patrick beeusaert, Directeur de Cliniques & de la stratégie médico-sociale (59), groupe HPM (Hôpital privé de la métropole lilloise)




Récem­ment quelle est votre plus belle réus­site?

Le pro­jet d’établissement qui m’a apporté la plus grande sat­is­fac­tion est la créa­tion d’une HAD sur notre ter­ri­toire. Il y a 7 ans, il n’existait que très peu de HAD privées en France. Les dif­fi­cultés d’obtention de sub­ven­tions rendaient cette activ­ité inin­téres­sante. Lors de la nais­sance de notre pro­jet, nos con­cur­rents du pub­lic ont essayé de nous met­tre des bâtons dans les roues mais nous avons finale­ment été soutenus par notre ARH. Nous avons finale­ment pu inau­gur­er notre HAD Anais dans les domaines, soins poly­va­lents, péri­na­tal­ité, et pédi­a­trique, en 2006. Nous sommes tous très fiers de ce pro­jet que nous con­sid­érons comme une belle réus­site parce que nous sommes en mesure de répon­dre par­faite­ment aux besoins de nos patients. Nous essayons de réduire les temps d’hospitalisation au max­i­mum et nos par­turi­entes n’hésitent pas à avoir recours à notre suivi post-par­tum à la mai­son assuré par nos sages-femmes. L’avantage sup­plé­men­taire d’avoir une HAD au sein d’un groupe est qu’elle apporte un dynamisme au niveau des per­son­nels. Nous sommes par ailleurs la seule HAD privée de notre région.

Quel est votre plus grand regret ?

En 2005, nous avons racheté une petite clin­ique ayant une mater­nité pilotée par 2 obstétriciens, et, au regard des dif­fi­cultés ren­con­trées pour en recruter davan­tage, nous nous sommes tournés vers l’hôpital de Tour­co­ing pour la créa­tion d’un GHS. Nous avons déposé un dossier com­mun et obtenu l’avis favor­able du CROS qui a validé le trans­fert, et 22 salariés ont été trans­férés. Quelques jours plus tard, l’ARH s’est opposée à celui des lits et nous a retiré notre autori­sa­tion. Nous avons donc essuyé une perte de 30 lits en un coup de plume. Finale­ment nous avons rebon­di et trans­for­mé cet échec en une superbe réus­site avec la créa­tion d’une EHPAD sur ce site, ain­si que l’ouverture de lits en géron­tolo­gie, médecine et SSR, un total de plus de 150 lits. C’est actuelle­ment un site médi­co-social & san­i­taire, dont la notoriété ne fait que grandir. 

Quelle est la ques­tion d’ac­tu­al­ité qui vous inter­pelle ?
Nous devons faire face à une dou­ble prob­lé­ma­tique : celle de notre sous-représen­ta­tiv­ité, dans les instances déci­sion­naires, par rap­port à notre poids réel, qui fait que nous per­dons con­tin­uelle­ment du ter­rain, et celle des dis­cor­dances au sein de notre pro­pre camp, qui font que nous n’apparaissons pas tou­jours comme une pro­fes­sion unie. Nos con­cur­rents ne sont pas tous issus du secteur pub­lic, loin s’en faut. Je pense qu’il est néces­saire que nous adop­tions une démarche col­lec­tive sol­idaire parce que l’hospitalisation privée, c’est avant tout un réseau de com­plé­men­tar­ités où l’humain est au cen­tre. La péren­nité des étab­lisse­ments privés, c’est aus­si leur capac­ité à s’adapter aux con­tin­gences et à se regrouper, par­fois même dans un esprit d’abnégation. Mon engage­ment spir­ituel m’aide beau­coup à pren­dre un peu de hau­teur dans mon quo­ti­di­en où nous sommes for­cés de pren­dre posi­tion et de décider. Aus­si, mon mot de fin, en cette nou­velle année, sera une cita­tion du pas­teur Luther King, qui a dit à juste titre :
«Lorsque le pou­voir de l’amour sur­passera l’amour du pou­voir, les hommes con­naîtront la paix.»