La FHP-MCO, syn­di­cat des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) de la Fédéra­tion de l’hospitalisation privée, demande l’organisation urgente d’Etats généraux du finance­ment de la pro­tec­tion sociale face à l’accumulation irre­spon­s­able, année après année, des déficits de l’assurance-maladie.

« L’assurance mal­adie, c’est le ton­neau per­cé des Danaïdes. Cela fait depuis 1988 que le bud­get de l’assurance-maladie n’a pas été à l’équilibre, avec plus de 140 mil­liards d’euros de dette cumulée en 24 ans et l’on nous annonce aujourd’hui un nou­veau déficit pour 2013 de 5,1 mil­liards d’euros. La san­té des Français est financée à crédit, cela ne peut plus dur­er. La vérité et la jus­tice exi­gent de dire que ce sont les généra­tions futures – nos enfants – qui paieront l’addition de cette ges­tion irre­spon­s­able car il fau­dra bien rem­bours­er la dette sociale », s’insurge Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO, qui regroupe quelque 600 clin­iques et hôpi­taux privés.

La FHP-MCO demande que les voies de réformes struc­turelles du sys­tème de san­té et de son finance­ment, que détail­lent rap­port après rap­port la Cour des Comptes et les Inspec­tions générales, soient enfin mis­es sur la table, débattues et qu’on s’y attelle.

« Com­bi­en de temps encore cette sit­u­a­tion va-t-elle per­dur­er ? Nous deman­dons la tenue d’Etats généraux du finance­ment de la pro­tec­tion sociale pour que cesse cette litanie de déficits égrenée chaque année, sans que per­son­ne ou presque ne s’en émeuve. Et pour que l’on fasse le choix d’une véri­ta­ble poli­tique de finance­ment de l’assurance mal­adie. Car c’est tout notre sys­tème de pro­tec­tion sociale qui est men­acé et, avec lui, la san­té des Français que l’on met en péril », pour­suit Lamine Ghar­bi.

La FHP-MCO demande à être enten­due par le Haut con­seil du finance­ment de la pro­tec­tion sociale (HCFPS), instal­lé la semaine dernière par le Pre­mier min­istre, et qui doit ren­dre son rap­port à la fin octo­bre.

La FHP-MCO estime qu’une réforme du finance­ment de la san­té est indis­pens­able pour intro­duire davan­tage de trans­parence et d’équité, accroître l’efficience générale du sys­tème de soins, de manière à génér­er davan­tage d’économies et un équili­bre durable des comptes. Et ce dans le respect de deux principes fon­da­men­taux : la gra­tu­ité et la lib­erté d’accès aux soins.

« Il va devenir impératif de trou­ver une modal­ité de finance­ment de l’assurance mal­adie plus sta­ble et moins soumise aux aléas de l’activité économique, que le mode actuel fondé sur les coti­sa­tions sociales, et donc l’emploi. Et pour cela, il va fal­loir met­tre tous les acteurs autour de la table », affirme Lamine Ghar­bi.

« Il con­vient égale­ment de réfléchir en toute trans­parence et dans la con­cer­ta­tion sur l’évo­lu­tion du mod­èle de finance­ment et de tar­i­fi­ca­tion des étab­lisse­ments de san­té, en asso­ciant étroite­ment tous les acteurs con­cernés, et notam­ment la FHP-MCO, à toute démarche visant à procéder à une déf­i­ni­tion des amé­nage­ments ».

La FHP-MCO réclame la mise en place d’un tarif unique des presta­tions de soins, dans un souci d’équité et d’é­gal­ité de traite­ment entre les divers opéra­teurs de san­té, alors qu’au­jour­d’hui, les tar­ifs du secteur hos­pi­tal­ier privé sont inférieurs de 22% en moyenne à ceux de l’hôpi­tal pub­lic. A presta­tion iden­tique, tarif unique.

Enfin, il est néces­saire de pro­mou­voir le finance­ment de la qual­ité et met­tre fin à une poli­tique qui vise à soutenir des étab­lisse­ments en dif­fi­culté en injec­tant régulière­ment et sans fin des allo­ca­tions de ressources com­plé­men­taires, ce qui pénalise les opéra­teurs qui sont effi­cients et qui font des efforts sur les ressources ;
« Tout en assur­ant la gra­tu­ité des soins et le libre accès, il serait pos­si­ble de pren­dre en charge chaque Français à 100% pour ses frais de san­té, si seule­ment on s’attaquait aux dys­fonc­tion­nements du sys­tème. D’autres pays, comme le Cana­da, la Suède ou l’Allemagne l’ont fait avant nous. Dans ce dernier pays, les réserves de l’assurance mal­adie atteignent 22 mil­liards d’euros ! L’avenir est au dépenser mieux pour mieux soign­er », con­clut le prési­dent de la FHP-MCO.