Jean-René LEGENDRE est Directeur des ressources humaines du groupe Médi-Parte­naires

Le plan­ning des con­gés esti­vaux des per­son­nels : la quad­ra­ture du cer­cle pour un DRH ?
La péri­ode esti­vale est un temps de l’année où comme tou­jours les absences des per­son­nels doivent être organ­isées, avec cepen­dant l’avantage de pou­voir les pro­gram­mer à l’avance. Ceci ne résout pas le prob­lème de fond, ces dif­fi­cultés n’étant pas néces­saire­ment saison­nières mais plutôt d’ordre struc­turel. Notre secteur d’activité subit une pénurie du per­son­nel soignant dans son ensem­ble. En France seules deux régions sont excé­den­taires en ter­mes de for­ma­tion de per­son­nel infir­mi­er. Cette pénurie s’explique notam­ment par l’insuffisance des quo­tas et par la place qu’a pris dans notre secteur le « 3ème employeur » : les sociétés d’interim. Le per­son­nel soignant choisit l’intérim pour sa sou­p­lesse, les étab­lisse­ments appré­cient égale­ment le ser­vice ren­du par l’intérim pour pour­voir immé­di­ate­ment les postes vacants. Ils le payent néan­moins cher, tant finan­cière­ment qu’en ter­mes de ser­vice.

Quelle est votre marge de manoeu­vre pour pal­li­er ces pénuries ?
Notre marge de manœu­vre est celle que nous autorise la lég­is­la­tion. En effet, on ne jon­gle pas avec les normes, et, au delà, on ne jon­gle pas avec la sécu­rité du patient et des per­son­nels. Assur­er la sécu­rité et la prise en charge opti­male du patient est notre oblig­a­tion prin­ci­pale. Pour pal­li­er cette pénurie, nous avons expéri­men­té dif­férentes solu­tions – venue d’infirmières d’autres pays de l’Union européenne par exem­ple- qui ne se sont pas révélées être pérennes pour nous. Actuelle­ment, nous essayons de met­tre en place avec nos parte­naires soci­aux des mod­èles de tra­vail mieux adap­tés aux trans­for­ma­tions de l’offre de soins.

Quels sont-ils ?
Un part tou­jours plus impor­tante de chirurgie ambu­la­toire nous a per­mis de réor­gan­is­er des ser­vices. Nous avons égale­ment mis en place lorsque l’activité s’y prête un nou­veau type d’hospitalisation — à la semaine — avec une fer­me­ture du ser­vice le week-end, ce qui per­met égale­ment une ges­tion plus effi­ciente des effec­tifs. Glob­ale­ment nous réfléchissons aux moyens pos­si­bles à notre dis­po­si­tion pour ren­dre nos étab­lisse­ments plus attrac­t­ifs, mieux adap­tés aux nou­velles généra­tions de per­son­nels soignants, aus­si appelées «généra­tions Y» qui priv­ilégient les postes aux con­di­tions de tra­vail moins con­traig­nantes, avec des plan­nings mieux adap­tés aux sit­u­a­tions famil­iales, etc… Nous venons de lancer une étude com­plète dans le groupe sur le thème des risques psy­cho-soci­aux et nous espérons récolter davan­tage d’informations et de pistes pour mieux nous y adapter. Enfin nous lançons régulière­ment des cam­pagnes d’information et de com­mu­ni­ca­tion auprès des écoles d’infirmières.