La salle du con­seil, rue Mon­ceau à Paris était hier juste assez grande pour répon­dre à l’af­flu­ence de vos représen­tants admin­is­tra­teurs à ce pre­mier con­seil FHP-MCO de l’an­née 2012. Année nou­velle mais bataille anci­enne : l’équité du finance­ment public/privé était à l’or­dre du jour. Alors que la FHP se con­cen­tr­era sur une com­mu­ni­ca­tion de val­ori­sa­tion de la pro­fes­sion, la FHP-MCO se réserve celle de la reven­di­ca­tion. Nous nous met­tons donc en ordre de marche pour dénon­cer sys­té­ma­tique­ment le puits sans fond qu’est l’hôpi­tal. Car pour “dépenser mieux”, il faut com­mencer par “mieux gér­er ses ressources”. L’en­jeu est de taille : la Cour des comptes éval­ue à 7 mil­liards d’eu­ros par an les gise­ments d’é­conomie à l’hôpi­tal pour les seules activ­ités de court séjour… ou davan­tage car l’oblig­a­tion de cer­ti­fi­ca­tion des comptes des hôpi­taux ne sera effec­tive qu’en 2014 !

Lamine GHARBI
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO
http://leblogdupresident.fhpmco.fr/

En bref, quelques points de la cam­pagne 2012
La clas­si­fi­ca­tion V11 fera l’ob­jet d’une mod­i­fi­ca­tion sur les actuelles CMD 14 et 15. La FHP-MCO a demandé une étude d’im­pact à la DGOS. Con­cer­nant la chirurgie ambu­la­toire, la DGOS souhaite pour­suiv­re une poli­tique tar­i­faire inci­ta­tive mar­quée et l’abo­li­tion de cer­taines normes. Con­cer­nant la dial­yse, elle souhaite pour­suiv­re la réflex­ion sur les inci­tat­ifs tar­i­faires à la prise en charge hors cen­tre (étude ATIH). La tutelle fait part de sa volon­té de réin­té­gr­er l’ensem­ble des médica­ments suiv­ants dans les con­di­tions habituelles (valeur d’achat) : Tax­otère, Flolan, Zave­dos, Hycamtin, Rem­i­cade, Enbrel, Humi­ra. Il n’y aura pas d’in­té­gra­tion des DMI en 2012. Fin du for­fait de haute tech­nic­ité : 59 mil­lions sur les 62 GHM ciblés.

Du “Pra­do” sans le dire !
Sans anticiper sur les travaux de la com­mis­sion nais­sance de la FHP-MCO et les déci­sions qu’elle pren­dra le 24 jan­vi­er prochain, la FHP-MCO rap­pelle que les mater­nités privées n’ont pas atten­du le lob­by­ing des sages-femmes pour faire du “Pra­do” sans le dire. Un dis­posi­tif existe déjà pour pro­pos­er et organ­is­er le retour à domi­cile des par­turi­entes à J+2 ou 3 avec un accom­pa­g­ne­ment à domi­cile à la clé. En atten­dant, sachez que vous n’avez aucune oblig­a­tion à par­ticiper au process “Pra­do”.

On avance en marchant
Déclarait Mr Maigne, directeur de la HAS, invité avec Messieurs Leludec et Jean Patrick Sales au Con­seil d’ad­min­is­tra­tion de la FHP-MCO d’hi­er avant de répéter l’ex­er­ci­ce auprès de la FHF prochaine­ment, pour présen­ter leurs actuels travaux sur la per­ti­nence des actes. Saisie par la DGOS qui approche ce dossier de façon nor­ma­tive, la HAS insiste sur un bénéfice/risque dans un con­texte indi­vidu­el et col­lec­tif. La HAS con­sid­ère que l’objet n’est pas tant de “pro­duire des référen­tiels mais d’outiller là où cela est néces­saire”. Elle n’a “pas voca­tion à être un juge de paix” mais celle d’ap­porter une “aide à la déci­sion publique et aux pro­fes­sion­nels”.

Recoder
Un cer­tain nom­bre d’étab­lisse­ments ont lancé des audits pour recoder des dossiers ciblés sur la péri­ode 2010–2011. Un grand nom­bre de dossiers sous-codés et quelques dossiers sur-codés sont débusqués. Et si toute la pro­fes­sion s’y met­tait ?

Un “ersatz” de secteur option­nel
Le con­seil d’ad­min­is­tra­tion de la FHP-MCO s’est dit choqué du sort réservé aux 1000 prati­ciens de secteur 1 pour qui le secteur option­nel restera un beau mirage. Beau­coup d’e­spoir hier et de rancœur aujour­d’hui pour rien. Bref, une très mau­vaise approche poli­tique !

Le cauchemard de la nuit pro­fonde
Les inter­ven­tions en nuit pro­fonde sont rares (30 par mois en Île-de-France par exem­ple) mais sont haute­ment sym­bol­iques d’une mis­sion de ser­vice pub­lic. Les ARS tranchent dans le vif des autori­sa­tions des ser­vices d’ur­gence. Au “détourne­ment” de l’ac­tiv­ité, s’a­joute celle des patients. Accu­sa­tion qui exige des preuves, nous dit-on. Nous remer­cions tous les étab­lisse­ments qui dis­posent de let­tres de patients dont le souhait d’être achem­iné vers une clin­ique n’a pas été exaucé, de bien vouloir nous les faire suiv­re. Dossier suivi par Thier­ry Béchu (thierry.bechu.mco@fhp.fr).

Un puits sans fond !
130 hôpi­taux et étab­lisse­ments médi­co-soci­aux ont obtenu 440 mil­lions d’eu­ros des direc­tions régionales de la Caisse des dépôts et consigna­tions (CDC) dans le cadre des prêts tox­iques de Dex­ia. Par ailleurs, la FHF indique, au vu des cal­culs faits, qu’au final, 189 mil­lions d’eu­ros de crédits des Migac n’ont pas été attribués.

Réélec­tion
Le Dr Philippe Cuq, chirurgien vas­cu­laire à Toulouse, a été réélu prési­dent de l’U­nion des chirurgiens de France (UCDF). L’UCDF, dont il est prési­dent depuis sa créa­tion en 2005 est née du rap­proche­ment entre le syn­di­cat Union des chirurgiens français (UCF) et l’as­so­ci­a­tion Chirurgiens de France (CDF), une coor­di­na­tion fondée fin 2003. Philippe Cuq co-pré­side par ailleurs l’u­nion syn­di­cale Le Bloc fondée en juin 2010, qui regroupe l’UCDF, l’As­so­ci­a­tion des anesthé­si­ol­o­gistes libéraux (AAL) et le Syn­di­cat nation­al des gyné­co­logues-obstétriciens de France (Syn­gof).