Nico­las Sarkozy n’a pas évo­qué la san­té dans son dis­cours du 31 décem­bre et pour­tant c’est sans doute le pre­mier vœux que les Français se sont souhaités le soir même. Entre prési­den­tielles, lég­isla­tives et triple A, la san­té trou­vera-t-elle sa place ? La ligne poli­tique déjà con­nue, édic­tée par Xavier Bertrand et mise en œuvre par Annie Podeur, restera inchangée. Si ten­ta­tives de séduc­tion oppor­tunistes il y a, elles s’ex­erceront en direc­tion du secteur pub­lic dans l’e­spoir d’obtenir un effet de masse dont notre famille sera bien inca­pable, face aux 800 000 salariés des Hôpi­taux Publics. Notre rhé­torique devra évoluer et notre ambi­tion se raison­ner : une “aug­men­ta­tion” de 0% n’est plus une fig­ure antin­o­mique mais une chance ! La messe n’est pas pour autant écrite, des marges de manœu­vre sub­sis­tent et nous enten­dons bien nous engouf­fr­er dans toutes les brèch­es ouvertes. Les mem­bres du Con­seil d’ad­min­is­tra­tion et toute l’équipe du syn­di­cat se joignent à moi pour vous souhaiter une excel­lente année 2012. Et une bonne san­té !

Lamine GHARBI
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO
http://leblogdupresident.fhpmco.fr/

Une san­té publique
En France, 77.9% des dépens­es de san­té sont financés par des fonds publics, niveau sen­si­ble­ment plus élevé que la moyenne des pays de l’OCDE (71.7%). Par­mi les pays européens, la part du finance­ment pub­lic des dépens­es de san­té est plus élevée en France que dans des pays comme l’Espagne et la Suisse, mais plus faible que dans la plu­part des pays nordiques (Dane­mark, Norvège et Suède) et au Roy­aume-Uni.

Sur­coût des événe­ments indésir­ables asso­ciés aux soins (EIS) à l’hôpital : pre­mières esti­ma­tions
Une étude pub­liée par l’IDRES en décem­bre 2011 four­nit des pre­mières esti­ma­tions nationales du coût de prise en charge d’une par­tie des EIS qui survi­en­nent à l’hôpital, en exploitant les don­nées hos­pi­tal­ières col­lec­tées en rou­tine. 9 indi­ca­teurs de sécu­rité des patients, per­me­t­tant d’identifier les événe­ments indésir­ables néces­si­tant une atten­tion par­ti­c­ulière et sur lesquels il est pos­si­ble d’intervenir en amont, ont été retenus. Les résul­tats mon­trent que 0,5 % des séjours hos­pi­tal­iers sont asso­ciés à l’un ou l’autre de ces 9 événe­ments indésir­ables. Il existe toute­fois de fortes dis­par­ités de sur­coûts, ceux-ci pou­vant vari­er d’un peu plus de 500 € pour les trau­ma­tismes obstétri­caux à env­i­ron 20 000 € pour les sep­ticémies. Ces sur­coûts sont étroite­ment cor­rélés avec la durée des séjours et l’intensité des soins. En 2007, le coût total de prise en charge de ces 9 événe­ments indésir­ables est estimé à 700 mil­lions d’euros, con­cen­tré à 90 % sur 4 événe­ments indésir­ables (désor­dres phys­i­ologiques et métaboliques postopéra­toires, sep­ticémies postopéra­toires, escar­res et embolies pul­monaires postopéra­toires). Les événe­ments indésir­ables exam­inés dans cette étude sont asso­ciés à une aug­men­ta­tion sig­ni­fica­tive du coût et de la durée de séjour à l’hôpital.

Ralen­tisse­ment des actes tech­niques
La pro­gres­sion du nom­bre d’actes tech­niques effec­tués par les médecins libéraux et pris en charge par le régime général a ralen­ti en 2010, à +3,2% (con­tre +4,6% en 2009), selon la CNAMTS. Ce nou­veau bilan d’une année de codage des actes selon la CCAM tech­nique, issu des don­nées de fac­tura­tion des cab­i­nets de ville et des étab­lisse­ments de san­té privés, con­firme la ten­dance au ralen­tisse­ment déjà observée en 2008 (+4,9% con­tre +5,4% en 2007).

Une équipe d’as­treinte
Pas de répit pour le syn­di­cat : pas moins de 7 dépêch­es vous ont été envoyées durant les fêtes !

Dégel
Le min­istère avait pro­vi­sion­né la somme de 450 mil­lions d’eu­ros sur l’en­veloppe des MIGAC, dont 100 vien­nent d’être dégelés. Les MIGAC font l’ob­jet de toutes les atten­tions de la part de la FHF — secteur pub­lic pour lequel une par­tie des 8,3 mil­liards d’eu­ros est une vari­able d’a­juste­ment vitale — et de la FHP-MCO pour qui cette enveloppe est une des rares marges de manoeu­vre pour agir sur la cam­pagne tar­i­faire.

Les usagers s’ex­pri­ment
Le CISS qui regroupe 40 asso­ci­a­tions nationales inter­venant dans le champ de la san­té vient de lancer son pro­pre site de cam­pagne “Quelle san­té après 2012 ?” : état des lieux des prin­ci­paux enjeux du sys­tème de san­té selon les usagers dont les dépasse­ments d’hono­raires, les déserts médi­caux, le déficit de l’as­sur­ance mal­adie et la néces­sité d’accroître la dimen­sion démoc­ra­tique dans la prise de déci­sion.

RC médi­cale : relève­ment des pla­fonds de garantie
Pub­lié au JO : les pla­fonds des RC médi­cales passent de 3 mil­lions d’eu­ros à 8 mil­lions d’eu­ros par sin­istre et de 10 mil­lions d’eu­ros à 15 mil­lions d’eu­ros par année d’as­sur­ance. Le texte pré­cise que ces dis­po­si­tions sont “applic­a­bles aux con­trats con­clus, renou­velés ou mod­i­fiés à compter du 1erjan­vi­er 2012″.

Inquié­tude des mutuelles
Le prési­dent de la Mutu­al­ité française Eti­enne Caniard s’est dit “inqui­et” pour le sys­tème de san­té français, esti­mant que “tous les ingré­di­ents étaient réu­nis” pour qu’il “explose à plus ou moins court terme (…) Il faut regarder la chaîne des respon­s­abil­ités, celle des fab­ri­cants. Celle des pro­fes­sion­nels de san­té peut être aus­si inter­rogée” mais “ce n’est pas notre respon­s­abil­ité, c’est la respon­s­abil­ité de l’as­sur­ance mal­adie et du sys­tème de san­té français”, a‑t-il souligné.

Save the date !
Jeu­di 8 mars 2012, Paris
Journee thé­ma­tique FHP-MCO : “Man­ag­er une clin­ique au féminin”.
Bul­letin d’in­scrip­tion