Fab­rice HENRY, Prési­dent de l’Unocam (L’Union nationale des organ­ismes d’assurance mal­adie com­plé­men­taire)

Com­ment l’Unocam s’est-elle pro­filée lors des négo­ci­a­tions ?
Quelles ont été vos pris­es de posi­tion ? 
Ces négo­ci­a­tions ont été pour le moins longues et fas­ti­dieuses. Pour nous, les enjeux étaient clairs et, dès le 11 octo­bre, nous les avions pré­cisés par écrit. Nous avions for­mulé nos reven­di­ca­tions dans un cour­ri­er à Frédéric van Roekeghem, Directeur général de l’Uncam. Nous avons ori­en­té notre action sur la val­ori­sa­tion du secteur I. C’est la ligne que nous avons tenue tout au long des négo­ci­a­tions. Je rap­pelle que les com­plé­men­taires solv­abilisent déjà les dépasse­ments d’honoraires à hau­teur de 800 mil­lions, sur les 2,4 mil­liards d’euros de sur­coûts générés par ceux-ci. Nous avons néan­moins con­staté que ces 800 mil­lions d’euros n’ont pas con­tribué à faire baiss­er les dépasse­ments d’honoraires, au con­traire. C’est pour cela que nous avons souhaité nous engager, non sur le finance­ment des dépasse­ments d’honoraires mais sur la reval­ori­sa­tion du secteur I. Cela a ten­du les choses avec cer­tains syn­di­cats de médecins mais nous sem­ble obéir à une logique d’efficacité.

Que pensez-vous de l’accord qui a été arraché ?
Je dois soulign­er que les organ­ismes com­plé­men­taires sont restés unis tout au long des négo­ci­a­tions. Per­son­ne (NDLR : au sein de l’Uno­cam), ne s’est opposé à l’avenant numéro 8 et nous avons prou­vé notre capac­ité à nous insér­er ensem­ble dans une poli­tique con­ven­tion­nelle et dans un con­trat avec l’Assurance mal­adie. Le con­trat d’accès aux soins et l’avenant 8 nous sem­blent pou­voir créer une avancée. Nous avons égale­ment demandé et obtenu la créa­tion d’un Obser­va­toire des dépasse­ments d’honoraires et du con­trat d’accès aux soins. Pour que ce dernier soit pérenne, il faut qu’il soit signé par 33% des médecins. Nous avions demandé, pour plus de représen­ta­tiv­ité, qu’il soit signé par 50%. À long terme, nous espérons, au sein des con­trats d’accès aux soins, con­stater une con­ver­gence tar­i­faire entre les médecins du secteur I et les médecins du secteur II qui l’ont signé. Un pla­fon­nement des dépasse­ments abusifs est prévu. Nous souhaitions égale­ment des mesures de mod­éra­tion pour les dépasse­ments d’honoraires des médecins de secteur II qui ne souhait­ent pas sign­er le con­trat d’accès aux soins, mais nous n’avons mal­heureuse­ment pas eu gain de cause. J’ai beau­coup insisté sur le fait qu’il faut rai­son garder dans une péri­ode de crise, où les Français ne com­prendraient pas for­cé­ment que l’on fasse la course aux rem­bourse­ments des dépasse­ments d’honoraires. Les chiffres sont par­lants : il y a de grandes dif­férences selon les spé­cial­ités et selon les régions avec un taux moyen de dépasse­ments d’honoraires de 56 % et pour les médecins de secteur II, 30 à 40% des actes sont déjà fac­turés au tarif oppos­able. Même si l’op­pos­abil­ité des tar­ifs est acquise pour les béné­fi­ci­aires de la CMU et éten­due à l’ACS, à l’AME et aux urgences, nous auri­ons préféré un taux glob­al de tar­ifs oppos­ables par­tant de la réal­ité déjà con­nue. Au final, nous atten­dons une baisse des restes à charge et une diminu­tion des dépasse­ments !

Com­ment comptez-vous répar­tir les 150 mil­lions d’euros de finance­ment de l’Unocam ?
En plus des 320 mil­lions sup­plé­men­taires attribués par l’Assurance mal­adie à la val­ori­sa­tion du secteur I, les com­plé­men­taires se sont engagées à financer 150 mil­lions d’euros pour con­forter les con­trats d’accès aux soins. Trois mod­èles de répar­ti­tion sont pos­si­bles : soit par majo­ra­tion, soit par for­fait, soit par une con­tri­bu­tion aux con­sul­ta­tions, comme c’est déjà le cas pour les con­sul­ta­tions de type C2. En ce moment, nous pen­chons plutôt pour un finance­ment de type for­fait, un peu comme les for­faits ALD à 40 euros déjà pris en charge par l’Assurance mal­adie, surtout si le for­fait peut amélior­er la coor­di­na­tion des soins et l’articulation ville/hôpital dans les ter­ri­toires. Nous souhaitons que cette val­ori­sa­tion soit pos­i­tive pour les assurés.