garan­tis­sant une lib­erté de choix auquel les Français sont vis­cérale­ment attachés. Ces deux secteurs sont aujourd’hui à bout de souf­fle, non pas du fait de 200 médecins (sur 200 000 médecins) qui pra­tiquent des dépasse­ments d’hono­raires indé­cents mais de l’in­ca­pac­ité déci­sion­nelle de nos dirigeants. La pénurie pro­fes­sion­nelle qui aboutit au désert san­i­taire n’est en rien le fait des médecins mais elle a été gérée par des choix poli­tiques : nos gou­ver­nants ont “désamé­nagé” le ter­ri­toire. En trente ans, les tar­ifs des actes chirur­gi­caux n’ont pas été reval­orisés et le sys­tème, con­forté par les récentes négo­ci­a­tions con­ven­tion­nelles, trans­forme le prati­cien en prestataire de ser­vice alors que le patient qui lui con­fie sa san­té, attend une rela­tion de con­fi­ance. Les caiss­es sont vides mais les mutuelles engrangent 7 mil­liards d’eu­ros de béné­fices. Grands seigneurs, elles met­taient 150 mil­lions d’eu­ros sur la table des négo­ci­a­tions pour demain s’in­stau­r­er pilote de l’avion : sélec­tion des prati­ciens, des étab­lisse­ments et plan­i­fi­ca­tion de l’ac­cès aux soins. Alors que le gou­verne­ment exige une traça­bil­ité extrême des pra­tiques des médecins, il vient de renon­cer à cette même trans­parence en direc­tion des mutuelles jusqu’en 2014 !


Et demain ?

Notre pays tra­verse une crise sans précé­dent et la san­té coûte cher. Des pistes d’é­conomies impor­tantes sont pos­si­bles et nom­breuses : quelle est la part dans le bud­get des mutuelles qui revient aux soins ? Quelles sont les économies pos­si­bles dans l’industrie du médica­ment, les trans­ports san­i­taires, etc… ? L’Avenant numéro 8 signé par trois organ­i­sa­tions syn­di­cales dans le cadre des négo­ci­a­tions con­ven­tion­nelles con­cen­tre à l’inverse les oppo­si­tions de très nom­breux autres syn­di­cats. Cet avenant va détru­ire pro­gres­sive­ment notre pro­fes­sion et n’of­fre aucun sys­tème de rem­place­ment. Nous sommes européens et nous deman­dons un aligne­ment sur nos voisins : un C à 40 euros ! Pour s’op­pos­er à cet avenant et pour défendre notre sys­tème de san­té sol­idaire, nous fer­ons grève comme 17 autres syn­di­cats ou organ­i­sa­tions pro­fes­sion­nelles à par­tir du 12 novem­bre et man­i­fes­terons dans les rues de Paris le 14 novem­bre.

http://www.ufml-asso.fr/