Jean-Michel NABIAS est Directeur de la Poly­clin­ique de l’Ormeau à Tarbes (65)
Vous avez un pro­jet de col­lab­o­ra­tion avec l’hôpital à Tarbes, où en êtes-vous à l’heure actuelle ?
C’est l’histoire du mariage monogame de deux hôpi­taux publics dis­tants de 20km, Lour­des et Tarbes. Les étab­lisse­ments ont été amenés à se restruc­tur­er autour d’un hôpi­tal unique à mi-chemin pour réduire leurs déficits annuels respec­tifs, union bénie par l’ARH. Leur témoin : une clin­ique de 300 lits dont le cap­i­tal est détenu par les seuls médecins et qui a achevé une restruc­tura­tion com­plète de 1997 à 2006. À sa mise en place, l’ARS stoppe le pro­jet et ‘impose’ aux trois par­ties un ménage à trois pub­lic et privé dès 2010 avec la con­struc­tion de l’hôpital pub­lic sur un ter­rain acquis par la clin­ique pour sa pro­pre expan­sion, dont une par­tie serait ven­due à l’hôpital : « Cha­cun chez soi, Dieu pour tous ». À l’heure actuelle nous en sommes à la phase de val­i­da­tion de notre pro­jet.
Quelles sont les prob­lé­ma­tiques prin­ci­pales aux­quelles vous avez été con­fron­té ?
Nous avons veil­lé à mon­ter un pro­jet où les autori­sa­tions sont claire­ment répar­ties, sans aucun dou­blon, avec des fonc­tion­nements autonomes et une prox­im­ité au niveau du plateau tech­nique et une mise en com­mun de la PDS. Même si nos ressources médi­cales nous per­me­t­tent de rester sere­ins, nous sommes très vig­i­lants pour l’octroi des autori­sa­tions. C’est un prob­lème cen­tral : la tutelle n’a pas de posi­tion claire ni vis-à-vis de nous, ni vis-à-vis de l’hôpital pub­lic et cela nous met en porte-à-faux. La plus grosse poche de résis­tance est la peur du change­ment, ce qui pour­rait amen­er l’ARS à favoris­er le secteur pub­lic, con­tre toute logique.
Est-ce qu’à votre avis, l’avenir de notre secteur passe par de tels rap­proche­ments ?
Je n’ai pas de doc­trine arrêtée sur le sujet. Je pense qu’il faut bien dif­férenci­er les ter­ri­toires, ceux qui ont des ressources médi­cales lim­itées, ceux qui ont de bonnes ressources et une con­cur­rence forte ; ce n’est pas la même réflex­ion à avoir. D’autre part, la poli­tique menée en région par les ARS dif­fère d’un ter­ri­toire sur l’autre et ne nous per­met pas de généralis­er. Par principe, je dirais que des col­lab­o­ra­tions doivent être étudiées si elles sont sus­cep­ti­bles d’apporter une réponse adap­tée aux besoins de la pop­u­la­tion et ne remet­tent pas en cause l’existence et les équili­bres des struc­tures en place et ce, même si les hôpi­taux ne seront jamais gérés comme des clin­iques. Les directeurs du pub­lic ont moins les coudées franch­es que nous mais ils évolu­ent et se dotent d’outils. Il ne faut pas les sous-estimer. Pour moi, tout pro­jet part de la volon­té des gens.