La FHP-MCO, syn­di­cat des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) de la Fédéra­tion de l’hospitalisation privée, regrette le retour en arrière vers un hos­pi­ta­lo-cen­trisme dépassé de la part du gou­verne­ment.

« Le pacte de con­fi­ance qui a été présen­té par la min­istre de la San­té porte une vision du sys­tème de soins qui a le mérite de vouloir avancer sur de nom­breux points, par exem­ple l’amélioration du par­cours de soins et de l’accès aux soins et nous tra­vaillerons avec le gou­verne­ment en ce sens », affirme Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO, qui regroupe quelque 600 étab­lisse­ments. « Mais, en voulant faire de l’hôpital pub­lic l’épine dor­sale de notre sys­tème de soins, le gou­verne­ment ignore mal­heureuse­ment les réal­ités san­i­taires et fait fi des con­traintes économiques et européennes ».

« Avec l’annonce de la fin de la con­ver­gence tar­i­faire, le rétab­lisse­ment de la notion de ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier, la réforme de la gou­ver­nance à l’hôpital, on assiste avec inquié­tude à un retour en arrière vers un sys­tème de soins con­stru­it presque entière­ment sur et autour de l’hôpital pub­lic, alors qu’une telle vision, on le sait, ne pour­ra résoudre les ques­tions du finance­ment de notre sys­tème de san­té et de l’accès aux soins ».

La FHP-MCO rap­pelle que les étab­lisse­ments de san­té privés exer­cent leurs mis­sions au ser­vice du patient dans un souci per­ma­nent de qual­ité, de sécu­rité des soins, et d’accessibilité aux soins, et ce de manière respon­s­able sur le plan de la ges­tion et de l’efficience organ­i­sa­tion­nelle. « Si les clin­iques et hôpi­taux privés réalisent 55% de la chirurgie en France, alors qu’elles ne représen­tent que 27% de l’offre de soins, croyez-vous que ce soit le fait du hasard ? Non, c’est parce que plus de 8 mil­lions de patients font chaque année le choix de nous faire con­fi­ance », souligne le prési­dent de la FHP-MCO.

 « Si, comme l’a dit Madame la min­istre de la San­té, l’hospitalisation privée est un élé­ment à part entière de l’offre de soins dans notre pays, celle-ci a aus­si besoin de la con­fi­ance de sa min­istre de tutelle. Pourquoi lim­iter la con­fi­ance à l’hôpital pub­lic ? Pourquoi ne pas recon­naître que, nous aus­si, nous por­tons des valeurs et assumons des mis­sions au ser­vice des Français ? », s’interroge Lamine Ghar­bi.

Finance­ment : une occa­sion man­quée

La FHP-MCO regrette que, dans le con­texte actuel de crise des comptes publics, le gou­verne­ment se prive de 7 mil­liards d’euros d’économies par an en annonçant sans con­cer­ta­tion la fin de la con­ver­gence entre les tar­ifs hos­pi­tal­iers publics et privés. La réforme de la con­ver­gence tar­i­faire a été achevée en Alle­magne en 2009, où elle a per­mis de réalis­er 11 mil­liards d’euros d’économies.

« C’est une occa­sion man­quée d’engager des réformes struc­turelles essen­tielles et respon­s­ables. Le jour où l’on apprend que les réserves de l’assurance-maladie en Alle­magne atteignent désor­mais près de 22 mil­liards d’euros, alors que chez nous, le trou de la Sécu devrait attein­dre cette année 15 mil­liards d’euros, on ne peut que regret­ter que le gou­verne­ment ne tienne pas compte des réal­ités économiques et des nom­breux avis de la Cour des Comptes et des cham­bres régionales, de l’Igas et de l’Inspection des Finances, qui pointent la néces­sité de réalis­er des gains d’efficience au sein du sys­tème hos­pi­tal­ier », souligne le prési­dent de la FHP-MCO.

Ce n’est pas parce que « l’hôpital n’est pas une entre­prise » — selon les pro­pos de Madame la min­istre —  qu’il ne doit pas veiller pour autant à la bonne util­i­sa­tion de ses fonds. L’idée même de la con­ver­gence n’est pas de met­tre en dif­fi­culté l’hôpital mais bien de met­tre fin à un sys­tème infla­tion­niste, inef­fi­cace, injuste et coû­teux pour la col­lec­tiv­ité. La FHP-MCO rap­pelle que les tar­ifs Sécu des clin­iques et hôpi­taux privés sont inférieurs de 22% en moyenne à ceux des hôpi­taux publics, pour une presta­tion de soins iden­tiques.

« Qu’il faille adapter la tar­i­fi­ca­tion à l’activité, nul doute. Il faudrait notam­ment une meilleure prise en compte de la qual­ité dans le mod­èle de finance­ment. Mais dire que la col­lec­tiv­ité, les con­tribuables et les coti­sants soci­aux doivent pay­er plus pour l’hôpital parce qu’il coûte cher relève d’une con­struc­tion économique pour le moins… curieuse», souligne Lamine Ghar­bi.

La FHP-MCO rap­pelle que les mis­sions spé­ci­fiques avancées par la Min­istre sont déjà financées par ailleurs sous forme d’une enveloppe budgé­taire dite MIGAC, de 8,5 mil­liards d’euros, dont les mon­tants sont par­fois dif­fi­ciles à jus­ti­fi­er.

Des mis­sions de ser­vice pub­lic assumées et revendiquées

La FHP-MCO regrette enfin le retour à la notion de ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier, qui lie la mis­sion de ser­vice pub­lic au statut des étab­lisse­ments.

Le secteur hos­pi­tal­ier privé revendique sa place à part entière dans les mis­sions de ser­vice pub­lic, un impératif d’ailleurs incon­tourn­able pour attein­dre les objec­tifs fixés par le prési­dent de la République sur les urgences notam­ment.