Christophe Parisot est respon­s­able du départe­ment « secteur pub­lic » pour la France, à l’agence de nota­tion Fitch. 

Con­nais­sez-vous, en tant qu’agence de nota­tion, le secteur hos­pi­tal­ier français ?
A ce jour, Fitch Rat­ings a surtout analysé la sit­u­a­tion du secteur pub­lic hos­pi­tal­ier : en 2011, nous avons pub­lié les mis­es à jour de nos rap­ports sur l’analyse des étab­lisse­ments publics de san­té et sur l’AP-HP. Dans le cadre de notre nota­tion de l’AP-HP, nous avons éval­ué en pre­mière analyse la struc­ture, le dis­posi­tif de tré­sorerie, l’efficacité du man­age­ment mais aus­si le statut de l’AP-HP et la force de son lien avec l’Etat. Grâce à l’importance de l’AP-HP et à son car­ac­tère stratégique, son lien avec l’Etat est très fort. Dans l’hypothèse, loin­taine toute­fois, d’une sit­u­a­tion extrême, l’Etat pour­rait accorder des avances de tré­sorerie, ce qui con­tribue à garan­tir une bonne cou­ver­ture du risque de liq­uid­ité et, au-delà, un niveau élevé de solv­abil­ité que nous avons éval­ué à «AAA ». 

L’économie du secteur privé est régulée à la fois en tar­ifs et en vol­ume.
Le secteur privé hos­pi­tal­ier est dans la même logique que le pub­lic, par rap­port à la T2A et aux ARS. Toute­fois, l’agence analy­serait les hôpi­taux privés en ten­ant compte égale­ment de critères d’analyse «cor­po­rate» puisque ceux-ci sont davan­tage soumis aux règles des entre­pris­es privées ; ils sont en effet soumis aux procé­dures de fail­lite et de liq­ui­da­tion et sont plus directe­ment exposés à la con­cur­rence. Néan­moins ils peu­vent être analysés aus­si au regard de notre méthodolo­gie de nota­tion des étab­lisse­ments publics, parce que la majeure par­tie de leur activ­ité dépend des tar­ifs et rem­bourse­ments de l’assurance mal­adie et du con­trôle des ARS.

Et que pensez-vous de la solv­abil­ité du secteur privé ?
Si nous devions éval­uer le secteur privé hos­pi­tal­ier français, nous devri­ons d’abord éla­bor­er une méthodolo­gie pro­pre, en se fon­dant à la fois sur notre sys­tème de nota­tion des entités du secteur pub­lic, et sur notre méthodolo­gie util­isée pour l’analyse du secteur privé améri­cain (cor­po­rate) pour les étab­lisse­ments de soins. Nous pren­dri­ons en compte les zones de con­cur­rence sur le ter­ri­toire de san­té, les per­for­mances finan­cières intrin­sèques, nous exam­ine­r­i­ons la compt­abil­ité des étab­lisse­ments privés, mais aus­si les mécan­ismes extérieurs sur lesquels l’entité peut compter : le niveau des dota­tions de l’Etat et la régle­men­ta­tion des tar­ifs. Nous devri­ons aus­si nous pencher sur les recettes de l’assurance mal­adie et les recettes des mutuelles com­plé­men­taires.