Virginie COLL, Directrice de la Polyclinique Santa Maria à Nice (06)

Récem­ment quelle est votre plus belle réus­site?

L’événement le plus médi­a­tique et médi­atisé que j’ai vécu durant mon par­cours pro­fes­sion­nel a été l’accueil d’Angelina Jolie lors de la nais­sance de ses jumeaux, en 2008, événe­ment qui a large­ment mobil­isé nos équipes plusieurs mois avant l’arrivée du cou­ple Jolie-Pitt et durant leur séjour de 3 semaines chez nous. Notre étab­lisse­ment qui accueille régulière­ment des per­son­nal­ités s’adapte con­stam­ment aux deman­des et exi­gences de cette patien­tèle. Aus­si, nous pro­posons un ser­vice qui s’appuie sur qua­tre valeurs : com­pé­tence, ser­vice, dis­cré­tion et sécu­rité. Nous avons une zone d’atterrissage pour héli­cop­tère sur le toit de notre bâti­ment, des lecteurs d’empreintes dig­i­tales pour accéder à cer­tains ser­vices et surtout un ser­vice de sécu­rité et des per­son­nels très dis­crets. La présence de l’actrice chez nous a toute­fois mis à l’épreuve tous nos dis­posi­tifs tant l’euphorie et l’insistance des jour­nal­istes étaient fortes mais nous gar­dons un sou­venir très posi­tif de son pas­sage chez nous. 

Quel est votre échec le plus cuisant?
Nous avons fait une demande d’autorisation auprès de notre tutelle pour l’installation de 6 berceaux de néona­tolo­gie en vue de la créa­tion d’une pre­mière unité kan­gourou dans notre région. Favoris­er le lien par­ents-enfants dès la nais­sance fait par­tie des ori­en­ta­tions du plan péri­na­tal­ité du SROS. Nous avons mal­gré tout essuyé un refus de l’agence sans aucun motif val­able. Nous sommes sans doute trop médi­atisés et cela ne plaît pas. Nous venons de redé­pos­er un dossier en jan­vi­er et ne dés­espérons pas d’obtenir gain de cause.

Quelle est la ques­tion d’actualité qui vous inter­pelle ?
Pour rester dans mon cœur de méti­er, la nais­sance et plus large­ment la san­té de la femme, je pense que la mise en place des Maisons de Nais­sance sig­ni­fie un vrai retour en arrière pour les femmes qui, à mon sens, sont en quelque sorte manip­ulées. On leur fait croire qu’un accouche­ment naturel ne peut se faire qu’en dehors des mater­nités alors qu’il est tout à fait pos­si­ble d’y accouch­er avec des méth­odes moins médi­cal­isées, en toute sécu­rité. Dans notre clin­ique, l’ensemble de notre per­son­nel a été for­mé selon la méth­ode du dr. de Gas­quet, méth­ode qui per­met une par­tic­i­pa­tion active du futur papa tout au long de la grossesse et lors de la nais­sance, qui amène la maman à con­duire son accouche­ment selon les posi­tions qui lui con­vi­en­nent. Nous accor­dons une impor­tance toute par­ti­c­ulière aux pro­jets de nais­sance et à la com­mu­ni­ca­tion avec les futurs par­ents et les papas peu­vent même accom­pa­g­n­er la maman au bloc opéra­toire lors de césari­ennes. Nous sommes con­tre la sur-médi­cal­i­sa­tion mais aus­si fer­me­ment opposés à la sous-médi­cal­i­sa­tion parce que c’est tout sim­ple­ment dan­gereux !