La FHP-MCO, fédéra­tion des clin­iques et hôpi­taux spé­cial­isés en médecine, chirurgie, obstétrique, dénonce le traite­ment inique réservé au secteur hos­pi­tal­ier privé dans la fix­a­tion des tar­ifs hos­pi­tal­iers pour 2012 par le gou­verne­ment Fil­lon, dont l’irresponsabilité sur le plan économique n’aura eu d’équivalent que le manque de courage poli­tique.

« Après trois années à 0%, se féliciter comme le font nos min­istres d’une aug­men­ta­tion de 0,19% des tar­ifs est tout bon­nement ridicule, alors que les charges de nos étab­lisse­ments ont forte­ment aug­men­té. Aujourd’hui, 43% d’entre eux sont en déficit du fait que les rem­bourse­ments de l’assurance-maladie ne cou­vrent plus qu’à 88% les charges d’exploitation car les tar­ifs sont trop faibles. Aujourd’hui, en France, c’est une clin­ique qui ferme ou qui se regroupe par semaine et c’est tout un secteur économique d’excellence qui s’en trou­ve men­acé », déclare Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO, qui regroupe 600 étab­lisse­ments.

On punit les bons élèves

A ce manque de courage poli­tique s’ajoute pour la FHP-MCO le traite­ment inique réservé aux clin­iques et hôpi­taux privés. « Traiter de manière iden­tique, par une même aug­men­ta­tion de 0,19% des tar­ifs, le secteur hos­pi­tal­ier privé qui a respec­té l’an dernier le vol­ume prévi­sion­nel à 2,4% et le pub­lic qui l’a dépassé à 3,2%, c’est pro­fondé­ment injuste et inac­cept­able », pour­suit Lamine Ghar­bi.

« Une nou­velle fois, on punit les bons élèves vertueux – les clin­iques et hôpi­taux privés qui sont con­traints à une ges­tion rigoureuse sous peine de fail­lite – et on récom­pense les moins per­for­mants, les hôpi­taux publics, avec leurs dérives bien con­nues et le sur­coût de 28% qu’ils imposent à la Sécu­rité sociale et donc à la col­lec­tiv­ité », s’indigne le prési­dent de la FHP-MCO.

La con­ver­gence tar­i­faire en panne

La FHP-MCO déplore le recul irre­spon­s­able du mou­ve­ment de con­ver­gence tar­i­faire, avec seule­ment un objec­tif de 100 mil­lions d’euros pour 2012, alors que la loi prévoit que les tar­ifs des deux secteurs soient alignées en 2018. Or, pour une presta­tion de soins iden­tique, les hôpi­taux publics con­tin­u­ent d’être rem­boursés 28% de plus en moyenne qu’une clin­ique.

« A ce rythme-là, la con­ver­gence sera réal­isée en… 2082 ! Au regard des déficits des comptes soci­aux, il s’agit d’un recul irre­spon­s­able, quand on sait que la Cour des comptes, qui éval­ue à 7 mil­liards d’euros les gise­ments d’économies réal­is­ables dans les hôpi­taux publics, vient de réclamer que l’on mette un terme à la dérive des comptes soci­aux », souligne Lamine Ghar­bi.

La FHP-MCO demande qu’enfin les pou­voirs publics s’attaquent avec courage aux défi­ciences du sys­tème hos­pi­tal­ier et arrê­tent de faire subir aux clin­iques et aux citoyens les con­séquences de l’impéritie du pub­lic, en réal­louant les ressources là où elles seront le mieux util­isées.

Le tour de passe-passe des MIGAC (+ 3,44%)

La FHP-MCO dénonce le tour de passe-passe réal­isé avec l’augmentation de 3,44% de l’enveloppe budgé­taire dite MIGAC (mis­sions d’intérêt général et aides à la con­trac­tu­al­i­sa­tion), un taux bien supérieur à l’évolution de l’ONDAM hos­pi­tal­ier fixé à 2,6%. Cette enveloppe, attribuée de manière opaque et sans jus­ti­fi­ca­tion préal­able des sur­coûts, est en hausse de 200 mil­lions d’euros, à 8,5 mil­liards d’euros, soit l’équivalent du chiffre d’affaires du secteur des clin­iques et hôpi­taux privés MCO.

« On aurait pu tout aus­si bien aug­menter les tar­ifs des clin­iques de 3,44%, cela aurait représen­té la même somme. Il s’agit donc bien d’un cal­cul poli­tique. Lorsque, de sur­croît, on sait que la par­tie AC (aides à la con­trac­tu­al­i­sa­tion) de cette enveloppe, soit 2,3 mil­liards d’euros, sert à ren­flouer les hôpi­taux en déficit en fin d’année et à pay­er les RTT, on ne peut être qu’inquiet sur l’état exact des finances des hôpi­taux publics et, au final, sur leur coût réel pour la col­lec­tiv­ité », affirme pour sa part Thier­ry Béchu, délégué général de la FHP-MCO.

La FHP-MCO rap­pelle que le déficit cumulé des hôpi­taux publics au cours des cinq dernières années totalise env­i­ron 3 mil­liards d’euros, dont 650 M€ prévus pour 2011, avec une dette qui a explosé, à 24 mil­liards d’euros (2010).

« De deux choses l’une : soit les hôpi­taux sont sous-payés par la Sécu et dans ce cas, il faut, une fois les tar­ifs public/privé alignés, les aug­menter », souligne Lamine Ghar­bi. « Soit l’on doit bien con­stater que l’hôpital pub­lic vit au-dessus de ses moyens et qu’il est inef­fi­cace du fait de ses carences organ­i­sa­tion­nelles. Le courage poli­tique exig­erait alors que l’on  demande aux hôpi­taux publics un effort sérieux pour ajuster leurs moyens à leur activ­ité réelle de soins et qu’on mette fin aux gaspillages et aux carences en matière de ges­tion que les cham­bres régionales des comptes con­sta­tent régulière­ment ».