Jean-François ROUBAUD, Prési­dent de la Con­fédéra­tion générale des petites et moyennes entre­pris­es (CGPME)

Com­ment don­ner une meilleure vis­i­bil­ité à nos reven­di­ca­tions syn­di­cales et poli­tiques? 
Si nous voulons faire pass­er nos posi­tions, à la fois auprès des poli­tiques et de l’opinion publique, nous devons avoir un dis­cours réal­iste et con­cret basé sur des propo­si­tions à même de fédér­er l’ensemble de nos adhérents. Ain­si, depuis plus de 65 ans, la CGPME n’a eu de cesse de défendre les PME pat­ri­mo­ni­ales et aujourd’hui, nous con­tin­uons à tra­vailler au niveau nation­al et inter­na­tion­al pour faire val­oir l’intérêt des PME français­es.
La vis­i­bil­ité de nos propo­si­tions est le résul­tat d’un tra­vail en amont pour s’afficher comme une organ­i­sa­tion réelle­ment représen­ta­tive et cela, nous le devons à tous nos adhérents. Par ailleurs, si nous soutenons les propo­si­tions favor­ables au développe­ment des TPE-PME, nous n’hésitons pas à nous oppos­er aux pro­jets qui pour­raient les pénalis­er. Ce fut notam­ment le cas avec la pre­mière réforme sur la taxe pro­fes­sion­nelle, où la CGPME avait porté le dossier au niveau européen et avait ain­si pu la blo­quer. La vis­i­bil­ité de nos actions est néces­saire­ment liée aux résul­tats obtenus.

La France tra­verse une crise sans précé­dent. Dans quelle mesure la plas­tic­ité et la réac­tiv­ité des entre­pris­es sont des atouts pour sor­tir de la crise ?
La taille des entre­pris­es français­es est sou­vent citée comme un hand­i­cap, nous avons trop de TPE-PME et pas assez de gross­es PME ou ETI. L’objectif est d’aller vers un « Mit­tel­stand » à l’allemande, avec des entre­pris­es ayant atteint la taille cri­tique pour exporter et faire face aux aléas con­jonc­turels. Pour­tant, la struc­ture de nos PME et, comme vous l’indiquez, leur plas­tic­ité et leur réac­tiv­ité pour­rait leur per­me­t­tre de sor­tir de cette crise par le haut.
Comme nous avons pu le con­stater face à la crise, beau­coup d’entreprises dont les dif­fi­cultés n’étaient pas struc­turelles ont su se réor­gan­is­er en interne. Elles ont amélioré leurs modes de ges­tion et leurs process et ont tout mis en place pour con­serv­er leurs salariés. Ain­si, durant les péri­odes les plus dif­fi­ciles, les PME ont moins licen­cié que les grands groupes, ce qui leur a per­mis de faire face aux pics d’activité de manière plus sere­ine.
De même, beau­coup d’entreprises ont su saisir les occa­sions de crois­sance externe qui se présen­taient et ont su inve­stir des créneaux de niche por­teurs, tout en priv­ilé­giant la qual­ité de leurs pro­duits ou ser­vices, dévelop­pant ain­si leur plus-val­ue. Pour autant, les entre­pris­es ont besoin de parte­naires, notam­ment financiers, qui les accom­pa­g­nent et cela n’a mal­heureuse­ment pas tou­jours été le cas.

Aujour­d’hui, 43% des clin­iques et hôpi­taux privés sont en déficit. D’après vous, quels leviers les man­agers en san­té peu­vent-ils activ­er pour sor­tir leurs étab­lisse­ments de ces dif­fi­cultés finan­cières ?
N’évoluant pas dans ce secteur d’activité et ne con­nais­sant pas toutes ses spé­ci­ficités, il m’est dif­fi­cile de don­ner des con­seils sur les leviers à action­ner. Par ailleurs, le taux élevé de struc­tures en dif­fi­culté fait penser que cela est lié, pour par­tie, aux car­ac­téris­tiques de ce méti­er. La san­té n’est pas une pro­fes­sion comme une autre puisque la poli­tique de san­té ain­si que l’intervention de l’assurance mal­adie a des con­séquences non nég­lige­ables sur les marges de vos entre­pris­es. C’est pourquoi il est impor­tant que les clin­iques et hôpi­taux privés puis­sent se rassem­bler au sein d’une struc­ture pro­fes­sion­nelle comme la FHP et indi­recte­ment de la CGPME, pour pou­voir peser sur les poli­tiques publiques de la san­té.
Il est impor­tant qu’en ayant tou­jours comme pri­or­ité la san­té des patients, les entre­pris­es du secteur puis­sent vivre et se dévelop­per de manière pérenne.