Pour mieux pren­dre en charge les per­son­nes âgées atteintes de mal­adies neu­rodégénéra­tives, le groupe Kori­an insiste par­ti­c­ulière­ment sur la for­ma­tion des per­son­nels. A leur échelle, les étab­lisse­ments de san­té privés se con­sacrent ain­si à la recherche et à l’évaluation.

A défaut de soign­er la mal­adie elle-même, tout est mis en œuvre pour traiter au mieux les symp­tômes grâce à des per­son­nels effi­caces et dotés des com­pé­tences néces­saires. Le Doc­teur Bertin-Hugault, directeur médi­cal de Kori­an, note d’ailleurs que les EHPAD du secteur privé par­ticipent pleine­ment à cette mis­sion d’intérêt général que con­stitue l’accueil des per­son­nes âgées dépen­dantes en prenant en charge des malades générale­ment lourds, et dont l’é­tat de dépen­dance est avancé.

Par­tant de plusieurs hypothès­es :
— il est impor­tant de for­mer un nom­bre suff­isant de per­son­nels,
— il y a un équili­bre à trou­ver entre empathie et recul pour apais­er les trou­bles du com­porte­ment,
— les struc­tures de soin for­mées et les per­son­nels sen­si­bil­isés font mieux face à la mal­adie,
trois méthodolo­gies de for­ma­tion ont été étudiées, et financées de façon com­mune par la CNSA et le groupe Kori­an. A par­tir de cette étude reposant sur des indi­ca­teurs recon­nus inter­na­tionale­ment comme la grille NPI (Inven­taire Neu­ropsy­chi­a­trique), le groupe Kori­an a dévelop­pé une for­ma­tion interne ayant fait preuve de son effi­cac­ité en ter­mes de qual­ité de prise en charge, per­me­t­tant d’observer une réduc­tion des trou­bles du com­porte­ment des malades.
L’objectif de ces recherch­es aura été d’identifier les méthodolo­gies les plus effi­cientes, pour « com­pren­dre ce qui marche », indique Sylvie Tre­f­fel, direc­trice du cen­tre de for­ma­tion du groupe Kori­an. Des investisse­ments dans la for­ma­tion du per­son­nel sont d’ailleurs réal­isés au-delà de ce qui est légale­ment oblig­a­toire.

Ce per­son­nel for­mé inter­vient soit en EHPAD — où  plus de 70% des rési­dents souf­frent de mal­adie d’Alzheimer ou appar­en­té -, soit dans des clin­iques de réé­d­u­ca­tion com­por­tant des unités égale­ment spé­cial­isés appelées unités cog­ni­ti­vo-com­porte­men­tales. Il est donc indis­pens­able de for­mer du per­son­nel en nom­bre suff­isant, et pas unique­ment ceux tra­vail­lant dans des unités spé­cial­isés.

Sylvie Tre­f­fel, note que les per­son­nels for­més sont par exem­ple mieux habil­ités à calmer les com­porte­ments per­tur­ba­teurs, et sont en mesure de canalis­er l’agitation d’un groupe de patients. Ils savent égale­ment décel­er plus effi­cace­ment l’apathie chez cer­taines per­son­nes âgées et inter­venir si besoin.

Out­re le soin de patients, l’objectif est par ailleurs de préserv­er le soignant pour assur­er son effi­cac­ité. Ces for­ma­tions per­me­t­tent d’ « ajuster les représen­ta­tions sociales » de la mal­adie et la con­nais­sance des trou­bles. Les métiers liés à la géri­a­trie sont ain­si reval­orisés, et les soignants ont davan­tage con­science du fait qu’ils peu­vent aider, mais que les soins ont leurs lim­ites, sans que cela génère un sen­ti­ment d’échec.