(com­mu­niqué de presse)

43% des étab­lisse­ments privés MCO (médecine, chirurgie, obstétrique) en déficit en 2010

75% des étab­lisse­ments en dessous du seuil de résul­tat net min­i­mum de 3% pré­con­isé par les experts financiers

La dis­crim­i­na­tion tar­i­faire à l’en­con­tre du secteur hos­pi­tal­ier privé men­ace l’avenir économique d’un secteur d’ex­cel­lence qui représente 200.000 emplois

Le finance­ment dis­crim­i­na­toire des secteurs hos­pi­tal­iers pub­lic et privé a con­tin­ué d’en­traîn­er une forte dégra­da­tion de la sit­u­a­tion économique et finan­cière des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie, obstétrique (MCO), avec 43% des étab­lisse­ments qui se trou­vaient en déficit en 2010. Ce chiffre était de 36% en 2009 (22% en 2006).

“Notre secteur est pleine­ment touché par les dis­tor­sions de finance­ment du sys­tème de san­té, qui favorise l’hôpi­tal pub­lic alors qu’il est de loin le moins per­for­mant. Pour une même presta­tion hos­pi­tal­ière, les clin­iques con­tin­u­ent d’être rem­boursées moins par la Sécu­rité sociale — 26% en moyenne — que les hôpi­taux publics. On con­tin­ue de punir les bons élèves et de récom­penser les mau­vais. C’est une sit­u­a­tion inique qui devient de plus en plus intolérable et qui men­ace tout un secteur d’ex­cel­lence qui représente 200.000 emplois”, a affir­mé Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO, à l’occasion de la présen­ta­tion des résul­tats 2011 du rap­port annuel de l’Observatoire économique et financier des clin­iques MCO.

La FHP-MCO regroupe quelque 600 clin­iques et hôpi­taux privés qui représen­tent 8,5 mil­lions de séjours, 58% de la chirurgie et env­i­ron une nais­sance sur trois en France.

En 2010, et pour la pre­mière fois, en 20 ans, le résul­tat net du secteur privé MCO s’est sol­dé par une perte de 1,4% du chiffre d’affaires (con­tre +0,6% en 2009). Trois quarts des étab­lisse­ments (75%) se situent désor­mais en dessous du seuil de résul­tat net min­i­mum pré­con­isé par les experts financiers, à savoir 3%, une sit­u­a­tion qui ne leur per­met plus d’investir.

Un déséquili­bre économique fon­da­men­tal

“Ce qui devient grave, c’est que nous sommes face à un déséquili­bre économique fon­da­men­tal. Les rem­bourse­ments de l’assurance mal­adie ne cou­vrent plus aujour­d’hui les charges d’exploitation. Cer­taines opéra­tions chirur­gi­cales sont mêmes rem­boursées par la Sécu en dessous des coûts de pro­duc­tion, comme les césari­ennes ou bien cer­taines endo­scopies”, a souligné le prési­dent de la FHP-MCO.

Les clin­iques et hôpi­taux privés dépen­dent en grande par­tie pour leurs revenus du mon­tant des tar­ifs Sécu des presta­tions hos­pi­tal­ières, qui sont fixés par l’Etat, à des mon­tants dif­férents pour le pub­lic que pour le privé. Or, ceux du secteur hos­pi­tal­ier privé sont inférieurs en moyenne de 26% à ceux de l’hôpital pub­lic ([1]). La con­ver­gence de ces tar­ifs pour­tant prévue par la loi pour 2018 est extrême­ment en retard, puisqu’au rythme actuel, elle ne sera achevée qu’en … 2092.

Selon le rap­port annuel de l’ob­ser­va­toire, les charges d’exploitation ont représen­té 93,6% de la struc­ture des coûts des étab­lisse­ments en 2010, tan­dis que les rem­bourse­ments de l’assurance mal­adie ne cou­vraient plus ces charges qu’à hau­teur de 88,8%. Le reste des recettes (9,8%) provient des pro­duits tirés de la vente de ser­vices annex­es (hôtel­lerie, restau­ra­tion, ser­vices).

“Nous subis­sons une dis­crim­i­na­tion injus­ti­fiée pour laque­lle nous avons déjà saisi la Com­mis­sion européenne. Elle entraîne une iné­gal­ité de traite­ment préju­di­cia­ble à l’équilibre économique de nos étab­lisse­ments. Au lieu de pren­dre les déci­sions courageuses qui s’im­posent, le gou­verne­ment, dans sa pas­siv­ité irre­spon­s­able, est en train d’é­touf­fer un secteur de pointe qui représente 200.000 emplois non délo­cal­is­ables. Si l’on ne veut plus de secteur privé de la san­té en France, qu’on nous le dise claire­ment”, s’est insurgé Lamine Ghar­bi.

En 20 ans, le nom­bre de clin­iques a chuté de 44% en 20 ans en France, pas­sant de 1.014 étab­lisse­ments à 570 aujour­d’hui.


[1] Rap­port 2010 au par­lement sur la con­ver­gence tar­i­faire, min­istère de la San­té