Dr. Chris­t­ian Jeam­brun est Prési­dent du Syn­di­cat des médecins libéraux (SML), médecin libéral de réé­d­u­ca­tion fonc­tion­nelle.


Dans sa plate-forme de réflex­ion pour l’élec­tion prési­den­tielle, la FHF a pro­posé que les hôpi­taux puis­sent organ­is­er les soins de prox­im­ité quand la médecine de ville est défail­lante, et pro­pose de lim­iter le finance­ment par l’as­sur­ance mal­adie aux étab­lisse­ments assur­ant des mis­sions de ser­vice pub­lic. Com­ment réagis­sez-vous, au nom du SML à cette propo­si­tion ? 
A mon avis, voilà ce qui se passe : la FHF, réal­isant qu’elle était dans un état de fail­lite per­ma­nente, avec des recettes insuff­isantes et des frais de fonc­tion­nement qui ne sont même plus cou­verts par le mon­tant des MIGAC, la FHF s’intéresse au secteur privé qui dégage des gains de pro­duc­tiv­ité, dans le respect de l’ONDAM libéral alors même qu’il est inférieur au leur. Comme la FHF est à l’affut de nou­velles recettes, elle a instru­men­tal­isé l’idée des déserts médi­caux, et pro­jette de faire main basse sur la médecine libérale, en récupérant cer­taines de nos prérog­a­tives comme l’avenant 20 et autres.

Que pensez-vous de la déser­ti­fi­ca­tion médi­cale en France ? 
Le prob­lème des déserts médi­caux et des zones hyper sen­si­bles est aigu. Les dif­fi­cultés d’accès aux soins des per­son­nes isolées sont réelles, mais l’im­por­tance en nom­bre de la pop­u­la­tion con­cernée reste à moins de 4 % et seule­ment 1 000 com­munes seraient con­cernées. C’est pourquoi le SML a fait des propo­si­tions au gou­verne­ment : dévelop­per les maisons pluridis­ci­plinaires sur l’ensemble du ter­ri­toire, et amélior­er l’ex­er­ci­ce des médecins retraités act­ifs, qui veu­lent pra­ti­quer leur pro­fes­sion après 65 ans. Il y a trois semaines le SML a souhaité sécuris­er ce pro­jet de retraite active, en définis­sant les con­di­tions de son appli­ca­tion et en pro­posant pour eux un véri­ta­ble statut au min­istre. Mais le SML sou­tient aus­si l’augmentation du numerus clausus, asso­cié à une grande cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion van­tant l’in­térêt de l’ex­er­ci­ce libéral. Enfin, le SML pré­conise un inter­nat mixte, moitié libéral, moitié pub­lic. Sig­nalons la propo­si­tion de loi Vigi­er icon­o­claste, basée sur la coerci­tion, qui impose aux internes trois années de ser­vice oblig­a­toire sur le ter­ri­toire français. En matière de ges­tion médi­cale, la coerci­tion n’apporte jamais rien de bon. Le pre­mier effet de cette loi serait évidem­ment une baisse d’effectif dans les facs de médecine.

Pou­vez-vous imag­in­er tra­vailler plus étroite­ment avec la FHP-MCO ?
A mon avis, il est temps que SML et la FHP-MCO tra­vail­lent ensem­ble pour résis­ter à ce genre de propo­si­tions déloyales. Les bases d’une col­lab­o­ra­tion effi­ciente pour­raient être, d’abord un brain­storm­ing général sur ce qui s’oppose à vous et à nous, et ensuite, une réflex­ion sur les méth­odes pour y remédi­er. Pour moi, les valeurs d’efficience, de qual­ité et de lib­erté sont à la base de la médecine libérale. Nous avons beau­coup en com­mun, tra­vail­lons ensem­ble !