COMMUNIQUÉ DE PRESSE


La discrimination injustifiée subie par le secteur privé sur les tarifs de remboursement de la Sécurité sociale, inférieurs de 26% à ceux du public, ne permet plus de couvrir plus les charges d’exploitation

67% des établissements MCO sont en dessous du seuil de 3% résultat net préconisé par les experts financiers.


La FHP-MCO, 1ère fédéra­tion française de clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO), lance un appel à la respon­s­abil­ité du gou­verne­ment, alors qu’un tiers des étab­lisse­ments MCO se trou­ve men­acé de fail­lite, en rai­son d’une dis­crim­i­na­tion injus­ti­fiée subie sur les tar­ifs hos­pi­tal­iers de la Sécu­rité sociale, inférieurs de 26% en moyenne à ceux de l’hôpi­tal pub­lic.

 

Il y a urgence économique. Un tiers des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie, obstétrique sont défici­taires de manière per­sis­tante”, a déclaré Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO, à l’oc­ca­sion de la présen­ta­tion à la presse du rap­port sec­to­riel de la Fédéra­tion de l’hos­pi­tal­i­sa­tion privée (FHP).

 

Je le dis solen­nelle­ment: on est en train d’é­touf­fer, voire de tuer de mort lente, tout un secteur d’ex­cel­lence, au risque de met­tre en dan­ger la lib­erté de choix des patients. Si l’on ne veut plus de secteur privé de la san­té en France, on ne s’y prendrait pas autrement. Dans ce cas, il faut nous le dire claire­ment”, a pour­suivi Lamine Ghar­bi.

 

Nos étab­lisse­ments doivent faire face à d’im­por­tants investisse­ments pour rester en pointe et sont lour­de­ment endet­tés. Les rem­bourse­ments de l’as­sur­ance-mal­adie ne cou­vrent plus les charges d’ex­ploita­tion qu’à hau­teur de 90,3% . Les hôpi­taux privés et clin­iques qui arrivent à sur­vivre dans ces con­di­tions n’y parvi­en­nent que grâce à l’ex­cel­lence de leur ges­tion et aux recettes annex­es d’hôtel­lerie, de restau­ra­tion et de ser­vices, etc.”, a‑t-il encore indiqué.

 

Selon un rap­port du min­istère de la San­té, 380 clin­iques et hôpi­taux privés ont dis­paru en France entre 1997 et 2006 .

 

Cer­tains étab­lisse­ments n’ont pu sur­vivre qu’en se regroupant, d’autres ont tout sim­ple­ment mis la clé sous la porte. Aujour­d’hui, 29 départe­ments n’ont plus de mater­nité privée, pri­vant ain­si les patients de leur lib­erté de choix”, s’est indigné M. Ghar­bi.

 

Selon les derniers chiffres disponibles, en 2009, le résul­tat net glob­al des clin­iques et hôpi­taux privés MCO s’est élevé à 2,1% . “L’hôpi­tal pub­lic nous dia­bolise volon­tiers dans l’opin­ion publique en nous dépeignant comme des gens avides de prof­it. La réal­ité de notre sit­u­a­tion finan­cière est toute autre: 67% des étab­lisse­ments MCO se situent en dessous du seuil de résul­tat net pré­con­isé par les experts financiers, à savoir 3% “, a rap­pelé le prési­dent de la FHP-MCO.

 

Les clin­iques et hôpi­taux privés coû­tent moins cher à la Sécu­rité sociale — et donc au con­tribuable — que les hôpi­taux publics, en rai­son d’une dif­férence injus­ti­fiée des tar­ifs de rem­bourse­ment de la Sécu­rité sociale entre les secteurs hos­pi­tal­iers pub­lic et privé.

 

En moyenne, pour des presta­tions iden­tiques, un étab­lisse­ment hos­pi­tal­ier privé con­tin­ue d’être rem­boursé 26% de moins par la Sécu­rité sociale qu’un hôpi­tal pub­lic . De plus, les étab­lisse­ments publics béné­fi­cient d’une enveloppe glob­ale sup­plé­men­taire de 8,3 mil­liards d’eu­ros cen­sée cou­vrir leurs mis­sions d’in­térêt général (MIGAC).

 

Pour nous, c’est la dou­ble peine: d’une part, le secteur privé subit une dis­crim­i­na­tion inac­cept­able sur la ques­tion des tar­ifs — ce qui est inéquitable et con­traire au droit européen — et d’autre part nous tou­chons un mis­érable 1,1% de cette enveloppe de 8,3 mil­liards des­tinée à cou­vrir nos mis­sions de ser­vice pub­lic”, a déploré Lamine Ghar­bi.

 

Face à l’E­tat qui a trahi ses engage­ments en repous­sant à 2018 la con­ver­gence tar­i­faire, ini­tiale­ment prévue pour 2012, et qui nous traite avec la plus grande indif­férence en nous exclu­ant du dia­logue sur l’avenir du sys­tème hos­pi­tal­ier, la FHP-MCO ne compte pas rester sans réa­gir face à cette sit­u­a­tion inique”, a prévenu son prési­dent.