(com­mu­niqué de presse)

La FHP-MCO, fédéra­tion des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO), dénonce les dernières propo­si­tions de la Fédéra­tion hos­pi­tal­ière de France (FHF, hôpi­taux publics) visant à faire main basse sur la médecine libérale et à organ­is­er l’éviction d’une offre de soins privée dans les déserts médi­caux, alors que l’hôpital pub­lic peine déjà à rem­plir ses mis­sions.

« C’est affligeant. Au lieu de se souci­er des déserts médi­caux, les hôpi­taux publics devraient déjà bal­ay­er devant leur porte et rem­plir les mis­sions pour lesquelles ils sont large­ment dotés. Quand on voit que les tours de garde ne sont pas bouclés dans de nom­breux ser­vices, qu’ils doivent faire appel à des médecins rem­plaçants ou que tout sim­ple­ment, ils ont du mal à recruter des médecins, on peut s’interroger sur leur capac­ité à inve­stir ce genre de mis­sions de prox­im­ité qui exi­gent réac­tiv­ité et effi­cience », déclare le prési­dent de la FHP-MCO, Lamine Ghar­bi.

La FHP-MCO, qui regroupe quelque 600 clin­iques et hôpi­taux privés, rap­pelle que, dans de nom­breuses régions de France, c’est l’hôpital pub­lic qui a déserté les ter­ri­toires et qui est inca­pable de main­tenir une offre de soins de prox­im­ité.

« Ce sont pré­cisé­ment des clin­iques et hôpi­taux privés qui assurent cette cou­ver­ture médi­co-chirur­gi­cale de prox­im­ité en mail­lant ces ter­ri­toires désertés par l’hôpital pub­lic, dans des endroits où, de par sa lour­deur, il ne peut aller », souligne le prési­dent de la FHP-MCO, Lamine Ghar­bi.

« C’est le cas par exem­ple dans le Langue­doc-Rous­sil­lon, autour de Mont­pel­li­er et Per­pig­nan, où ce sont des étab­lisse­ments privés excen­trés qui assurent une cou­ver­ture médi­cale de prox­im­ité et un accueil médi­cal 24/24», relève Lamine Ghar­bi.

Dans une « plate­forme poli­tique » présen­tée mer­cre­di à la presse, la FHF a pro­posé que chaque clin­ique signe un con­trat avec l’hôpi­tal voisin et que, dans les ter­ri­toires en sous-den­sité médi­cale, l’hôpi­tal pub­lic organ­ise des soins de prox­im­ité en ouvrant des cab­i­nets médi­caux pour offrir aux pop­u­la­tions locales en ambu­la­toire des soins que les  médecins libéraux ne seraient pas capa­bles d’of­frir. La FHF pro­pose égale­ment que les clin­iques ne rem­plis­sant pas des mis­sions de ser­vice pub­lic ne puis­sent plus recevoir de finance­ment de l’assurance-maladie.

« On ne saurait con­cevoir que l’hôpital pub­lic s’érige en régu­la­teur de l’offre de soins et soit à la fois juge et par­tie. Les clin­iques n’ont pas voca­tion à être des annex­es de l’hôpital ni à être mis­es sous une quel­conque tutelle des hôpi­taux. Elles sont des acteurs de soins à part entière  », souligne Thier­ry Béchu, délégué général de la FHP-MCO, pour qui « le rôle de régu­la­teur et de con­trôle ne peut pas relever d’un étab­lisse­ment en sit­u­a­tion de con­cur­rence ».

Seules les agences régionales de san­té (ARS) doivent avoir le pou­voir d’attribution des mis­sions et des autori­sa­tions, note la FHP-MCO.

La FHP-MCO rap­pelle enfin que le sys­tème de san­té français est fondé his­torique­ment sur la dual­ité d’une offre de soins privé/public et que seule cette com­plé­men­tar­ité est à même d’offrir une médecine de qual­ité et de prox­im­ité, ain­si qu’une lib­erté de choix aux patients.