La FHP-MCO, syn­di­cat des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) de la Fédéra­tion de l’hospitalisation privée, déplore un Pro­jet de loi de finance­ment de la sécu­rité sociale (PLFSS) 2013 de régres­sion, qui men­ace d’impacter très défa­vor­able­ment le secteur privé hos­pi­tal­ier.

« C’est un PLFSS pour rien, tant sur le plan du finance­ment que de la trans­parence du sys­tème de soins », affirme Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO, qui regroupe quelque 600 clin­iques et hôpi­taux privés.

A mis­sion iden­tique, finance­ment égal

La FHP-MCO regrette qu’il soit mis fin au proces­sus de con­ver­gence des tar­ifs hos­pi­tal­iers publics et privés, qui aurait per­mis d’économiser 7 mil­liards d’euros par an. Alors qu’elle est de nou­veau en déficit pour la 25e année con­séc­u­tive, l’assurance mal­adie con­tin­uera donc de rémunér­er un hôpi­tal pub­lic 6.457 euros pour une pose de pro­thèse de hanche, con­tre 5.492 € pour une clin­ique, soit près de 1.000 euros d’écart. Appliqué à l’ensemble des presta­tions de soins, l’hôpital pub­lic béné­fi­cie ain­si de tar­ifs supérieurs de 28% à ceux du privé.

« C’est tout sim­ple­ment aber­rant. Nous récla­m­ons la mise en place d’un tarif unique pour l’ensemble des 2.300 presta­tions de soins tar­ifées à l’activité. A mis­sion iden­tique, finance­ment égal. Nous sommes tous des acteurs du sys­tème hos­pi­tal­ier exerçant une mis­sion d’intérêt général au ser­vice des patients et nous deman­dons un traite­ment juste et équitable », demande Lamine Ghar­bi.

A ce sujet, la FHP-MCO s’étonne des pro­pos récents de la min­istre de la San­té qui affir­mait récem­ment dans un entre­tien au Parisien : « Je met­trai fin dès cette année à la con­ver­gence tar­i­faire qui finance exacte­ment de la même façon étab­lisse­ments privés et étab­lisse­ments publics. Il ne s’agit pas de nier l’utilité du privé, mais de rap­pel­er que la seule caté­gorie d’établissement qui fasse tout, c’est l’hôpital pub­lic : il forme, il cherche, il accueille les plus vul­nérables ».

Les mis­sions spé­ci­fiques de l’hôpital pub­lic men­tion­nées par la min­istre sont financées, non par les tar­ifs, mais par une enveloppe spé­ci­fique dite MIGAC d’un mon­tant de 8,5 mil­liards d’euros. En aucun cas, la spé­ci­ficité de ces mis­sions ne saurait jus­ti­fi­er un dif­féren­tiel des tar­ifs.

Une men­ace économique pour le secteur privé

La répar­ti­tion dif­féren­ciée de la pro­gres­sion de l’ONDAM (2,4% pour les étab­lisse­ments tar­ifés à l’activité et 3,1% pour les autres dépens­es de l’hôpital) va aggraver la sit­u­a­tion économique des étab­lisse­ments de san­té privés, dont 43% affichaient un déficit en 2010.

« Nous ne sauri­ons accepter une injus­tice de plus qui représente une men­ace économique grave pour nos étab­lisse­ments et toute une fil­ière d’excellence qui représente 200.000 emplois », aver­tit le prési­dent de la FHP-MCO.

La FHP-MCO s’élève notam­ment con­tre l’accroissement des charges salar­i­ales (élar­gisse­ment de la taxe sur les salaires, tax­a­tion des indem­nités de départ con­ven­tion­nelles, etc.) qui va pénalis­er encore davan­tage les étab­lisse­ments privés.

Manque de trans­parence

Enfin, le PLFSS con­sacre un recul sur la trans­parence des règles de fonc­tion­nement. La FHP-MCO regrette à ce titre un report de l’obligation de fac­tura­tion de 2013 à 2016 pour les hôpi­taux publics. « Cela fait des années que, dans nos clin­iques, nous sommes capa­bles de pro­duire une fac­ture pour nos patients. De même, pour les comptes de nos étab­lisse­ments qui sont cer­ti­fiés chaque année par des com­mis­saires aux comptes. On peut s’étonner qu’au XXIe siè­cle, l’hôpital pub­lic en soit encore inca­pable », relève Lamine Ghar­bi.

La FHP-MCO dénonce égale­ment le main­tien inéquitable d’un dis­posi­tif com­plexe sur le tick­et mod­éra­teur dans le pub­lic, con­duisant à un reste à charge de près de 900 mil­lions d’euros pour les patients des hôpi­taux publics, et qui plus est, vari­able selon l’histoire des étab­lisse­ments publics.