Sofien Khachre­mi est Directeur de la Clin­ique de Provence et la Clin­ique du Parc à Orange (84), groupe Capio San­té.


Votre clin­ique est située dans une périmètre de 20 kilo­mètres du site nucléaire de Mar­coule, lieu de l’accident le 12 sep­tem­bre dernier. En qual­ité que directeur d’établissement, com­ment avez-vous vous appris la nou­velle ?

La nou­velle s’est propagée par “radio-couloir” dans la clin­ique et notre pre­mière réac­tion, per­son­nels et patients con­fon­dus a été de s’informer via la télévi­sion et la radio. J’ajoute pour l’anecdote que les deman­des de for­faits télévi­sion ont mon­té en flèche ce jour-là. J’étais inqui­et pour les patients et le per­son­nel. Aucune infor­ma­tion offi­cielle ne nous est par­v­enue de la part de la pré­fec­ture, ni de l’ARS, mais c’est peut-être lié au fait qu’il s’est vite avéré qu’il n’y avait pas de dan­ger réel pour la pop­u­la­tion. 

Votre étab­lisse­ment est-il soumis à des régle­men­ta­tions par­ti­c­ulières ?
Nous sommes soumis au plan blanc qui est en fait le même pour tous les étab­lisse­ments hos­pi­tal­iers en France. Cer­tains plans blancs ont une annexe NRBC (nucléaire, radi­ologique, biologique et chim­ique) mais ce n’est pas le cas chez nous. La ques­tion majeure pour moi n’est pas seule­ment de savoir si c’est suff­isant, mais surtout de savoir si, en cas de prob­lème grave, nous seri­ons pré­parés. J’ai exer­cé en Bour­gogne dans un étab­lisse­ment où chaque année nous étions tenus de met­tre en place un plan blanc, à blanc, pour entraîn­er les équipes. Nous ne sommes pas soumis aux mêmes exi­gences en PACA.

Quelles devraient être les mesures prévues par la pré­fec­ture et l’ARS ?
La coor­di­na­tion et l’accompagnement sont deux élé­ments décisifs en cas d’accident. Je pense qu’un plan de com­mu­ni­ca­tion sim­ple qui décrirait un sché­ma de marche à suiv­re à l’échelle du départe­ment et des départe­ments voisins, sans pren­dre en compte le découpage admin­is­tratif, serait déjà un bon début. Il serait aus­si intéres­sant de savoir com­ment les tutelles envis­agent chaque étab­lisse­ment dans le cor­don san­i­taire local, cela per­me­t­trait de pou­voir mieux se situer. D’autre part, out­re les stocks de masques, d’iode, de sur­blous­es et sur­chaus­sures que tous les étab­lisse­ments ont, il est impor­tant qu’un dis­posi­tif d’accès rapi­de à des stocks sup­plé­men­taires soit prévu, sans que, comme cela a été le cas lors de la dernière pandémie grip­pale, nous soyons tenus d’avoir un stock de pro­duits dis­pro­por­tion­né aux besoins. Notre démarche en tant qu’établissement est avant tout citoyenne, mais si l’on veut être pro­fes­sion­nel il faut nous en don­ner les moyens. Dans tous les cas de fig­ure, il est impératif que les étab­lisse­ments soient dotés d’outils pour réa­gir.